Activité séminaires, offre des Demeures de Campagne : interview d’Arnaud Feucherolles

Arnaud Feucherolles, directeur du Domaine de Maffliers, revient sur la reprise de l'activité séminaires et présente les atouts des établissements "au grand vert" des Demeures de Campagne.
Demeures de Campagne
Le Château de Maffliers, Demeures de Campagne

La reprise de l’activité séminaires au sein de votre hôtel, le Château de Maffliers Demeures de Campagne, est-elle à la hauteur de vos attentes ?

Arnaud Feucherolles – On est assez serein pour les mois à venir, d’autant que nous avons été presque submergés par les demandes depuis le 19 mai. J’ai même dû prendre des équipes en renfort pour y répondre. Tous ces devis n’aboutissent pas forcément, mais nous avons des taux de concrétisation très appréciables. Notre portefeuille est bon d’ici la fin de l’année, essentiellement avec des groupes allant de 15 à 50 personnes. En revanche, nous n’avons pas encore vu revenir les formats de plus de 100 personnes, l’année prochaine peut-être. Quoiqu’il en soit, on ressent vraiment chez nos clients cette envie de se retrouver, ce besoin de se ressourcer, de se mettre au vert. Il y a un vrai besoin d’humain aujourd’hui, face aux limites du télétravail. Tout cela confirme la pertinence de l’axe pris par le groupe d’exploitation hôtelière Grape Hospitality avec ses Demeures de Campagne.

Pouvez-vous revenir sur la genèse de l’enseigne Demeures de Campagne ?

A. F. – En 2016, Grape Hospitality a acquis auprès du groupe Accor un portefeuille d’une centaine d’établissements, notamment le domaine de Maffliers que le groupe avait en partie acheté en 1978 pour y développer un Novotel. En plus de l’hôtel, nous avons repris l’ensemble du parc de 30 hectares, ses anciennes écuries. D’où l’idée, venue presque logiquement, de créer un lieu en réponse aux nouvelles attentes des clients, à leur envie de retour à la nature, de consommer local. C’est ainsi que Grape Hospitality a lancé la marque Demeures de Campagne, qui lui est propre, et qui a pour fil rouge un hébergement de qualité, une restauration axée sur les circuits courts et les producteurs locaux et une partie activités étoffée, que ce soit vis-à-vis de la clientèle loisirs ou affaires.

En plus du domaine de Maffliers, proche de Chantilly, quels sont les autres Demeures de Campagne ?

A. F. – A l’heure actuelle, nous avons quatre Demeures de Campagne, notamment le Parc du Coudray, en Essonne, un établissement s’étendant sur un parc d’une vingtaine d’hectares comprenant un hôtel à l’esprit campagne, un très beau spa installé dans une maison bourgeoise rénovée et un parc d’accrobranche. Près d’Orléans, les Chemins de Sologne, qui intègrent le Novotel Orléans la Source, se présentent comme la maison d’un collectionneur qui aurait pour deuxième passion la nature et ses plaisirs. Enfin, nous avons aussi une autre demeure, plus citadine celle-ci, puisqu’à 500 mètres du château de Fontainebleau, une belle maison bourgeoise refaite à neuf et qui héberge le Mercure Château de Fontainebleau Demeure de Campagne.

nous avons déployé des offres B2B intégrant des animations qui peuvent venir ponctuer les événements comme des ateliers de cuisine, de mixologie ou d’œnologie

Quels sont leurs atouts pour les organisateurs de réunions et séminaires ?

A. F. – Déjà, nos Demeures proposent un large choix d’activités accessibles à toute la clientèle, par exemple des tennis, des piscines intérieures ou extérieures, des filets de volley et de badminton, des terrains de pétanque, mais aussi des trottinettes et des vélos mis à la disposition des clients. En plus de cela, nous avons déployé des offres B2B intégrant des animations qui peuvent venir ponctuer les événements comme des ateliers de cuisine, de mixologie ou d’œnologie. Après, chaque demeure a son axe de différenciation. Au parc du Coudray, c’est le spa, le practice de golf et le parcours d’accrobranche, tandis qu’à Fontainebleau, ce sera le château et la découverte de ses faces cachées ou l’immense forêt qui entoure le domaine. Les Chemins de Sologne jouent, eux, sur la proximité des châteaux de la Loire et sur les producteurs locaux, par exemple en organisant des chasses au trésor en méhari dans les domaines viticoles. Enfin, au domaine de Maffliers, cet axe de différenciation, c’est le cheval.

De quelles manières le cheval peut-il être intégré dans des réunions corporate ?

A. F. – Dans le cadre des séminaires, notre proposition d’offres comprend des balades à cheval, mais s’étend aussi au « horse coaching », c’est-à-dire l’utilisation du cheval comme outil de management, sans même le monter. On invite tous les séminaires à l’utiliser comme incentive mais surtout dans le cadre de formation à la cohésion d’équipe. Le cheval n’a pas de filtres, réagit à la moindre injonction qu’elle soit brutale, peu audible ou détournée. Ca donne beaucoup d’indications sur les comportements managériaux. On va décortiquer la façon dont le cheval réagit avec le manager, puis le transposer à ses interactions avec son entourage professionnel, le tout aboutissant à une fiche d’identité du manager. Cela peut se faire par petits groupes sur deux ou trois heures, mais cela peut aussi prendre la forme de journée entière autour de différents ateliers. Lors de la rénovation du domaine, nous avons créé des écuries toutes neuves avec 35 chevaux, tandis que les anciennes écuries du château ont été rénovées pour en faire des salles de réunions et de réception, mais aussi sept gîtes.

Ces gîtes peuvent-ils être aussi utilisés dans le cadre des séminaires ?

A. F. – Tout à fait, c’est une formule qui plaît beaucoup. Nous avons de beaux gîtes de 180 m² que les entreprises peuvent utiliser pour leurs réunions, avec un chef à domicile pour préparer les repas. Les participants peuvent même y résider, puisque toutes les chambres sont individuelles et disposent toutes de salles de bain. Ces gîtes viennent compléter notre offre qui se compose d’un hôtel de 99 chambres, d’un château hébergeant des suites, mais aussi deux restaurants – une brasserie et un bistrot – et des anciennes écuries qui accueillent des salles de réunions décorées de façon traditionnelle, pas du tout dans un style fonctionnel, avec des poutres apparentes, de la brique, des tables en bois, des fauteuils Chesterfield.

Les Demeures de Campagne sont-elles parées pour les réunions hybrides ?

A. F. – Dans tous nos établissements, vous trouvez en effet des salles équipées pour les réunions en mode hybride. Ce ne sera pas le cœur de notre axe à Maffliers puisque nous nous destinons plus aux réunions de cohésion, mais nous avons aujourd’hui des demandes en ce sens. Par exemple, pour permettre des réunions à distance entre les équipes basées en France et le siège de la société basée à l’étranger.

La marque Demeures de Campagne a-t-elle vocation à se développer ?

A. F. – C’est la question du moment. Le comité de direction de Grape Hospitality a validé l’idée d’avoir une vingtaine de Demeures de Campagne, toujours selon un même cahier des charges : une belle bâtisse historique, un grand parc, un lieu qui permet d’avoir un hébergement hôtelier, mais aussi des logements atypiques comme des gîtes. Et cela, si possible, à moins de 1h30 de Paris en voiture ou en train, voire en avion.