Décideur : Christophe Peymirat, d’Egencia

Christophe Peymirat, Senior Vice-Président Europe et Moyen-Orient d'Egencia

Christophe Peymirat, Senior Vice-Président Europe et Moyen-Orient d’Egencia

Quelle est la tendance sur le marché  du voyage d’affaires ?
Christophe Peymirat : En 2015, le marché s’est bien tenu jusqu’aux événements de novembre, à la suite desquels les voyageurs d’affaires ont restreint leurs déplacements pendant environ un mois. En 2016, il n’y a pas de décrochage. Les choses ont repris leur cours normal.

En ce qui concerne Egencia, comment évolue votre application TripNavigator ?
C. P. : Nous avons récemment annoncé notre partenariat avec Uber et Citymapper pour couvrir les transports terrestres. Il y a quelques années, nous établissions des plans sur 12 ou 24 mois. Ce n’est plus le cas : nous fonctionnons maintenant sur des cycles de 120 jours pour gérer notre produit. Le marché change assez vite. Bien malin celui qui peut prévoir ce qu’il se passera dans deux ans. Ces cycles plus courts nous permettent de nous adapter en fonction des tests utilisateurs.

L’avenir est-il au tout mobile ?
C. P. : C’est probable. Sur certains marchés comme la Chine, le mobile est prépondérant. Les outils convergent, l’heure est au “multide-vices”. Nos solutions doivent permettre aux utilisateurs de passer d’un appareil à un autre avec le même niveau de contenus.

Des acquisitions sont-elles à l’étude ?
C. P. : Les acquisitions qui ont eu lieu depuis le rachat d’Egencia par Expedia en 2004 nous ont permis de rentrer sur de nouveaux marchés en intégrant un portefeuille de clients et un savoir-faire local. Nous sommes en train d’intégrer Orbitz for business et surveillons les éventuelles possibilités de rachat de sociétés. Cependant, notre croissance organique nous permet de progresser sans forcément avoir besoin d’intégrer d’autres sociétés.

Les nouvelles ambitions technologiques d’American Express vous mettent-elles sous pression ?
C. P. : Quand nous avons commencé en 2000, les acteurs traditionnels nous prenaient pour des fous. Quinze ans après, tout le monde est d’accord : la technologie est au cœur de l’offre. Est-ce que cela nous met de la pression ? Oui, nous sommes sur un marché qui évolue vite, mais c’est aussi parce qu’il est porteur. Je pense qu’il faut rester un peu “paranoïaque”. La concurrence a de multiples visages, avec des acteurs traditionnels comme American Express, mais aussi des fournisseurs venus du monde du loisir. Nous répondons à un vrai besoin, je ne suis donc pas inquiet pour l’avenir de l’agence. C’est un challenge : les acteurs qui entendent repousser les évolutions technologiques ne pourront pas fonctionner ainsi très longtemps.

Le modèle économique des agences est-il amené à changer en profondeur ?
C. P. : J’en ai connu plusieurs : commissions, frais de gestion ou de transaction… Ce qui compte, ce sont les revenus, les coûts et la valeur ajoutée pour le client. Tant qu’elle est au rendez-vous… Je ne vois pas de révolution à l’horizon, même s’il ne faut jamais dire jamais.

 Ce qui compte, ce sont les revenus, les coûts et la valeur ajoutée pour le client. Tant qu’elle est au rendez-vous…

Le changement de direction chez Traveldoo marque-t-il un tournant dans les relations avec Egencia ?
C. P. : Les équipes qui avaient créé Traveldoo ont décidé de partir. Il y a un nouveau leader de très haut calibre à sa tête qui doit accélérer le développement de l’entreprise après de beaux succès commerciaux. Il s’agit donc bien d’un changement pour Traveldoo, mais nous n’allons pas bouleverser notre stratégie. Si certains modules Traveldoo peuvent être intéressants, nous pourrons les partager, mais il est hors de question de brancher un autre outil de réservation. Ce n’est pas de la schizophrénie, c’est de la segmentation.

Expedia a lancé MeetingMarket. Egencia n’est-elle pas mieux placée sur ce sujet ?
C. P. : Il n’y a pas de pré carré dans le groupe. Ce n’est pas parce qu’Egencia dispose d’une division MICE que d’autres entités ne peuvent pas se lancer. Cela amène de l’émulation.

SES DATES CLÉS
Diplômé de HEC Paris
1994 : Commence sa carrière chez L’Oréal en marketing
1997 : Rejoint Bain & Company en tant qu’analyste, puis consultant
2000 : Participe au lancement  de la start-up Egencia
2004 : Directeur général, Egencia UK
2010 : Vice-Président Global Marketing, Egencia
Fin 2011 : Nommé Senior Vice-Président, Egencia EMEA

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Florian Guillemin