E-visa : une révolution russe en 2021 ?

La Russie reste l’un des pays les moins ouverts d’Europe sur la question des visas. Mais des changements sont dans l’air. Le pays a récemment confirmé que les citoyens de l’Union Européenne pourront bientôt venir avec un simple visa électronique…

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Flotte de Sukhoi 100 d'Aeroflot à l'aéroport international de Moscou Sheremetyevo. (c) Shutterstock - Skycolors

Union Soviétique d’abord, Fédération Russe aujourd’hui, il est toujours complexe pour un voyageur de se rendre en Russie, que ce soit pour des motifs d’affaires ou de tourisme. La plupart des voyageurs se rendant en Russie se plaignent souvent d’un processus compliqué par la fourniture de nombreux documents, invitations officielles ou attestations de séjour dans un hôtel.

Certes, les procédures se sont quelque peu simplifiées avec le traitement des visas par une agence spécialisée en France, VFS.global. Mais seuls les formulaires de visa sont disponibles pour le moment en ligne, et il est toujours nécessaire de se rendre dans cette agence pour y déposer tous les documents ainsi que le passeport.

Le traitement du dossier varie de trois à dix jours ouvrables, en fonction de l’urgence de la demande. Le plus complexe reste en fait l’absence de centres de traitement de visas. VFS.global ne dispose que deux antennes en France, l’une à Paris et l’autre à Strasbourg.

Ce parcours bureaucratique pourrait toutefois bientôt appartenir au passé. En juillet, la Russie a annoncé son intention d’introduire un système de visa électronique qui simplifiera enfin les formalités. Le décret de mise en route de ce plan de simplification des visas a été signé par Vladimir Poutine. Si aucun obstacle ne se dresse sur la route du visa électronique, celui-ci sera disponible au 1er janvier 2021.

Il s’agira d’une procédure en ligne simple, qui permettra d’obtenir des visas à entrée unique de courte durée – probablement pour une durée maximale de 16 jours. Progrès remarquable, l’obligation de présenter une invitation sera abolie avec cette nouvelle procédure en ligne. Le visa coûtera une quarantaine d’euros – contre 35 € à 70 € aujourd’hui selon l’urgence. De plus VFS.global perçoit des frais de services de 26 €. Ce qui permettra également une économie substantielle.

Lors d’une première étape, seuls les citoyens arrivant dans les principaux aéroports ou ports internationaux pourront demander cet e-visa. Cela comprendra les trois aéroports de Moscou et ceux de Saint-Pétersbourg, Sotchi, Kazan ou Vladivostok. Le port de St Saint-Pétersbourg sera également concerné. A terme, tous les postes frontières de la Fédération seront équipés pour traiter les visas électroniques. Une opération grandeur nature a déjà débuté en juillet mais ne concerne que les voyageurs se rendant dans l’enclave russe de Kaliningrad, entre Lettonie et Lituanie.

Le système de visa électronique s’appliquera aux pays de l’Union européenne et aux pays intégrés à l’espace Schengen (Islande, Norvège et Suisse) – ainsi qu’à la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Grand perdant de cette avancée : le Royaume-Uni, alors sorti de l’Union Européenne. Les citoyens britanniques devront comme les Américains et les Canadiens continuer à se rendre sur place pour obtenir le précieux visa d’entrée dans la Fédération de Russie.

Et Singapour lança la carte de débarquement électronique…

A Singapour, les citoyens de l’Union Européenne n’ont guère besoin de visa, celui-ci leur étant délivré automatiquement à l’entrée sur le territoire de la cite Etat. Ce qui est nouveau en revanche, c’est la possibilité de remplir en ligne sa carte de débarquement et d’embarquement (Arrival/Departure Card), formulaire nécessaire à l’obtention du visa.

Depuis le mois d’août, les visiteurs étrangers peuvent soumettre leurs informations personnelles et les détails de leur voyage sur le site des services d’immigration de Singapour ou via une application mobile « SG Arrival Card », disponible sur l’App Store ou sur Google Play.

La demande doit être effectuée 14 jours avant la date d’arrivée au minimum et ce service n’est pour l’instant disponible qu’avec un nombre limité de prestataires de transports. Il s’agit de plusieurs compagnies de ferries en provenance d’Indonésie ainsi que des compagnies aériennes Cathay Pacific, Singapore Airlines et du transporteur low-cost AirAsia.

Ce service devrait être étendu aux passagers de toutes les compagnies aériennes durant l’année 2020 ainsi qu’aux points d’entrée par la route en provenance de Malaisie.