
Quelque chose a changé à Bâle, à l’instar de beaucoup d’autres villes d’Europe, avec la crise du Covid-19. La métropole suisse est renommée pour son pôle recherche et chimie, pour la présence d’importantes institutions financières comme la Banque des Règlements Internationaux et pour son activité foires et congrès. La ville suisse accueille en moyenne une trentaine de foires annuelles. Elles avaient en 2019 attiré plus de 743 000 visiteurs, dont une grande partie de Suisses.
Mais ce segment a été mis à mal par la pandémie, notamment avec l’annulation des plus importants évènements annuels. Le Covid a ainsi provoqué l’annulation de BaselWorld...
Quelque chose a changé à Bâle, à l’instar de beaucoup d’autres villes d’Europe, avec la crise du Covid-19. La métropole suisse est renommée pour son pôle recherche et chimie, pour la présence d’importantes institutions financières comme la Banque des Règlements Internationaux et pour son activité foires et congrès. La ville suisse accueille en moyenne une trentaine de foires annuelles. Elles avaient en 2019 attiré plus de 743 000 visiteurs, dont une grande partie de Suisses.
Mais ce segment a été mis à mal par la pandémie, notamment avec l’annulation des plus importants évènements annuels. Le Covid a ainsi provoqué l’annulation de BaselWorld dédié à l’horlogerie et la bijouterie (81 000 visiteurs en 2019); Art Basel, première foire d’art contemporain d’Europe (90 000 visiteurs) et enfin SwissBau, l’une des plus importantes foires du BTP, un évènement bi-annuel (95 000 visiteurs).
Le MICE au ralenti
Une grande partie de ces évènements reviennent en cette fin d’année et en 2022. Mais ils devraient ne pas attirer autant de visiteurs qu’avant la crise. Un élément qui va demander au secteur du tourisme de repositionner l’image de la ville.
Selon Stefan Bonsels, Directeur des ventes du Basel Convention Bureau, le secteur du voyage d’affaires représentait autour de 35% des 758 000 visiteurs comptabilisés en 2019, dont 472 000 venant de l’étranger. Or, beaucoup d’entre eux devraient manquer à l’appel à court terme. « Nous pensons que les voyages MICE seront de retour car les gens veulent se rencontrer à nouveau. Nous pensons cependant que les événements hybrides domineront l’industrie car les marchés long-courriers seront moins actifs que les marchés de « proximité ». Les entreprises vont également de réduire le nombre de participants MICE à envoyer à un événement, non seulement en raison de la réduction des budgets de voyage, mais en raison d’une sensibilité accrue aux comportements respectueux de l’environnement au sein des entreprises« , explique Stefan Bonsels.
Le bureau des congrès travaille également à attirer des opérations MICE plus vertueuses pour l’environnement. « Nous mettons par exemple en lumière l’offre de menus végans pour réduire l’impact du CO2 sur les prestations gastronomiques. Nous offrons aussi la gratuité des transports publics aux délégués réservant dans les hôtels en ville. Et nous encourageons également l’usage du train lorsque c’est possible », décrit le Directeur des Ventes. Les autorités du tourisme bâlois ont ainsi signé un accord de tarifs spéciaux pré-acheminement avec la Deutsche Bahn. Ils s’adressent aux délégués à un congrès ou une foire. Le bureau des congrès souhaiterait mettre en place un procédé similaire avec les CFF suisses et la SNCF…
Pour soutenir le tourisme d’affaires, l’office de tourisme de Bâle veut faire appel au segment loisirs. La ville vient tout juste de lancer son nouveau slogan « This is Basel », qui remplace un slogan vieux de deux décennies, « Bâle. Culture sans limites » (« Basel. Culture unlimited »). « On attend beaucoup de ce repositionnement qui doit apporter un nouveau dynamisme à notre tourisme, notamment en visant la génération des 30 à 45 ans, à la recherche d’une expérience plus authentique« , précise Stefan Bonsels.
De nouveaux hôtels modernisent l’image de Bâle
L’aspect « bleisure » inciterait donc cette génération « Millenials » à prolonger son séjour dans la troisième métropole de Suisse. D’autant qu’une série de nouveaux hôtels a aidé à renouveler un parc hôtelier un peu vieillissant.
On compte ainsi une demi-douzaine d’établissements ouverts depuis l’an dernier. Parmi eux, le B&B Hotel Basel et le Silo Hostel Basel, dans les catégories 3 et 2 étoiles. Le second se targe d’être d’ailleurs le seul « Boutique Hostel » de Suisse. Si les voyageurs d’affaires se sentiront certainement contraints en dortoir, il existe un étage réservé pour des chambres individuelles tout confort.
En centre-ville, l’ancienne brasserie Volkshaus a maintenant son hôtel design. 45 chambres de luxe avec quelques suites offrant une vue panoramique sur les toits de Bâle sont proposées. Les meubles ont été créés par Herzog & de Meuron, un cabinet d’architecture réputé dans le monde (ils sont par exemple en charge du projet de la Tour Triangle à Paris) et d’origine…bâloise. Dans ce même esprit design, le Art House Basel accueille les amateurs d’art contemporain et de minimalisme dans 33 chambres et suites.
Autre boutique hôtel 4 étoiles qui a ouvert ses portes cet été, le Märthof près de l’hôtel de ville, a installé 68 chambres un ancien immeuble à l’architecture 1900. Le grand évènement de ce mois de septembre a été l’ouverture ce mois de septembre du Mövenpick Hotel Basel. L’établissement, appartenant au groupe Accor, a été construit à l’emplacement de l’ancien Hilton, démoli il y a 5 ans. Un immeuble moderne de 19 étages en fait le plus grand hôtel en ville avec 234 chambres et 30 suites.
Le Mövenpick compense ainsi pour Accor la fermeture du Swissotel, une marque appartenant également au groupe. L’établissement, situé à même le palais des congrès, est quelque peu vieillissant. Mais, selon Stefan Bonsels, un repreneur se serait déjà manifesté. A priori, il pourrait s’agir du groupe Marriott…

















