
Pour quelle raison avez-vous changé, en 2006, les statuts de votre association ?
Dominique Jaillon : Ce changement a été pensé à partir de 2004-2005. Nous avions alors 700 membres, parmi lesquels se mélangeaient les simples adhérents et les membres accrédités. Cela créait une confusion ; les entreprises avaient du mal à faire le distingo entre adhérents et membres accrédités. Afin de favoriser la reconnaissance du coaching par les organisations et les entreprises et amorcer des axes de professionnalisation pour les membres, nous avons changé nos statuts en n’acceptant plus que les membres accrédités. Ce fut une décision difficile, car nous passions ainsi de 700 à 280 cotisants. On vivait plus confusément, mais plus confortablement avant…
Sur quels critères se fait la cooptation pour les membres titulaires ?
D. J. : Un membre titulaire doit avoir de l’expérience, faire du coaching une partie conséquente de son activité depuis plusieurs années, travailler avec un superviseur, connaître les différents modes d’approche comme l’analyse systémique, l’analyse transactionnelle, la PNL, etc. La sélection est importante puisqu’on ne valide qu’environ 30 % des dossiers reçus pour la titularisation. D’autant plus que ceux qui déposent les dossiers se considèrent généralement “au niveau”.
Quel regard portez-vous sur le développement du coaching ?
D. J. : On était, et on est encore, dans un contexte de développement rapide du marché porté par un mot séduisant, malheureusement parfois récupéré pour rebaptiser des pratiques qui existaient déjà, notamment dans le conseil et la formation. Pour ce qui concerne le coaching professionnel, les perspectives restent bonnes : la pratique s’est développée de manière importante dans le privé depuis les années 90 et elle tend à se démocratiser au-delà de la sphère initiale des cadres dirigeants. Mais il faut relativiser : on dit généralement qu’il y a 3500 personnes qui pratiquent le coaching en France. Or, je constate qu’en additionnant les membres accrédités par la SFCoach et par l’ICF, on arrive à peine à 450. Cela restreint beaucoup le cercle.

















