Déplacements, salons professionnels : le déconfinement se précise

Emmanuel Macron a annoncé en fin de semaine le calendrier de déconfinement, qui débutera le 3 mai. Retour sur les principaux enseignements à retenir, et les réactions suscitées par ces annonces.
Vivatech
Les salons et foires d’exposition pourront reprendre à partir du 9 juin, d'après le calendrier de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron.

Le déconfinement se précise sur le territoire français. Une semaine après le discours de Jean Castex, qui fixait au 3 mai le début de l’assouplissement, Emmanuel Macron a pris le relai dans la presse régionale. Le Président a confirmé ce point de départ, qui marquera la fin des restrictions de déplacements. Et précisé les étapes suivantes du processus : « Le 3 mai, fin des attestations et des restrictions de déplacement. Le 19 mai, couvre-feu repoussé à 21 heures et réouverture des commerces, des terrasses et des musées, salles de cinémas et théâtres avec des jauges limitées. Dès le 19 mai, il nous faut retrouver notre art de vivre à la française, en restant prudents et responsables : notre convivialité, notre culture, le sport… Le 9 juin, couvre-feu à 23 heures et ouverture des cafés, restaurants et salles de sport. Enfin le 30 juin, fin du couvre-feu », détaille d’emblée Emmanuel Macron.

Déconfinement 9 juin
Le 9 juin marquera la réouverture des restaurants et des salons professionnels

Reprise des salons le 9 juin

En marge de ce calendrier global, reste encore à affiner certains points – Jean Castex présentera un plan détaillé la semaine du 10 mai – et à espérer que la situation sanitaire reste sur la bonne voie. Des « freins d’urgence » ont d’ailleurs été évoqués, et Paris compte parmi les dix départements encore problématiques. Mais le cap global est désormais fixé. Avec en ligne de mire la réouverture des restaurants le 9 juin. Les voyageurs d’affaires pourront néanmoins accéder au restaurant de leur hôtel dès le 19 mai, d’après les précisions annoncées vendredi par le Ministre du Tourisme. Seuls les clients de l’établissement seront éligibles à cette date.

dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser

Les professionnels du meeting & events sont également focalisés sur cette échéance, puisque le 9 juin, les salons et foires d’exposition pourront reprendre. La jauge sera alors fixée à 5000 personnes, et le pass sanitaire sera requis. Sur ce point, Emmanuel Macron explique : « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. Par contre, dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser ». Comme indiqué quelques jours plus tôt, ce pass sanitaire est accessible via l’application TousAntiCovid. En outre, le pass sanitaire doit également permettre l’accueil des voyageurs étrangers, là aussi à compter du 9 juin.

« C’est un sésame vers la liberté, a déclaré Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique, invité d’Europe 1 vendredi matin. Sans le pass, nous n’aurions pas pu rouvrir les événements jusqu’à 5000 personnes le 9 juin. L’acceptabilité de ce pass est lié au fait qu’il ne soit pas nécessaire pour la vie de tous les jours. Je pense qu’il était raisonnable de le cantonner à de grands événements. »

« Toutes les mesures qui vont nous permettre de retravailler, de réamorcer la pompe économique de tous ces événements d’entreprise sont de bonnes nouvelles, a expliqué Benoit Ramozzi, secrétaire général de l’association Levenement, interrogé dans la matinale de RTL. Le pass sanitaire va nous permettre de rassembler des gens et de relancer notre secteur. Mais on ne crée pas un événement du jour au lendemain, comme un restaurant qui est autorisé à rouvrir Ca prend un peu de temps pour les organiser. Mais déjà, on va pouvoir les programmer. »

Le secteur pouvait s’attendre à cette reprise annoncée avec la confirmation, le 14 avril dernier, de l’édition 2021 du salon Vivatech en format hybride, présentiel et virtuel. Un événement qui tient naturellement à cœur à Emmanuel Macron et dont la tenue à la Paris Expo Porte de Versailles du 16 au 19 juin prochain sera un symbole fort du redémarrage de l’activité.

Enfin, nous avons des dates

Autre association clé du secteur, l’Union Française des Métiers de l’Evénement (UNIMEV) s’est également réjoui de ce nouvel horizon donnant de la visibilité au secteur. « La réouverture annoncée par Emmanuel Macron à partir du 9 juin, même en conditions dégradées (jauge à 5000 personnes, pass sanitaire), va permettre à l’événementiel de se projeter dans de bonnes conditions et ainsi espérer travailler de manière « normale » en septembre« , a commenté l’UNIMEV. Association qui note aussi que l’activité ayant déjà repris en Chine ou aux Etats-Unis ou est en passe de le faire en Angleterre, en Espagne et en Italie, il était vital que le calendrier annoncé soit respecté. « Ce déconfinement doit être le dernier car notre secteur est à l’agonie. Il faut en finir avec le « stop and go » « , indique le communiqué de l’UNIMEV.

L’association reste d’ailleurs vigilante quant à la mise en oeuvre de ce calendrier. Elle attend d’avoir plus de précisions et de garanties, notamment sur les jauges, les modalités d’application de ce pass sanitaire, la territorialisation annoncée et les critères – taux d’incidence et/ou de vaccination – ou encore sur le maintien des aides pour un secteur qui mettra du temps à réellement redémarrer. « Cette annonce doit être précisée et complétée par des garanties fortes pour le secteur car la survie de la filière est toujours en jeu« , a déclaré Olivier Roux, président d’UNIMEV.

Interrogé par le quotidien Les Echos, Pablo Nakhlé Cerruti, directeur de Viparis, est sur une même longueur d’ondes : « il va falloir travailler sur les conditions, et sur la réduction progressive des mesures d’accompagnement jusqu’à la fin de l’année », tout en déclarant que ce calendrier de reprise était « tout de même une bonne nouvelle. Cela correspond à notre demande de visibilité. »

Du côté des hôtels-restaurants, la satisfaction est aussi . « Enfin, nous avons des dates« , a dit Roland Héguy, président confédéral de l’Umih, interrogé par L’Hôtellerie. Même si le secteur espérait pouvoir rouvrir les terrasses pour le week-end de l’Ascension, la date du 17 mai est une première étape avant que les dîners au restaurant soient de nouveau possibles à partir du 9 juin, avec un couvre-feu repoussé à 23 heures. Cependant, alors qu’elle avait été un temps envisagée, la restauration à l’hôtel ne profite pas d’un régime particulier.