Confinement et déplacements aériens : la Chaire Pégase publie ses résultats

Comment le rapport des Français à l’avion a-t-il évolué au cours des derniers mois, au gré des différentes mesures de confinement ou d’assouplissement ? Une étude publiée par la Chaire Pégase, rattachée à Montpellier Business School, livre ses enseignements.

Chaire Pégase
Seuls 20% des Français ont pris l'avion suite au premier confinement d'après l'étude publiée par la Chaire Pégase

Voilà bientôt un an que les voyageurs sont – pour beaucoup – cloués au sol. Qu’il s’agisse de contraintes réglementaires, à différentes échelles, ou d’un frein psychologique lié au risque sanitaire, tous ont dû revoir leurs priorités, réétudier le caractère impératif ou non de leurs déplacements, tout particulièrement aériens. Aussi la Chaire Pégase s’est-elle penchée sur les nouvelles habitudes du public français, leur nouveau rapport à l’avion. L’étude « Transport aérien : l’impact du COVID-19 sur le comportement des Français » publiée début décembre s’appuie sur les témoignages d’un millier de sondés (1010 exactement), interrogés entre le 12 et 19 octobre derniers.

Alors que 63% des Français avaient effectué au moins un vol au cours de l’année 2019, le chiffre est tombé à 20% sur les cinq mois qui ont suivi le premier confinement, de mai à octobre 2020. Parmi ces irréductibles, les voyageurs d’affaires occupent logiquement une place prépondérante. La part des professionnels nomades parmi les passagers a quasiment doublé, passant de 10% à 19%. D’autant que le durcissement des politiques voyages n’a pas véritablement impacté les voyageurs d’affaires : seuls 14% des sondés confient avoir moins voyagé à cause d’un budget déplacement plus limité. La substitution d’autres moyens de transports (31%), la peur de tomber malade (40%), et surtout d’être mis en quarantaine (66%) ont eu un impact bien plus significatif.

les entreprises vont-elles demander à leurs commerciaux et à leurs cadres de remplacer leurs déplacements en train ou en avion par des réunions virtuelles ?

Autre facteur de baisse pour l’aérien et à plus forte raison pour la clientèle affaires : la visioconférence. D’après les résultats de l’étude publiée par la Chaire Pégase, 17% des sondés ont remplacé leur déplacement en avion par une visioconférence. Un chiffre d’autant plus significatif qu’il ne concerne pas seulement l’échantillon de voyageurs professionnels mais l’ensemble du panel. « L’année 2020 témoigne d’une accélération très forte du recours à la visioconférence, essentiellement dans le cadre des activités de télétravail. L’application Zoom a ainsi vu son nombre d’utilisateurs croître très fortement au cours des derniers mois », soulignent les auteurs du rapport, qui s’interrogent sur l’impact à long terme de ces nouvelles habitudes. « De nombreux observateurs du secteur aérien s’interrogent sur les conséquences à long terme du recours à la visioconférence (Skype, MS Teams, Zoom, etc.) sur les voyages d’affaire. Autrement dit, les entreprises vont-elles demander à leurs commerciaux et à leurs cadres de remplacer leurs déplacements en train ou en avion par des réunions virtuelles ? ». Sur ce point, l’analyse de la Chaire Pégase invite à la prudence, évoquant des résultats contrastés : « si certaines réunions peuvent effectivement être remplacées par des réunions virtuelles, la visioconférence n’est pas adaptée à toutes les situations. Plus précisément, les voyages d’affaires en avion sont pertinents pour des réunions qui nécessitent une vraie communication comme les discussions d’affaires, les négociations, les présentations face aux clients et la participation à des événements. A l’inverse, les visioconférences conviennent à l’échange d’informations, aux réunions de suivi de projet nécessitant un degré plus faible de communication ». En outre, s’appuyant sur une publication de Denstadli, les auteurs du rapport pointent que « les managers qui ont le plus recours à la visioconférence sont aussi ceux qui prennent le plus l’avion pour des motifs professionnels, maximisant ainsi les opportunités de communication tant virtuelles que réelles ».