
On s’habitue à tout. Même aux logorhées du président américain Donald Trump envers le reste de la planète. En tout cas de l’avis de certains professionnels du tourisme américain, le lynchage régulier de l’Europe par le locataire de la Maison Blanche n’aurait plus le même impact dévastateur que durant les premiers mois de son second mandat sur l’image des Etats-Unis.
Certes, l’homme agit encore comme un repoussoir pour de nombreux voyageurs. Au premier semestre 2026, le nombre d’arrivées internationales (excluant Canada et Mexique) était en baisse de 7,7%. Et les grands marchés européens font généralement moins bien : -14,3% pour l’Allemagne, -11;5% pour la France, -12,7% pour l’Italie. On mesure par exemple l’impact « Groenland » sur les déplacements des Scandinaves. Les arrivées des Danois aux Etats-Unis ont chuté de plus de 25% au premier semestre selon les statistiques de l’ITA, le département international du commerce.
Néanmoins, il n’a pas fait faiblir les courants d’affaires. « C’est le marché loisirs qui est touché de plein fouet; la demande des milieux d’affaires pour les Etats-Unis est étale« , décrit Philipp Detmer, Directeur Amérique du Nord et Océanie du tour opérateur DERTOUR, numéro 2 en Allemagne.
Une analyse que confirment les compagnies aériennes. Le Paris-New York se remplit toujours mais ce sont surtout des hommes d’affaires français et américains tandis que les cabines loisirs sont à 80% remplies de touristes américains…
Des prix exorbitants sans la qualité attendue
Le seul problème est l’envolée des prix depuis une décennie. « Une ville comme New York a vu les prix de l’hôtellerie grimper de 70%« , décrit Olivier Ponti, Directeur Market Intelligence & Insights chez Amadeus. Si l’on se réfère aux statistiques de Statista, une chambre à New York coûtait en moyenne 194,14 dollars en 2010. L’an passé, le prix moyen fluctuait entre 338 et 445 dollars. Boston a vu les prix de son hôtellerie passés d’une moyenne de 154,62 à 375 dollars. Le prix d’une chambre à Chicago a doublé durant la même période, de 133,93 à 274 dollars…
Comme le décrit Philipp Detmer, tout est devenu extrêmement cher aux Etats-Unis, de la location d’une voiture à un repas. On parle ainsi de petit déjeuner à 40 dollars à New York! « L’Amérique telle que beaucoup d’Européens la rêvent encore avec ses motels bon marché et son buffet à volonté à dix dollars a quasi disparu et est devenue une image d’Epinal« , précise encore le responsable DERTOUR.
Avec de surcroît un autre problème: une qualité de service qui ne suit pas par rapport aux prix des prestations.
« Pour 350 dollars par nuit, on dort généralement dans un deux à trois étoiles dans les grandes métropoles américaines. Contre un quatre, voir un cinq étoiles en Asie. Le voyageur européen a ce même sentiment de ne pas en avoir pour son argent pour pratiquement l’ensemble des prestations qu’il va consommer aux Etats-Unis« , ajoute encore Philipp Detmer.
Sans parler des frais cachés, qui sont aussi une source d’irritation pour les Européens : la fameuse Sales Tax ajoutée au prix; ou encore, les pourboires – au minimum de 15% mais plus généralement autour de 20%/22%.
Tout cela pèse notamment sur un segment du voyage d’affaires: le voyage incentive, devenu désormais inabordable pour les Européens. Le rêve américain existe bien. Il l’est même de plus en plus pour les voyageurs du vieux continent!




















