Air France : HOP songe à abandonner Orly et les régions

Dans un courrier interne dont fait mention La Tribune, le PDG de HOP ! Air France annonce sa volonté de restructurer la compagnie autour de CDG et Lyon. Au rang des sacrifiés figureraient tous les autres aéroports en région ainsi que Paris-Orly. Une option qui pourrait sonner l’hallali pour de nombreux aéroports régionaux…

Coup de bluff ou main tendue vers le Ministre de l’Economie ? Bruno Le Maire annonçait en effet le 24 mai dernier une enveloppe de 7 milliards d’euros mais qui, selon ses dires, « n’est pas un chèque en blanc. Nous avons fixé des conditions de rentabilité à Air France car c’est l’argent des Français », soulignait le Ministre. Bruno Le Maire a, à plusieurs reprises déjà, insisté sur le fait qu’Air France devra faire un effort pour devenir la compagnie « la plus respectueuse de l’environnement sur la planète ».

Dans l’œil du cyclone, on trouve les liaisons domestiques et généralement le trafic court-courrier. Une impression confirmée la semaine dernière par Guillaume Schmid, du Syndicat National des Pilotes de Lignes (SNPL). Dans le journal Le Monde, celui-ci indiquait s’attendre à ce que la restructuration annoncée de la compagnie porte sur le court-courrier. Alors que le Ministre déclarait en avril vouloir l’arrêt de toutes les lignes aériennes domestiques là ou les trains offrent un service alternatif de moins de 2h30, le courrier du PDG de HOP, Pierre-Oliver Bandet, apparaît comme un appel du pied au gouvernement. Dans ce courrier révélé par La Tribune, le PDG de la filiale régionale d’Air France indique vouloir restructurer l’activité du transporteur. HOP Air France – dont les vols ne sont plus commercialisés que sous la seule marque AF – n’assurait plus qu’une présence au départ des aéroports de Roissy Charles de Gaulle et de Lyon, de fait les deux hubs d’Air France.

Toutes les autres lignes intra-régionales ainsi que les vols depuis et vers Orly seraient abandonnées. Au rang des sacrifiées figureraient ainsi des liaisons d’Orly vers des villes comme Brest, Clermont-Ferrand, Mulhouse, Quimper ou Perpignan. Et en région, ce serait une hécatombe dans des aéroports comme Bordeaux, Lille, Marseille, Nantes, Strasbourg ou Toulouse. La seule ville de Strasbourg est par exemple reliée par HOP a huit villes françaises dont notamment Bordeaux, Lille, Marseille, Nantes, Nice ou Toulouse.
Tous ces aéroports ont un important réseau de lignes transversales et, dans la majorité des cas, sans alternative. Car si l’on peut penser que le train pourrait finalement constitue une option acceptable – avec un temps de trajet de trois heures trente a quatre heures – sur des lignes vers la pointe de la Bretagne ou vers Mulhouse depuis Paris, HOP sur les lignes transversales est sans concurrent en terme de rapidité.

La réduction de l’offre de HOP devrait ainsi se traduire par une flotte plus petite et des fermetures de bases. « La transformation du modèle du court-courrier fragilisé déjà depuis des années par la concurrence du train et des low-cost, doit être accélérée et amplifiée (…). Dans ce projet (…) Transavia sera déployé plus largement pour lutter contre les compagnies low-cost. Air France et HOP garderont une place dans cette stratégie sur le réseau domestique, mais de façon redimensionnée par rapport aux réalités du marché », décrivait le PDG dans sa lettre, selon La Tribune.

Il est probable que les salariés de HOP mais aussi les aéroports et les régions vont se battre pour conserver ce qui peut l’être. Prudent, Pierre-Olivier Bandet se donne trois ans pour achever son objectif, les premières mesures de rationalisation tombant en 2021. Ce qui devrait permettre aux aéroports de fourbir leurs armes et trouver des alternatives. « On est pour l’instant occupé à rebâtir notre réseau sur le court terme sans grande visibilité au-delà de juin » ,avoue un responsable pour le développement du réseau sur l’aéroport de Nice.

Les probables gagnants du retrait de HOP ont pour nom Transavia, qui pourrait se positionner sur certaines lignes entre le pourtour méditerranéen et le Nord/Est de l’Hexagone mais aussi la compagnie privée Volotea. Cette dernière a déjà ouvert plusieurs bases dans l’Hexagone, à Bordeaux, Lyon, Marseille, Strasbourg et Toulouse. Le retrait de HOP en régions pourrait de fait propulser la compagnie espagnole au titre de « compagnie des régions françaises ».