Corsair prend un nouveau départ avec Intro Aviation

TUI, leader mondial du tourisme loisirs, va revendre Corsair à l’investisseur Intro Aviation. Une reprise qui ne devrait pas avoir de conséquence sur le développement de la compagnie spécialisée sur La Réunion et les Antilles.

Corsair
TUI a officialisé la vente de la compagnie Corsair à l’investisseur Intro Aviation

C’est désormais officiel : l’investisseur allemand spécialisé dans le transport aérien Intro Aviation va prendre le contrôle de Corsair. La vente était en cours depuis quelques temps, alors que TUI cherchait un repreneur pour Corsair afin de se concentrer sur ses activités sur le tourisme, l’hôtellerie et les croisières, et avait fait part de ses discussions avec Intro Aviation. “Nous nous retirons de secteurs d’activité non stratégiques qui ne génèrent aucune synergie pour le groupe. Cette vente est la bonne décision pour TUI et profitera également à Corsair et à son personnel”, a déclaré Fritz Joussen, PDG de TUI. En 2015 déjà, comme le groupe Dubreuil, propriétaire d’Air Caraïbes, Intro Aviation avait étudié l’opportunité de reprendre une compagnie entrée en 2002 dans le giron du premier groupe touristique mondial dans le cadre du rachat du voyagiste Nouvelles Frontières. « Nous étions également intéressés, car le positionnement spécifique de Corsair offrait de belles perspectives de développement”, a expliqué Peter Oncken, PDG de Intro Aviation.
L’investisseur allemand prendra donc 53 % du capital, tandis que TUI conservera pendant trois ans 27 % des parts de la compagnie : une participation autant destinée à garantir la solidité du montage financier qu’à rassurer le personnel. De leur côté, les salariés détiendront 20% de leur compagnie.

historiquement, nous n’avons pas été des investisseurs à long terme. Mais avec Corsair, nous nous inscrivons au moins sur le moyen terme

Lors de l’annonce des discussions entre TUI et Intro Aviation, les syndicats avaient fait part de leur inquiétude quant à la stratégie de l’investisseur. “Il est vrai qu’historiquement, nous n’avons pas été des investisseurs à long terme. Mais avec Corsair, nous nous inscrivons au moins sur le moyen terme, et pourrions même participer à la consolidation en cours du marché”, précise Peter Oncken.

Tout change et pourtant rien ne change totalement pour Corsair, puisque le PDG Pascal de Izaguirre restera aux commandes tandis que le personnel a reçu l’assurance de voir leurs emplois et salaires conservés comme tels pendant au moins 24 mois. En revanche, l’évolution principale concerne le développement de la flotte avec un doublement attendu d’ici 2023. La compagnie va progressivement faire ses adieux aux trois derniers Boeing B747-400, remplacés par des A330-900 Néo. Dans ce cadre, la compagnie a passé commande de trois nouveaux appareils qui entreront en service fin 2020, ou début 2021. S’ajoutant aux deux A330-200 et deux A330-300 actuels, Corsair disposera d’une flotte de dix avions en 2021, puis de 13 appareils à l’horizon 2023.

Cette classe [affaires] étant un vrai succès, l’offre passera de 12 sièges actuellement à 20 sièges sur les futurs A330

Cette flotte monogamme Airbus va offrir de meilleures synergies d’exploitation, mais permettra surtout de proposer une offre homogène qui prolonge la montée en gamme lancée par le déploiement d’une classe Affaires en 2017. “Cette classe étant un vrai succès, l’offre passera de 12 sièges actuellement à 20 sièges sur les futurs A330. De la même manière, la Premium Economy proposera 21 sièges, contre 12 sur les A330 et 18 sur les 747 aujourd’hui”, explique Pascal de Izaguirre. Cette démarche doit accompagner la volonté de la compagnie de s’adresser à un spectre plus large de clientèle, en touchant les voyageurs d’affaires en plus des passagers loisirs.

Corsair
La classe affaires devrait gagner du terrain chez Corsair

Côté réseau, si Corsair a dû abandonner la ligne Paris-Dakar fin janvier, dont les droits ont été transféré par l’État sénégalais à la nouvelle compagnie Air Sénégal, Corsair relancera en juin une desserte de Miami depuis Paris. Autre évolution, la poursuite à l’année de la desserte de Montréal, destination autrefois estivale. “Nous passerons à quatre vols hebdomadaires cet hiver, tout en espérant proposer rapidement un vol quotidien sur cette ligne”, a précisé Pascal de Izaguirre.

Marchés historiques de Corsair devenus de plus en plus concurrentiels avec l’arrivée des Level ou French Bee, La Réunion et les Antilles resteront des piliers fondamentaux pour la compagnie, qui entend même y renforcer sa présence. “Nous étudions la possibilité d’accroître les fréquences, mais aussi le lancement de nouvelles lignes une fois achevée la restructuration de la flotte. Nous disposons d’un portefeuille de slots confortable à Orly pour appuyer notre développement futur”, souligne Pascal de Izaguirre. Peter Oncken n’exclut pas de son côté un développement hors de sa base à l’aéroport du sud parisien, par exemple à Paris CDG, voire sur d’autres plates-formes.