Cloués au sol depuis plus d’un an par la crise sanitaire, les Français guettent le sésame qui leur permettra de partir à nouveau en voyage d’affaires ou de loisirs. Et le passeport sanitaire numérique semble aujourd’hui incarner cette solution pour lever les restrictions de déplacements à l’international, comme en témoignent les initiatives qui se multiplient autour du monde, y compris en France. Amadeus a donc sondé fin février le marché français, mais aussi l’Allemagne, l’Espagne, les Émirats Arabes Unis, la Russie, l’Inde, Singapour, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Plus de 9000 participants ont répondu à l’enquête, qui s’est focalisée sur les personnes ayant voyagé à l’étranger au cours des 18 derniers mois. Il en ressort que les voyageurs français sont, dans une large majorité (81%), « enclins à utiliser les passeports sanitaires numériques pour faciliter la reprise des voyages », selon ce rapport. 65% des sondés en France se disent prêts à stocker leurs données de santé sous forme électronique lors d’un voyage si cela leur permettait de passer plus rapidement à l’aéroport avec moins d’interactions en face à face. Dans une proportion équivalente (64%), les voyageurs y voient la possibilité de rallier davantage de destinations, 59% des sondés évoquant la possibilité d’accélérer la reprise de la mobilité aérienne. Les initiatives développées par un nombre croissant de transporteurs semblent aller dans le bon sens, l’étude Amadeus indiquant que les voyageurs se sentiraient à l’aise (52%) avec l’idée de partager leurs données de santé si leur compagnie habituelle proposait un moyen de les stocker.
reconstruire le voyage mieux qu’avant
« Même si des incertitudes subsistent, des études comme celle-ci renforcent mon optimisme quant au fait que nous allons reconstruire le voyage mieux qu’avant« , témoigne Decius Valmorbida, President, Travel, d’Amadeus. « La collaboration entre les gouvernements et notre industrie est la clé pour redémarrer le voyage, car nous répondons aux attentes des voyageurs décrites dans cette enquête sur la santé numérique de « Rebuild Travel », en déployant la bonne technologie pour permettre un voyage véritablement connecté et sans contact ».
Néanmoins, les acteurs du dossier devront bien sûr accorder une attention particulière à la confidentialité des données, comme le pointait déjà récemment une autre étude, publiée par BCD Travel. Sans surprise, la principale préoccupation des voyageurs français concerne la protection de ces informations sensibles (38%), devant la menace liée à la cybersécurité (34%). Les pirates informatiques ne sont d’ailleurs pas les seuls à inspirer la méfiance des voyageurs : 29% d’entre eux mentionnent l’accès des autorités publiques à ces informations.
La confiance : voilà donc le maître-mot pour convertir les voyageurs à ces nouveaux outils, et bien sûr pour les pousser à prendre à nouveau le chemin de l’aéroport. D’après l’étude Amadeus, l’accès à une information fiable et actualisée s’avère crucial. Les applications mobiles fournissant notifications et alertes pendant le voyage sont le plus souvent citées (37%) pour rassurer les voyageurs et les pousser à voler au cours des douze prochains mois. On notera également que les investissements consentis par les compagnies aériennes et les aéroports pour un parcours voyageurs sans contact vont dans le bon sens. En effet, l’embarquement mobile se place en deuxième position (32%), devant les processus de nettoyage automatisés (31%).
« Cette étude souligne une fois de plus le rôle clé que la technologie va jouer dans la reconstruction du voyage » souligne Christophe Bousquet, CTO d’Amadeus. « Nous avons constaté une évolution depuis notre dernière enquête, puisque les voyageurs accordent désormais plus d’importance aux technologies mobiles et sans contact, des domaines primordiaux qui vont clairement renforcer la confiance des voyageurs. Il est également très significatif de voir que les voyageurs sont ouverts aux passeports sanitaires numériques et au partage de leurs données au cours de leur voyage, une fois que les bonnes garanties de sécurité seront en place« , poursuit Christophe Bousquet.