Bordeaux cherche à dynamiser la demande MICE

Face aux annulations en cascade d'événements, la destination Bordeaux soutient l'organisation de manifestations professionnelles en faisant de la réassurance auprès des organisateurs.

Palais des Congres de Bordeaux
© Julien Fernandez / CEB - juin 2014 - Palais des congres de Bordeaux - Les Chenes du Sud Ouest Societe Generale

Alors que la filière événementielle est dramatiquement impactée par les annulations et reports, la destination Bordeaux entend soutenir le marché MICE et sauver ce qui peut encore l’être. « On travaille sur une opération destinée à encourager les entreprises de la Nouvelle Aquitaine à maintenir leurs réunions prévues d’ici la fin de l’année, explique Amélie Déchénais, responsable du Convention Bureau. On est intimement convaincu qu’en cette période où les gens sont en télétravail ou en chômage partiel, la rencontre a encore plus de sens qu’elle n’en avait auparavant pour régénérer de la motivation et de la cohésion. »

A partir de début novembre, l’office de tourisme va ainsi débloquer un budget pour prendre en charge le moment de convivialité autour de l’événement ; que soit une animation, une activité de team building ou un dîner assis. Cette initiative est vue à la fois comme un moyen de faire travailler la filière, c’est-à-dire tous les restaurateurs, traiteurs et agences dont l’activité est en chute libre. Mais elle marque aussi la confiance des autorités touristiques quant aux mesures de sécurité appliquées par tous leurs partenaires. « Tous les lieux se sont appuyés sur le référentiel défini par l’UNIMEV et il n’y a eu aucun cluster sur les événements organisés à Bordeaux depuis juin, souligne Amélie Déchénais. En prenant sur nos épaules la responsabilité de ce moment de convivialité, nous poussons la réassurance au maximum en enlevant ce poids aux entreprises qui sont frileuses. »

Sans doute moins pénalisée que les villes en zone d’alerte maximale comme Paris, Lyon et Lille où les lieux d’exposition ont récemment dû fermer sur ordre de la préfecture, la destination n’en demeure pas moins touchée. « En septembre, nous avons d’une certaine manière revécu ce qui s’est passé au mois de mars, décrit la responsable du Convention Bureau. Pourtant, nous étions plutôt confiants avec un carnet de commandes correct sur l’automne et pas mal d’événements d’ampleur nationale, voire européenne, sur des jauges importantes. Mais l’annonce mi septembre de la limitation à dix personnes des participants aux événements privés a entraîné une confusion dans la tête des organisateurs de manifestations professionnelles. De nombreux événements de 50 à 150 personnes ont été annulés alors que, dans les faits, ils auraient été en droit de se tenir, en toute sécurité qui plus est. C’est très dommageable. »

Pour éviter ces annulations en chaîne, le Convention Bureau a entrepris un gros travail de réassurance sur la capacité des espaces événementiels locaux à accueillir des conventions et séminaires en toute sécurité, notamment au Palais de l’Atlantique, nouveau centre de congrès connecté au Hall 1 du parc des expositions. « Nous n’y sommes pas contraints par l’espace, précise Amélie Déchénais. On peut facilement s’adapter et construire de grande salle plénière ou des salles de réunions, le tout avec un gestion des flux optimale grâce à plusieurs entrées. » Le tout dans le quartier verdoyant du lac, avec ses hôtels et son casino à proximité, un cadre déstressant au sortir des réunions.

Pour finir de convaincre, l’office du tourisme met aussi en avant une grande diversité d’expériences incentive, allant du classique, autour du patrimoine architectural et du prestigieux vignoble, au plus contemporain, avec des balades dans les nouveaux quartiers tels les Bassins à Flots, ou encore avec des activités Koh Landia dans la forêt des Landes ou l’océan tout proche. « On peut imaginer pas mal de choses sur l’eau, souligne Amélie Déchénais. Par exemple sur des îles privées dans l’estuaire de la Gironde qui ont des structures pour accueillir des événements et réunions. » Pour des rencontres professionnelles au grand air, tout à fait dans l’air du temps.