
Séminaires de motivation, événementiel festif tels afterworks, dîners, cocktails ou lancements de produit : ces deux types de rencontres professionnelles soutiennent la demande MICE depuis la sortie de la pandémie, gagnant encore des parts de marché l’an dernier selon la 31e étude annuelle de Coach Omnium sur l’évolution du tourisme d’affaires en France réalisée en compagnie, pour la deuxième fois, du groupe 1001 Salles. « Ce qui est intéressant, c’est que cette montée en puissance ne se fait pas au détriment des autres activités, mais s’y ajoute, constate Perrine Edelman, directrice associée chez Coach Omnium. Les séminaires et journées d’étude restent d’ailleurs toujours le premier modèle de réunion« .
Le covid est passé par là et, avec la pandémie, le besoin croissant de fédérer les équipes face à l’expansion du télétravail et des visioconférences comme de consolider les relations avec ses partenaires et clients. Dans ce cadre, l’événementiel n’intéressait que 37% des entreprises en 2017, contre 72% aujourd’hui, tandis que les séjours de motivation sont passés dans le même temps de 17% à 50%. Dans ce cadre, les activités team building ludiques – la traditionnelle chasse au trésor mais aussi de plus en plus des team buildings collaboratifs – tiennent le haut du pavé, proposées par 88% des entreprises, loin devant des activités à connotation culturelle (62%) ou éco-responsables (56%), même si celles-ci montent en puissance.
Alors que la demande MICE des entreprises est restée au mieux stable l’an dernier, voire en hausse pour 33% d’entre elles par rapport à 2022, l’année passé a vu une croissance des événements à l’étranger, un tiers des entreprises ayant organisé une réunion hors de France, contre 20% en 2022, et cela en Europe dans une très large majorité des cas.
L’étude montre aussi l’évolution des attentes des organisateurs dans le temps, notamment des manifestations qui ont tendance à se rallonger. « Majoritaires au début des années 2000, avant de connaître un fléchissement la décennie suivante, les séminaire de deux jours sont de retour depuis 2022, même si la journée ou la demi-journée d’étude reste le format le plus demandé. Un tiers des entreprises organisent même des séminaires de trois jours« , souligne Perrine Edelman, faisant le lien entre cette tendance et le développement des séjours de motivation.
Autre élément du marché MICE, les hôtels regagnent aussi en popularité comme lieux de séminaires. Plébiscités dans les années 2000, redescendus à 40% en 2019, les établissements de chaîne ou indépendants retrouvent grâce aux yeux des organisateurs, ayant intéressé 72 % des entreprises en 2023. Avec là aussi un changement puisque, si les trois étoiles tiraient la demande auparavant, ce sont aujourd’hui les quatre, voire les cinq étoiles qui sont les plus demandés, la montée en gamme de n’étant pas étrangère à cela. Les lieux atypiques sont également choisis par une part croissante d’organisateurs : 62 % pour les lieux atypiques et événementiels tels que des anciennes usines transformées, des lofts ou des musées et 42 % pour les châteaux et demeures de caractère.


Une tendance lourde, et appelée qu’à croître, s’invite aussi dans le marché MICE : la RSE. « Trois-quarts des entreprises disent tenir compte de l’impact de leurs événements aujourd’hui, souligne la directrice associée chez Coach Omnium. Ce phénomène est relativement nouveau alors qu’elles n’étaient que 2 sur 10 en 2016. Par ailleurs, un tiers des organisateurs disent réaliser toujours ou souvent un bilan carbone de leur événement« . Pour autant, les préoccupations touchent principalement les modes de transports, l’étude notant que « les exigences auprès des prestataires MICE sont assez minimalistes, se portant essentiellement sur les approvisionnements en restauration en circuits courts« . Les organisateurs prêtent cependant une attention croissante à l’engagement durable des lieux ou de leurs prestataires, leur certification ou labellisation représentant un critère de choix décisif pour plus de 80% des personnes interrogées.
Parmi les autres changements observés dans les entreprises depuis trois ans, les réponses se portent à 54% sur un budget MICE restreint, un plus large part de réunions en interne (44%) et la réduction du nombre d’événements (43%). Les directives RSE arrivent en cinquième position, à 34%, derrière une attention plus soutenu aux conditions d’annulations et de reports (37%).
C’est dans ce cadre que le marché MICE devrait continuer à croître en 2024. La demande en matière de réunions devrait être stable cette année par rapport à 2023 pour 58 % des professionnels interrogés, voire supérieures pour 26% d’entre eux. Et ce, bien qu’un événement majeur vienne se percuter à la fin de l’été avec une période traditionnellement forte pour les réunions de rentrée : les Jeux Olympiques. Hausse de prix des transports ou de l’hôtellerie : ce rendez-vous mondial ne sera pas sans impacter l’activité MICE, une baisse de l’activité événementielle en raison des Jeux Olympiques étant envisagée pour 35 % des entreprises, sans remettre en cause l’attractivité de Paris pour des événements en deuxième partie d’année.

















