Bank Of America Tower : Innovation à tous les étages

« Le gratte-ciel le plus vert du monde” : les promoteurs de One Bryant Park n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour assurer la publicité du nouveau building, installé au croisement de la 42e rue et de l’Avenue of the Americas. Avec, certes, quelques arguments à faire valoir, puisque le bâtiment – généralement appelé “Bank of America Tower” en référence à son principal tenant – est le premier à atteindre le niveau Platinium de la certification Leed, le pendant américain de notre norme Haute Qualité Environnementale.

Un titre qui vient récompenser un chantier où “l’esprit durable” s’est incrusté à tous les étages : utilisation massive de ressources puisées à moins de 500 miles de Manhattan, système révolutionnaire et personnalisé de ventilation au sol, ascenseurs “intelligents”, récupération en façade des vertus du rayonnement solaire, recyclage des 10 millions de gallons d’eau qui tombent chaque année sur la tour… Avec, en prime, New York oblige, quelques “petit plus” qui assurent la chronique, comme ces urinoirs sans eau ou encore, au rez-de-chaussée, ce plafond en bambou de 42 pieds de hauteur, en raccord avec la cime des arbres de Bryant Park qui font face au bâtiment. Un détail qui – de même que l’intégration dans l’édifice de la façade néoclassique du Harvey Miller Theater voisin – témoigne d’une volonté nouvelle, à New York, d’intégrer les chantiers à leur environnement plutôt que de jouer la politique de la tabula rasa.Quitte à financer des surcoûts de travaux.

Une démarche qui, apparemment, trouve un écho. Sur les 54 étages de One Bryant Park viennent peu à peu s’implanter les bureaux des principaux promoteurs du projet – Durst Organization et Bank of America, bien sûr – mais également ceux des juristes d’Akin Gump, des équipes de financiers de HBK ou de Generation, le fonds d’investissement “éthique” créé par Al Gore.

Le maire sur un “green roof”

Cet édifice n’est pas un projet isolé dans une ville qui s’ouvre aux innovations de l’écoconstruction. De B comme Broadway loft à W comme Williamsburg daycare center, on voit grossir chaque semaine la liste des projets verts en tous genres, entre immeubles d’habitation et de bureaux, hôpitaux, écoles ou centres commerciaux…

Ces dernier temps, on pouvait même voir le maire Michael Bloomberg, perché sur un green roof, payer de sa personne pour vanter dans des spots télé le gisement d’emplois représenté par la “construction verte”. En ligne avec la politique récemment définie par le gouvernement fédéral, qui a prévu dans son stimulus plan une enveloppe de 40 milliards pour la création des emplois verts. “America goes green” : les États-Unis tiennent enfin leur “nouvelle frontière”.