
214 millions, 70 millions et 90,7 millions. Voici comment a évolué le trafic de passagers des aéroports français entre 2019 et 2021. Après la dégringolade de 2020, le nombre de passagers sur les plateformes aéroportuaires de l’Hexagone a bien confirmé son embellie. Mais elle reste de relative faible amplitude comparée au trou d’air entre 2019 et 2020.
L’an passé, le nombre total de passagers n’a donc pas réussi à franchir la barre des 100 millions. Il s’est ainsi établi à 90,68 millions de passagers commerciaux en 2021. Un résultat qui, selon l’Union des Aéroports Français, a beaucoup à voir avec l’évolution du premier semestre 2021.
Durant les six premiers mois, le trafic aérien a eu du mal à redémarrer en raison de l’importance de l’épidémie du Covid–19 et des restrictions de voyages. L’UAF indique que le trafic était en baisse de 78.9% pour le premier trimestre 2021 comparé à 2019, et de –76.7% au second trimestre.
Le second semestre a en revanche amorcé la reprise. Notamment avec la levée de certaines restrictions, l’arrivée des vaccins, et la mise en place du passe sanitaire. –43.2% pour le troisième trimestre et –35.4% pour le quatrième trimestre 2021.
Quand on entre dans le détail, les aéroports parisiens auront davantage souffert que les aéroports en région. Une tendance compréhensible due à l’absence du trafic intercontinentale qui handicape plus que d’autres l’aéroport de Roissy-CDG.

Roissy-CDG et Lyon très fortement touchés
L’UAF constate qu’avec un peu moins de 42 millions de passagers accueillis en 2021, les plateformes parisiennes ont retrouvé 38.8% de leur niveau de trafic de 2019. Comparé à 45,1% pour les autres aéroports. Ces derniers ont vu leur trafic passagers progresser de 37.4% entre 2020 et 2021 contre 26.8% à Orly et Roissy. Les deux plateformes parisiennes représentent cependant toujours près de 50% du trafic total.
Au total, 14 aéroports en France métropolitaine ont dépassé le million de passagers et deux en Outremer. Biarritz, Brest et Strasbourg ont quitté ce « club » des millionnaires. Tout comme Fort-de-France et Tahiti dans les territoires ultramarins.
Parmi les aéroports de région les plus affectés, Lyon est repassé l’an dernier derrière Marseille, enregistrant un recul de 61,5% comparé à 2019. Il s’agit de la plus mauvaise performance après Paris-CDG. Bâle-Mulhouse, Bordeaux et Toulouse auront également affiché des performances en dessous de la moyenne. Le nombre de passagers en 2021 est en effet inférieur à plus de 60% à 2019.
Les aéroports au trafic low-cost et domestique résistent mieux
En revanche, les aéroports les moins exposés à un trafic international ont mieux résisté. C’est le cas des aéroports de Corse, Ajaccio enregistrant une baisse de « seulement » 12,8%, Bastia de 23% tandis que Figari est même le seul aéroport de France à afficher un total passagers en hausse, comparé à 2019 : +5,5%! Il faut également souligner les relatives « bonnes » performances de Montpellier et de Biarritz. Les deux aéroports ont vu leur nombre de passagers décliner de 43% par rapport à 2019.
Côté compagnies aériennes, l’UAF note la bonne performance des compagnies low-cost par rapport aux compagnies premium. En 2021, le trafic low–cost a représenté un peu moins de 40% du trafic de la France métropolitaine contre 35% en 2019. Soit presque 33 millions de passagers.
Le trafic low–cost représente plus de 50% du trafic des aéroports en régions. Ce trafic a certes diminué de 53.8% par rapport à 2019, mais celui des compagnies traditionnelles a reculé de 60.7%. De fait, le trafic low–cost a désormais une part de marché supérieure à 50% du trafic total pour 21 aéroports français en 2021. ils n’étaient que 15 dans cette situation en 2019.
Quant au trafic international, il a perdu 10 points de part de marché entre 2019 et 2021. Il a ainsi chute de 64.4% par rapport à 2019. Soit plus de 20 points de plus que le trafic domestique, en recul de 41.1%.
Trafic passagers sur les aéroports millionnaires (chiffre de référence de 2019) en France métropolitaine
| Aéroport | 2021 | 2019 | Différence 2021/2019 |
| Paris-Charles de Gaulle | 26 196 575 | 76 150 007 | -65,6% |
| Paris Orly | 15 724 580 | 31 853 049 | -50,6% |
| Nice Côte d’Azur | 6 540 424 | 14 485 423 | -54,8% |
| Marseille Provence | 4 661 045 | 10 151 743 | -54,1% |
| Lyon-Saint Exupéry | 4 525 552 | 11 739 600 | -61,5% |
| Toulouse Blagnac | 3 821 653 | 9 620 224 | -60,3% |
| Bâle-Mulhouse | 3 621 742 | 9 094 821 | -60,2% |
| Nantes Atlantique | 3 294 142 | 7 227 411 | -54,4% |
| Bordeaux Mérignac | 3 050 881 | 7 703 135 | -60,4% |
| Beauvais Tillé | 2 073 643 | 3 983 250 | -47,9% |
| Ajaccio Napoléon Bonaparte | 1 412 091 | 1 618 723 | -12,8% |
| Bastia Poretta | 1 200 201 | 1 559 492 | -23,0% |
| Lille Lesquin | 1 167 042 | 2 189 221 | -46,7% |
| Montpellier Méditerranée | 1 100 508 | 1 935 631 | -43,1% |
| Brest Bretagne | 652 988 | 1 236 121 | -47,2% |
| Strasbourg Entzheim | 631 172 | 1 301 886 | -51,7% |
| Biarritz-Pays Basque | 607 864 | 1 066 204 | -43,0% |
(Source : UAF)

















