
C’est dans un paysage aérien régional fragilisé que l’opérateur aéroportuaires Sealar a en effet soutenu l’ouverture de trois nouvelles liaisons en région : Poitiers–Lyon, Deauville–Marrakech et Deauville-Djerba. Seul gestionnaire privé d’un réseau aéroportuaire en France dont le siège est en région, SEALAR exploite sept plateformes : Vannes, Poitiers, Le Havre, Morlaix, Rouen, Deauville et Caen.
Un modèle de gestion aéroportuaire inédit en France
Depuis le 1er janvier 2025, Sealar gère, dans le cadre d’une délégation de service public, les aéroports du Havre, de Rouen, Deauville et Caen. Une configuration inédite : quatre infrastructures d’une même région confiées à un opérateur unique, avec une logique de coopération plutôt que de concurrence, pour mutualiser les ressources. Le groupe mise ainsi sur la coopération locale pour maintenir le lien entre les territoires et démontrer qu’il est possible de faire tenir l’aérien autrement.
Le lancement de trois nouvelles lignes traduit donc la volonté de maintenir des connexions utiles entre les territoires, alors que les liaisons régionales se raréfient et les aéroports régionaux ont tendance à voir leur offre se réduire.
La ligne Poitiers-Lyon, inaugurée le 17 octobre, répond à une obligation de service public portée par le département de la Vienne. Interrompue en 2023, elle est reprise par la compagnie Volotea. Elle reconnecte Poitiers et son bassin économique à Lyon. L’aéroport de Poitiers-Biard, exploité par Sealar, a enregistré près de 18 000 mouvements aériens entre janvier et août 2025, soit 24 % de plus qu’en 2024, grâce à l’aviation générale, la formation et les vols sanitaires.
La liaison Deauville-Marrakech, inaugurée le 23 octobre, renforce l’attractivité internationale de l’aéroport, géré par Sealar depuis le 1er juillet 2025. Opérée par Transavia, la liaison est proposée en vol sec chaque samedi.
La ligne Deauville–Djerba, dont le premier vol est prévu le 15 décembre 2025, sera opérée par Nouvelair. Un vol hebdomadaire est programmé chaque lundi jusqu’au 30 mars 2026, à l’exception des 12, 19 et 26 janvier. La liaison est également proposée en formule vol + hôtel avec Mondial Tourisme.
Une lutte face à la réduction des lignes
En 2024, les aéroports français ont accueilli environ 205,7 millions de passagers, soit une hausse de 3,6 % par rapport à 2023, mais ce chiffre reste encore inférieur de 4 % à celui de 2019, avant la crise sanitaire. Le trafic domestique, lui, reste encore inférieur de 25 % à son niveau de 2019.
Cette situation s’explique par un environnement fiscal contraignant : l’alourdissement continu de la fiscalité aérienne en France (taxe de solidarité, TSBA, TEITLD, etc.) qui pèse sur les aéroports français.
Ces pressions fiscales fragilisent particulièrement les aéroports régionaux, déjà confrontés à une baisse de l’offre. Pour la saison 2025-2026, 24 lignes ont été supprimées et 25 autres ont vu leurs fréquences réduites.
« Chaque nouvelle ouverture de ligne est un acte de confiance dans les territoires », souligne Fanny Charles, directrice générale de Sealar et vice-présidente de l’Union des Aéroports Français. « En mutualisant les moyens et en travaillant étroitement avec les compagnies et les collectivités, nous parvenons à maintenir des lignes qui répondent à des besoins réels de mobilité, qu’ils soient économiques, sanitaires ou touristiques. Notre modèle s’adapte aux réalités locales : il ne cherche pas à multiplier les dessertes, mais à faire vivre celles qui ont du sens pour les territoires. »
Les aéroports régionaux ne sont pas un luxe : ils sont un outil d’équité territoriale. Là où le TGV a concentré les flux autour des grandes métropoles, ces plateformes assurent la continuité des mobilités dans les zones moins desservies, et jouent un rôle clé dans la santé, la sécurité civile, l’économie locale et même la défense.


















