Décideurs : Andreas Bergmann, PDG de TGV Lyria

TGV Lyria lance sa nouvelle classe Business 1ère le 10 décembre. Andreas Bergmann, PDG de TGV Lyria, fait un point sur les investissements de la compagnie ferroviaire à destination des voyageurs d'affaires. Propos recueillis par Stéphane Jaladis.

TGV Lyria
Andreas Bergmann, Pdg de TGV Lyria

Pourquoi lancer une classe Business 1ère le 10 décembre ?

Andreas Bergmann – Après avoir dressé le portrait du consommateur de demain, TGV Lyria a décidé d’anticiper les évolutions du marché. Le modèle bi-classe ne correspondait plus, car les besoins se sont élargis. Ce passage à trois classes permet de mieux répondre à tous les segments de clientèle : Standard offrant à la plupart des voyageurs tous les avantages du TGV à partir de 29 euros, Standard 1ère à partir de 49 euros pour démocratiser l’accès à la 1ère classe et enfin la Business Première à destination de nos clients les plus exigeants. Ce projet a été validé par des enquêtes auprès de nos clients et de prospects.

Comment comptez-vous remplir cette Business 1ère quand les sociétés contrôlent leur budget voyage ?

A. B. – La Business 1ère est destinée aux passagers qui recherchent de la liberté, de la sécurité et de la fiabilité. Ils bénéficieront d’abord d’une flexibilité totale avec une garantie de siège sur tous les TGV de la journée. C’est important pour les passagers affaires qui font l’aller-retour dans la journée et dont l’agenda est assez imprévisible pour le voyage retour, selon la durée de leur réunion. A 191 euros pour le trajet Paris-Genève, soit le même tarif que l’ancienne 1ère classe Flex, nous intégrons des services exclusifs comme une voiture privatisée, un repas chaud servi à la place, des journaux, l’accès au salon en gare de Paris-Lyon et la réservation d’un taxi. Je suis sûr que les passagers affaires qui testeront la Business 1ère ne voudront plus voyager dans les autres classes. Nous ciblons aussi certains clients loisir qui sont habitués à un haut niveau de service ou qui ont envie de se faire plaisir à l’occasion d’une escapade touristique.

« Le passage à trois classes le 10 décembre permettra de mieux répondre aux attentes de voyage de nos différentes clientèles, voyageurs d’affaires en tête »

Pourquoi ne pas proposer la Business 1ère sur l’ensemble de vos lignes ?

A. B. – Il faut que certains seuils soient atteints. À partir du 10 décembre, cette classe sera d’abord proposée du dimanche au vendredi – et donc pas le samedi – entre Paris, Genève, Bâle et Zurich. Cela couvrira 60 % de notre offre à destination des voyageurs d’affaires. Pour les dessertes de Lausanne et de Berne, tout dépendra du retour d’expérience des clients et des ventes sur les autres axes.

Quels sont les autres projets prévus dans la refonte du produit TGV Lyria ?

A. B. – TGV Lyria vient de confier sa restauration à bord à LSG Group. Cela entraînera une baisse des prix tout en préservant la qualité avec l’introduction de plats originaux mettant à l’honneur les produits des terroirs traversés. Nous maintiendrons ainsi nos standards de qualité au meilleur niveau. Lyria cherche en revanche toujours une solution concernant la question des salons dans les gares suisses. Mais surtout, la SNCF et les CFF vont investir 500 millions d’euros dans la constitution d’une nouvelle flotte de trains à grande vitesse à l’horizon 2020. Nous travaillons en partenariat avec l’école polytechnique de Lausanne pour calibrer le parc idéal en fonction de l’estimation des trafics futurs. TGV Lyria exploite actuellement 21 rames, dont 2 TGV Duplex en location. La décision finale doit être prise par le conseil d’administration d’ici à juin 2018.

Concernant vos résultats, les chiffres de TGV Lyria sont-ils positifs en 2017 ?

A. B. – Nous assistons à un rebond du trafic, ce qui est une très bonne nouvelle. TGV Lyria bénéficie des réformes engagées depuis deux ans, quand nous avons décidé d’allouer tous nos moyens sur nos axes principaux, c’est-à-dire Genève, Lausanne, Bâle et Zurich. Une politique de prix plus agressive a été lancée. Nous assistons aussi à une reprise des ventes sur les marchés internationaux, l’image de Paris étant redevenue positive. La croissance du trafic s’est élevée à 11 % sur Paris-Genève comparé à 2016. Nous avons repris trois points de part de marché sur cet axe, alors que TGV Lyria est en compétition frontale avec les compagnies aériennes, régulières comme low-cost, ainsi que le covoiturage. Selon les axes, nos parts de marchés oscillent entre 60 % et 65 %. Car Lyria ne manque pas d’atouts avec une liaison de centre à centre, une empreinte écologique réduite, un temps de travail optimisé durant le voyage, une ponctualité de 92 %, une flexibilité du billet… Selon une enquête BVA, 93 % de nos clients sont satisfaits, voire très satisfaits.

Ses dates clés

Titulaire d’un Bachelor de l’école hôtelière de Lausanne et diplômé de l’Advanced management programme de l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD).

  • 1997 : directeur général de Gate Gourmet International.
  • 2006 : membre du conseil d’administration et directeur de la section “Innovation, Ingénierie et Opérations” de Servair, société de catering filiale d’Air France-KLM.
  • 2015 : CEO de TGV Lyria, filiale de la SNCF et des CFF.

Andreas Bergmann est également membre du conseil d’administration de Railteam, l’alliance regroupant les principaux opérateurs ferroviaires à grande vitesse en Europe.