
L’hôtellerie française a très largement marqué le pas en 2016, frappée à la fois par un contexte sécuritaire dramatique, auquel s’est ajouté, comme toutes les années paires, un calendrier événementiel défavorable avec l’absence du salon du Bourget à Paris ou de Vinexpo à Bordeaux. Au plan national, selon les chiffres annoncés par Deloitte In Extenso, le revenu par chambre (RevPAR) affiche un recul de -4,0 %. A l’exception des établissements super économiques qui renouent avec la croissance de leur chiffre d’affaires après plusieurs années de repli, toutes les catégories ont affiché des résultats en nette baisse par rapport à 2015.
Cet “exercice à oublier” pour les hôteliers français tranche avec une tendance globalement positive pour leurs confères ailleurs dans le monde. Ainsi Accorhotels, premier groupe en France et en Europe, a-t-il enregistré un recul de -2,8% de son chiffre d »affaires dans l’Hexagone en 2016, en décalage avec ses performances en Asie Pacifique (+5,5%), sur le continent américain (+4,7%), en Europe centrale et du Nord (+4,1%) et dans la zone Méditerranée Moyen-Orient (+3,8%).
Longtemps locomotive de l’hôtellerie française, Paris a pour une fois entraîné le secteur dans sa chute. Alors que la capitale a perdu 1,5 million de touristes en 2016 selon les chiffres récemment annoncés par le Comité régional du tourisme d’Ile-de-France, les établissements parisiens ont enregistré des baisses très sensibles de leur RevPAR, allant de -9% pour les résidences urbaines et -13,4% pour le segment économique jusqu’à -21,0% pour le luxe. Cette chute s’explique à la fois par le repli du prix moyen et le recul du taux d’occupation, la fréquentation ayant timidement repris des couleurs en fin d’année, laissant apparaître quelques lueurs d’espoir pour 2017.
De la même manière que la capitale, la Côte d’Azur affiche un bilan négatif en 2016, malgré un début d’année excellent. L’attentat de Nice le 14 juillet est hélas passé par là, provoquant un repli très sensible au second semestre pour des baisses comprises au final entre -5,5% pour le haut de gamme et -8,3% pour le segment économique. Seule l’hôtellerie de luxe limite la casse avec un recul limité à -0,7%.

Hors Paris et Côte d’Azur, les établissements cinq étoiles ont largement contribué à la bonne tenue de l’hôtellerie en province. Si tous les segments de l’hôtellerie de province progression – +1,7% pour les deux étoiles et +3,9% pour les hôtels haut de gamme par exmple – , les cinq étoiles affichent eux une croissance quasiment à deux chiffres de leur revenu par chambre (+9,6%). Une preuve que, malgré l’ouverture de nouveaux hôtels ces dernières années, cette croissance de l’offre n’affecte pas la demande, bien au contraire. La tenue de l’euro de football au mois de juin explique en partie ces bons résultats, mais la tendance d’ensemble fut positive tout au long de l’année, aussi bien à Lyon (+6%) qu’à Toulouse et Nantes (+5%), Lille, Rennes, Bordeaux (+3%). Dans toutes ces villes, les établissements affichent une progression conjointe du taux d’occupation et du prix moyen. Seules Nice, pour les raisons que l’on sait, et Marseille, qui peine à absorber les nouveaux hôtels ouverts en 2013, lorsque la ville était capitale européenne de la culture, se démarquent avec des baisses du RevPAR de -3% et -10% respectivement.
Pour Deloitte In Extenso, l’année 2017 devrait redonner le sourire aux hôteliers. Le cabinet table sur une croissance de +3% à +5% pour les cinq étoiles, de +3,5% à +5,5% pour le haut de gamme, de +2,5 à +4,5% pour le milieu de gamme et de +2% à +4% pour le segment économique. Plusieurs éléments poussent Deloitte à pronostiquer de tels résultats, notamment un calendrier événementiel favorable et une activité séminaires dynamique. « Le bas du cycle est derrière nous », estime Olivier Petit, associé. Sauf si…




















