Globalisation : moins de fournisseurs, plus d’efficacité

Rencontre : Xavier Carn, vice-président Sécurité EMEA d’International SOS & Control Risks

Xavier Carn, vice-président Sécurité EMEA d’International SOS & Control Risks, décrit les relations entre les différents fournisseurs et les entreprises matière de sécurité et présente les avantages d'un modèle intégré.

Xavier Carn

Nous concentrons des moyens médicaux, logistiques et de sûreté

En matière de sécurité, est-il préférable de faire appel à un fournisseur unique ou à plusieurs prestataires selon vous ?

Xavier Carn – Il y a deux écoles. Certaines entreprises sont capables de faire du sur-mesure, parce qu’elles ont une expertise très fine et vont choisir tel partenaire pour le suivi des voyageurs, tel autre pour l’assurance ou l’assistance médicale. D’autres préféreront avoir un partenaire unique, de taille mondiale, qui a la capacité de gérer tous ces sujets. C’est le modèle auquel on croit, celui de l’assistance intégrée, mais l’autre solution se justifie parfaitement.

Quels sont les avantages du modèle intégré ?

Xavier Carn – Nous concentrons en un lieu des moyens médicaux, logistiques et de sûreté. Cela évite de devoir passer dix coups de fil pour activer différents prestataires. On voit, lors des grandes crises, que les problématiques de sûreté, de sécurité et de logistique se confondent. Il faut à la fois réussir à faire sortir les gens d’une zone, s’assurer qu’on peut communiquer avec eux, mais aussi qu’on peut les approvisionner, voire assister un blessé. Avoir un prestataire unique, ça apporte de l’efficacité. Nos médecins parlent de la “golden hour”, l’heure pendant laquelle, si vous êtes rapides dans votre prise en compte d’une situation d’urgence et dans l’activation des moyens, le pronostic médical s’accroît de façon exponentielle. De la même manière, dans le cas d’une crise politique, on sait que les options vont se réduire à mesure que le temps passe.

Avez-vous en tête une situation où cette unité d’action a joué un rôle essentiel ?

Xavier Carn – Le cas s’est posé d’un employé grièvement blessé par balle à Tripoli. Il a été stabilisé par notre équipe, mais avait besoin d’être évacué vers Dubaï pour y subir une opération. La sûreté sur place était assurée en liaison avec notre plateau parisien par un des nos prestataires pour gérer l’arrivée d’un avion-­ambulance. Il nous a fallu coordonner la stabilisation du patient et le moment où il serait en état d’être transporté, puis sécuriser son transport depuis la clinique vers l’aéroport. La fenêtre était très courte pour se poser, récupérer le patient et redécoller. Ce fut déjà très difficile pour nous, mais une entreprise qui a affaire à deux ou trois prestataires aurait eu toutes les peines du monde à sauver la vie de cette personne.

Globalisation : moins de fournisseurs, plus d’efficacité