
Les sirènes financières américaines auront finalement eu raison de la résistance d’easyJet à une entrée d’un fonds d’investissement US dans son capital. Vendredi 3 juillet, en fin de journée, easyJet annonçait avoir conclu un accord de principe avec la société d’investissement américaine Castlelake sur un projet d’acquisition valorisant la compagnie à environ 5,2 milliards de livres sterling (6,07 milliards d’euros). easyJet avait, à quatre reprises, refusé les propositions précédentes de Castlelake, allant même jusqu’à les juger méprisantes par rapport au potentiel de la compagnie low-cost.
Pour mémoire, le transporteur permettrait d’affirmer son contrôle sur un pan important du transport aérien européen. easyJet exploite effectivement près de 1 200 liaisons dans 35 pays européens et emploie 18 000 personnes.
Le conseil d’administration de la compagnie aérienne a indiqué qu’il serait disposé à recommander l’offre aux actionnaires si Castlelake déposait une offre ferme. La dernière proposition valorise easyJet à 6,90 livres sterling par action.
Castlelake n’est pas un inconnu pour easyJet. Le groupe d’investissement US détient déjà environ 2,14 % du capital d’easyJet.
Dans un communiqué, easyJet a indiqué que les conditions financières de la proposition étaient d’un niveau que le conseil d’administration serait prêt à recommander, sous réserve de la présentation d’une offre ferme.
La compagnie orange et blanche a également précisé que Castlelake avait exprimé « un immense respect » pour easyJet, ses collaborateurs et sa stratégie, tout en affirmant son intention de soutenir sa croissance et sa transformation afin d’en faire une compagnie aérienne européenne plus solide et plus résiliente.
Un rôle pour Air France-KLM ?
Cet accord de principe ne signifie toutefois pas que le rachat est acquis. Castlelake doit encore obtenir les autorisations réglementaires nécessaires et présenter une offre ferme avant le 3 août. Si cette étape est franchie, la proposition devra également être approuvée par les actionnaires.
L’un des principaux obstacles reste néanmoins la réglementation européenne sur la propriété des compagnies aériennes. En tant que transporteur européen, easyJet doit rester détenu et contrôlé à au moins 51 % par des intérêts européens afin de conserver ses droits d’exploitation au sein de l’Union européenne. Castlelake aurait déjà présenté un schéma destiné à satisfaire cette exigence.
C’est peut être sur cet aspect législatif que le groupe Air France pourrait jouer un rôle. Air France-KLM ne prépare pas actuellement d’offre de rachat sur easyJet, mais le groupe aérien s’est déclaré, lors d’une précédente offre de Castlelake, très ouvert à une éventuelle collaboration. Son directeur général, Ben Smith, a indiqué qu’il serait prêt à discuter des actifs d’easyJet si la société américaine de capital-investissement Castlelake, souhaitait associer Air France-KLM à un consortium.

















