
Après deux années de Covid qui ont failli mener Eurostar à la faillite, Eurostar Group né de la fusion de cette dernière avec sa cousine Thalys a retrouvé la voie de la croissance en 2022. L’exercice affiche un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, soit 2,5 fois plus qu’en 2021, pour un trafic de 14,8 millions de passagers, répartis entre 8,3 millions pour Eurostar et 6,5 millions pour Thalys. Le « revenge travel » a été particulièrement fort, le groupe retrouvant 80% de ses volumes de 2019 en seulement trois mois au sortir de l’impact du variant Omnicron.
Gwendoline Cazenave, PDG d’Eurostar Group, a souligné le désir de voyages de ses clients et le choix du train à grande vitesse, solution de transport moins émettrice en CO2. « Eurostar Group a tourné la page du Covid et s’oriente désormais vers un nouveau chapitre, a-t-elle précisé dans un communiqué. Ces résultats sont encourageants pour devenir l’épine dorsale du voyage durable en Europe ». La prochaine étape, au troisième trimestre, sera celle de la disparition de la marque Thalys au profit d’Eurostar et de son nouveau logo qui feront l’objet d’une importante campagne marketing.
Londres-Amsterdam fait le plein
La plus forte croissance a été enregistrée en 2022 sur la desserte Eurostar Londres-Amsterdam qui bénéficie désormais d’un aller-retour quotidien direct, sans changement de train en gare de Bruxelles-Midi. Le trafic affaires global demeure en revanche à la peine n’ayant retrouvé que 80% des volumes d’avant pandémie. La faute à l’essor de la visioconférence engendré par la crise sanitaire, aux périodes de grèves dans les trois pays desservis mais aussi au Brexit qui a entraîné le retour sur le Vieux contient de milliers de salariés, notamment dans le secteur banque et finance.
Une dette qui repasse sous le milliard d’euros
Le retour à meilleure fortune a permis au groupe ferroviaire d’anticiper le remboursement de sa dette à hauteur de 127M€, celle-ci s’élevant encore à 964M€. Le groupe affirme ainsi avoir les coudées franches pour financer ses futurs projets qui passent par une refonte du parcours client et des canaux de réservation.
La nouvelle marque Eurostar bénéficiera ainsi à l’automne le lancement d’une application, d’un site web et d’un programme de fidélisation uniques. L’harmonisation des offres à bord n’est, elle, pas attendue avant 2024, Eurostar Group conservant à ce jour son objectif de 30 millions de passagers transportés en 2030. Un doublement du trafic à opérer en l’espace de huit ans… « Nous avons encore des marges de progression pour atteindre nos ambitions », a ainsi conclu Gwendoline Cazenave.




















