Etats-Unis : cauchemar à Newark

L'aéroport de Newark est depuis deux semaines sujet à des annulations et retards de vols de grande ampleur. L'aviation civile promet d'agir au plus vite...
Photo du tarmac à Newark-Liberty en mai 2014 (Photo: Flickr- CC BY-NC-SA 2.0)

Un grave incident a sonné l’alarme la semaine dernière, relayé par tous les grands media américains. Le New York Times a rapporté qu’au centre de contrôle aérien de Philadelphie, qui coordonne les vols au nord de la côte Est des Etats-Unis, les employés ont paniqué. Ils ont perdu trace d’avions en approche à Newark-Liberty sur leurs radars de contrôle. Tandis que leurs émetteurs radio de contact restaient muets.

La panne n’a duré que 30 secondes, mais elle aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour des dizaines d’avions en approche ou au décollage à ce moment là autour de la plateforme new-yorkaise. L’incident, qui s’est produit le 28 avril, s’était alors traduit par l’annulation et le retard de quelques milliers de vols à Newark, rapporte le quotidien américain.

United Airlines monte au créneau

Il ne s’agit pas du premier incident affectant le fonctionnement de l’aéroport de Newark, seconde plateforme aéroportuaire internationale après JFK à New York. Les défaillances à répétition de la technologie est connue de tous. Scott Kirby, PDG de United Airlines, principale compagnie utilisatrice de l’aéroport, s’est ainsi fendu d’un message officiel envers ses passagers le 2 mai dernier : « Depuis de nombreuses années, United s’exprime clairement sur la nécessité de réparer le système de contrôle du trafic aérien à Newark […] Ces derniers jours, à plusieurs reprises, la technologie dont dépendent les contrôleurs aériens de la FAA pour gérer les avions entrant et sortant de l’aéroport de Newark est tombée en panne, entraînant des dizaines de vols détournés, des centaines de vols retardés ou annulés et, pire encore, des milliers de clients dont les projets de voyage ont été perturbés. Malheureusement, les problèmes technologiques ont été aggravés par le fait que plus de 20 % des contrôleurs de la FAA affectés à l’aéroport de Newark ont démissionné. « 

« N’oublions pas, ajoutait le président d’Untied, que ce centre de contrôle du trafic aérien souffre d’un manque chronique de personnel depuis des années et que, sans ces contrôleurs, il est désormais évident – et la FAA nous le dit – que l’aéroport de Newark ne pourra pas accueillir le nombre d’avions prévus dans les semaines et les mois à venir« . United a donc pris les devants : la compagnie a réduit son programme de vols sur ce hub, particulièrement important à l’international. United Airlines met en correspondance 76 vlles des Etats-Unis avec 81 destinations internationales. Dont deux vols quotidiens sur Paris CDG ainsi qu’un vol quotidien sur Bruxelles et sur Genève.

« Nous annulons unilatéralement 35 vols aller-retour par jour de notre programme de Newark. Il est décevant de devoir procéder à de nouvelles coupes dans un programme déjà réduit à Newark, mais comme il n’y a aucun moyen de résoudre les problèmes structurels de personnel de la FAA à court terme, nous pensons qu’il n’y a pas d’autre choix pour protéger nos clients, décrit Scott Kirby. Depuis des années, United exhorte le gouvernement américain à faire usage de son autorité pour limiter efficacement le nombre de vols que l’aéroport peut raisonnablement accueillir« .

Newark en difficulté
Un instantané du trafic aérien à Newark le 8 mai au matin. On remarquera le grand nombre de vols de la compagnie United Airlines (Image: Aéroport de Newark)

La FAA ralentit le trafic aérien autour de Newark

La FAA a de son côté reconnu qu’elle opérait avec un système de contrôle devenu vétuste. La direction de la FAA, en coordination avec le Secrétaire d’Etat aux transports Sean Duffy, ont donc immédiatement pris plusieurs décisions. La FAA a décidé de ralentir les arrivées et les départs à l’aéroport international de Newark Liberty. Et d’autres mesures d’urgence sont également mises en place pour renforcer la surveillance permanente du contrôle aérien :

– L’ajout de trois nouvelles connexions de télécommunications à large bande entre le système STARS de la FAA, basé à New York, et le centre de contrôle de Philadelphie. Il permettra d’améliorer la vitesse, la fiabilité et la redondance. Parallèlement, la FAA va utiliser une fibre optique actualisée avec une plus grande largeur de bande et une plus grande vitesse.
– Le déploiement d’un système de secours temporaire au centre de Philadelphie.
– La mise en place d’un système STARS directement au centre de contrôle de Philadelphie.
– L’augmentation des effectifs de contrôleurs. La FAA forme actuellement 21 nouveaux contrôleurs qui permettront de doubler les effectifs de Philadelphie.

Dans le cas de saturation de l’espace aérien à Newark, la FAA régulera donc le nombre de vols autorisés. Elle en informera le public sur son site, que peuvent consulter les passagers ayant choisi Newark comme destination. Ces informations en temps réels se trouvent sous www.fly.faa.gov. Il est ainsi recommandé aux voyageurs d’affaires de bien vérifier si leurs vols ne sont pas affectés par les mesures de ralentissement de trafic de la FAA. Car, outre les liaisons quotidiennes de United Airlines nommées plus haut, Newark est également desservie quotidiennement depuis Orly par La Compagnie et French Bee. Tandis qu’Air France assure une liaison par jour depuis CDG. Et Swiss depuis Zurich.