
Après des décennies de tergiversations et de retards, le TGV commence à prendre son élan dans les pays anglo-saxons. Dernier marché en date : l’ Australie, où une première ligne à grande vitesse (LGV) pourrait voir le jour sur la côte Est de l’île, entre Sydney et Newcastle, ville côtière située plus au Nord. Pour cela, le gouvernement fédéral va engager un financement de 660 millions de dollars australiens (soit 396M€) pour une première phase d’étude de deux ans avec l’espoir de débuter les travaux en 2028.
Si la distance qui sépare les deux plus grandes villes de Nouvelle-Galles-du-Sud, 160 kilomètres, peut paraître faible comparé à nos LGV européennes, le projet permettra de réduire le temps de trajet à 1h, contre 2h30 actuellement. Surtout, cette desserte ne devrait être que la première pierre de la constitution d’un réseau de 1800 km desservant les grandes villes de l’Est du pays, de Brisbane à Melbourne en passant par Sydney et Canberra, la capitale.
Des groupes français engagés
Le tracé de la ligne entre Sydney et Newcastle est complexe, une partie devant être composé de nombreux tunnels dans lesquels les trains rouleront à 200 km/h contre 320 km/h en extérieur. « Nous travaillons sur la manière de construire cette ligne dans des zones complexes et sur les défis techniques que nous aurions à relever », a déclaré Tim Parker, le directeur général de la High Speed Rail Authority créée en 2023 pour accompagner le projet. Et d’assurer que « les trajets devront être rapides, pratiques et confortables ».
Faisant valoir leurs expériences que cela soit dans la construction ou l’exploitation ferroviaire, il est à noter que plusieurs entreprises françaises sont engagées aux côtés de HSRA, de Transdev à Ratp Dev, d’Alstom à Systra en passant par Vinci et Bouygues. Les groupes français suivent le dossier depuis les années 2000 et les prémices de ce projet, véritable serpent de mer. Guillaume Pépy, alors président de la SNCF, a même joué les VRP en 2012. La signature des premiers contrats est désormais espérée en 2027 afin de lancer enfin la construction un an plus tard.
Un potentiel de 35 millions de passagers par an
Les prévisions de trafic sont particulièrement optimistes avec un potentiel de 35 millions de passager annuels contre 5 millions aujourd’hui entre Sydney et Newcastle. Pour l’ensemble du projet allant de Brisbane à Melbourne, l’objectif des autorités australiennes est de réduire les temps de parcours en train, de booster les échanges et les économies des villes desservies sans oublier de faire préférer le TGV plutôt que l’avion pour des raisons de transition écologique et de diminution des émissions carbone du pays.
« Il s’agit d’un investissement qui façonnera le pays pour accompagner une population croissante, qui soutiendra l’économie tout en offrant un moyen de transport durable et à faible taux d’émissions », a ainsi assuré Catherine King, la ministre des Infrastructures, des transports, du développement régional et des collectivités locales. Brisbane est d’autant plus favorable au projet qu’elle a été déclarée ville hôte préférée par le CIO pour accueillir les Jeux Olympiques de 2032. D’autres projets de LGV sont dans les tuyaux en Australie. L’Etat de Victoria étudie ainsi la faisabilité d’une ligne reliant ses deux principales ville, Melbourne et Geelong, via l’aéroport international de Tullamarine. Ces Etats sont d’autant plus engagés dans ces projets ferroviaires que les deux tiers de la population australienne vivent entre Sydney, Melbourne et le Sud-Est du Queensland. A suivre…




















