Reprise en pente douce pour les aéroports français en 2021

Selon l'Union des Aéroports Français, l'activité a connu une légère embellie, avec un trafic passagers en hausse de 29,5%. Il reste cependant inférieur de près de 58% aux chiffres de 2019. L'année 2022 devrait connaître une reprise plus forte, même si la guerre en Ukraine risque d'assombrir les perspectives de croissance...
Aéroports français
Lille est l'un des aéroports ayant le mieux résisté entre 2019 et 2021 avec un trafic en baisse de 46,7% (Photo: https://www.facebook.com/AeroportdeLille)

214 millions, 70 millions et 90,7 millions. Voici comment a évolué le trafic de passagers des aéroports français entre 2019 et 2021. Après la dégringolade de 2020, le nombre de passagers sur les plateformes aéroportuaires de l’Hexagone a bien confirmé son embellie. Mais elle reste de relative faible amplitude comparée au trou d’air entre 2019 et 2020.

L’an passé, le nombre total de passagers n’a donc pas réussi à franchir la barre des 100 millions. Il s’est ainsi établi à 90,68 millions de passagers commerciaux en 2021. Un résultat qui, selon l’Union des Aéroports Français, a beaucoup à voir avec l’évolution du premier semestre 2021.

Durant les six premiers mois, le trafic aérien a eu du mal à redémarrer en raison de l’importance de l’épidémie du Covid19 et des restrictions de voyages. L’UAF indique que le trafic était en baisse de 78.9% pour le premier trimestre 2021 comparé à 2019, et de 76.7% au second trimestre. 

Le second semestre a en revanche amorcé la reprise. Notamment avec la levée de certaines restrictions, l’arrivée des vaccins, et la mise en place du passe sanitaire. 43.2% pour le troisième trimestre et 35.4% pour le quatrième trimestre 2021.

Quand on entre dans le détail, les aéroports parisiens auront davantage souffert que les aéroports en région. Une tendance compréhensible due à l’absence du trafic intercontinentale qui handicape plus que d’autres l’aéroport de Roissy-CDG.

Roissy en 2017
L’aéroport de Roissy CDG en 2017 (Photo : LC)

Roissy-CDG et Lyon très fortement touchés

L’UAF constate qu’avec un peu moins de 42 millions de passagers accueillis en 2021, les plateformes parisiennes ont retrouvé 38.8% de leur niveau de trafic de 2019. Comparé à 45,1% pour les autres aéroports. Ces derniers ont vu leur trafic passagers progresser de 37.4% entre 2020 et 2021 contre 26.8% à Orly et Roissy. Les deux plateformes parisiennes représentent cependant toujours près de 50% du trafic total.

Au total, 14 aéroports en France métropolitaine ont dépassé le million de passagers et deux en Outremer. Biarritz, Brest et Strasbourg ont quitté ce « club » des millionnaires. Tout comme Fort-de-France et Tahiti dans les territoires ultramarins.

Parmi les aéroports de région les plus affectés, Lyon est repassé l’an dernier derrière Marseille, enregistrant un recul de 61,5% comparé à 2019. Il s’agit de la plus mauvaise performance après Paris-CDG. Bâle-Mulhouse, Bordeaux et Toulouse auront également affiché des performances en dessous de la moyenne. Le nombre de passagers en 2021 est en effet inférieur à plus de 60% à 2019.

Les aéroports au trafic low-cost et domestique résistent mieux

En revanche, les aéroports les moins exposés à un trafic international ont mieux résisté. C’est le cas des aéroports de Corse, Ajaccio enregistrant une baisse de « seulement » 12,8%, Bastia de 23% tandis que Figari est même le seul aéroport de France à afficher un total passagers en hausse, comparé à 2019 : +5,5%! Il faut également souligner les relatives « bonnes » performances de Montpellier et de Biarritz. Les deux aéroports ont vu leur nombre de passagers décliner de 43% par rapport à 2019.

Côté compagnies aériennes, l’UAF note la bonne performance des compagnies low-cost par rapport aux compagnies premium. En 2021, le trafic lowcost a représenté un peu moins de 40% du trafic de la France métropolitaine contre 35% en 2019. Soit presque 33 millions de passagers.

Le trafic lowcost représente plus de 50% du trafic des aéroports en régions. Ce trafic a certes diminué de 53.8% par rapport à 2019, mais celui des compagnies traditionnelles a reculé de 60.7%. De fait, le trafic lowcost a désormais une part de marché supérieure à 50% du trafic total pour 21 aéroports français en 2021. ils n’étaient que 15 dans cette situation en 2019.

Quant au trafic international, il a perdu 10 points de part de marché entre 2019 et 2021. Il a ainsi chute de 64.4% par rapport à 2019. Soit plus de 20 points de plus que le trafic domestique, en recul de 41.1%.

Trafic passagers sur les aéroports millionnaires (chiffre de référence de 2019) en France métropolitaine

Aéroport 2021 2019 Différence 2021/2019
Paris-Charles de Gaulle 26 196 575 76 150 007 -65,6%
Paris Orly 15 724 580 31 853 049 -50,6%
Nice Côte d’Azur 6 540 424 14 485 423 -54,8%
Marseille Provence 4 661 045 10 151 743 -54,1%
Lyon-Saint Exupéry 4 525 552 11 739 600 -61,5%
Toulouse Blagnac 3 821 653 9 620 224 -60,3%
Bâle-Mulhouse 3 621 742 9 094 821 -60,2%
Nantes Atlantique 3 294 142 7 227 411 -54,4%
Bordeaux Mérignac 3 050 881 7 703 135 -60,4%
Beauvais Tillé 2 073 643 3 983 250 -47,9%
Ajaccio Napoléon Bonaparte 1 412 091 1 618 723 -12,8%
Bastia Poretta 1 200 201 1 559 492 -23,0%
Lille Lesquin 1 167 042 2 189 221 -46,7%
Montpellier Méditerranée 1 100 508 1 935 631 -43,1%
Brest Bretagne 652 988 1 236 121 -47,2%
Strasbourg Entzheim 631 172 1 301 886 -51,7%
Biarritz-Pays Basque 607 864 1 066 204 -43,0%

(Source : UAF)