Euratlantique : Smart Bordeaux

Lancé en 2009, le projet de réhabilitation des abords de la gare Saint-Jean donne naissance à une véritable ville durable. Au cœur même de Bordeaux.

Bordeaux, Place de la Victoire
Bordeaux, Place de la Victoire © Ludovic Maisant

Euratlantique est une opération unique par son envergure en France, puisqu’à terme, elle offrira 2,5 millions de m2 de mixité urbaine, avec des logements et des entreprises en tout genre”, affirme Stephan Delaux, chargé de l’attractivité économique de Bordeaux. Né à la fin des années 2000, le projet se concentre majoritairement autour de la gare Saint-Jean, rénovée en 2017 pour l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse Paris-Bordeaux. Objectif : moderniser la ville en réaménageant près de 740 hectares de friches industrielles et artisanales autour de la gare et faire de Bordeaux une métropole du XXIe siècle.

Prévu pour être finalisé à l’horizon 2030, le quartier se donne peu à peu une âme. “Euratlantique est d’abord un quartier d’affaires, mais sa vocation est mixte. On y trouve de nombreux sièges sociaux mais également des hôtels et des restaurants, des start-up, des espaces de coworking et des logements”, poursuit Stephan Delaux. Plusieurs bâtiments emblématiques sont déjà sortis de terre. Parmi eux, la MÉCA, la maison de l’économie créative et de la culture, qui a été inaugurée cette année.

Conçu par l’architecte danois Bjarke Ingels, ce sublime objet d’art en dentelle blanche posé le long de la Garonne se dédie à la création et aux expérimentations artistiques. D’autres bâtiments, presque toujours des “smart” buildings comme le siège de la Caisse d’Épargne offrent une énergie positive avec des systèmes de récupération des eaux ou de régulation des éclairages. On peut citer aussi la tour Silva, à 80 % en bois, ou la tour Hyperion qui deviendra la plus grande tour en bois du monde, haute de 57 m.

Quant aux remaniements d’anciens lieux marquants de Bordeaux, ils sont notables eux aussi. C’est le cas du centre de tri postal qui a été transformé, en 2016, en Cité numérique. Prochainement, un food court s’installera dans les anciens abattoirs  et un chai se verra rénové par la plus grande société de ventes de vin en ligne, Millésima. Preuve de la vocation mixte du quartier, un centre hospitalier, des auberges de jeunesse et des nœuds de mobilité verront aussi bientôt le jour. Mais Euratlantique reste avant tout un quartier dédié au tertiaire, qui apportera au total 500 000 m² de bureaux neufs à une ville qui, depuis une décennie, crée environ 8 000 emplois par an. Un véritable laboratoire du Bordeaux de demain.