Franck Benoit, Air Caraïbes : « faciliter les voyages entre la Métropole, les Outre-mer et le reste de la Caraïbe »

Franck Benoit, Responsable des ventes Marché France/Europe d’Air Caraïbes, fait le point sur l'actualité de la compagnie et de sa petite sœur French Bee.
Franck Benoit à l'occasion d'un événement organisé à Kourou (Photo Caroline Paux)
Franck Benoit à l'occasion d'un événement organisé à Kourou (Photo Caroline Paux)

Air Caraïbes fait l’actu en ce mois de décembre en multipliant les ouvertures de lignes…

Franck Benoit – Nous avons en effet relancé le 12 décembre notre desserte de Saint-Martin avec 3 vols hebdomadaires opérés en A330-200 vers l’aéroport Princess Juliana situé dans la partie néerlandaise de l’île caribéenne. Cette ligne sera toutefois saisonnière, proposée jusqu’en mai avant une reprise l’hiver prochain. Elle vient compléter les 8 vols par jour mis en place en haute saison depuis la Guadeloupe à destination de l’aéroport de Grand-Case L’Espérance, côté français. Cela permet de bonnes connexions à Pointe-à-Pitre avec nos vols en provenance de Paris ainsi qu’une entrée ou une sortie sur l’un ou l’autre des deux aéroports sachant qu’un passeport est requis sur celui de Princess Juliana. Depuis le 15 décembre, Air Caraïbes opère ensuite 2 vols hebdomadaires, lundi et vendredi, à destination de la Samana, une ville du nord-est de la République dominicaine qui connaît un développement touristique et où réside une importante communauté française.

Selon Franck Benoit, le prolongement du métro parisien jusqu'à l’aéroport d’Orly a révolutionné la vie des passagers d'Air Caraïbes (DR Air Caraïbes)
Selon Franck Benoit, le prolongement du métro parisien jusqu’à l’aéroport d’Orly a révolutionné la vie des passagers d’Air Caraïbes (DR Air Caraïbes)

La « Rep Dom » est devenue une destination importante pour Air Caraïbes ?

Franck Benoit – Oui, Air Caraïbes est toujours restée présente sur la République dominicaine alors qu’Air France s’était retirée. Outre la Samana, nous opérons en effet un vol quotidien sur Punta Cana ainsi que 2 vols par semaine à destination de la capitale Saint-Domingue. La desserte d’Haïti sur l’autre partie de l’île a en revanche été arrêtée mais nous avons conclu un accord de code share avec Sunrise Airways entre Point-à-Pitre et Cap Haïtien.

Pourquoi avoir multiplié les accords avec d’autres transporteurs ?

Franck Benoit – Ces partenariats permettent d’augmenter notre réseau sans recourir à notre flotte. Outre Sunrise Airways, Air Caraïbes s’est associée depuis septembre à la compagnie Caribbean Airlines afin de proposer des vols et connexions depuis Pointe-à-Pitre et Fort-de-France vers La Barbade, Trinité-et-Tobago et Sainte-Lucie. Outre un meilleur accès aux îles du Sud de la Caraïbe depuis Paris-Orly, l’avantage réside aussi dans un billet unique pour les passagers et un enregistrement de bout en bout de leurs bagages dans un sens comme dans l’autre. Nous disposons également d’accords avec Volotea vers l’Italie et d’autres capitale régionales européennes, Air Corsica à destination de la Corse, ITA Airways sur Paris-Milan et Iberia pour son Paris-Madrid.

Air Caraïbes
DR Air Caraïbes

Quelle est la force de Air Caraïbes aujourd’hui ?

Franck Benoit – Air Caraïbes et sa petite sœur French Bee appartiennent au groupe Dubreuil, un groupe familial vendéen totalement investi dans le développement de son entité aérienne Dubreuil Aéro Services. La force d’Air Caraïbes est de faciliter les voyages entre la Métropole, les Outre-mer et le reste de la Caraïbe grâce à notre réseau régional en connexion depuis l’aéroport de Pointe-à-Pitre. Nous possédons aujourd’hui 16 appareils long-courriers dont six A350-900 ou A350-1000 pour French Bee, notre compagnie à bas coût créée en 2017. Notre flotte récente est l’une des plus économes du marché, ce qui permet 25% en moins de consommation de carburant et autant pour les émissions carbone.

Quelles sont vos principales lignes aujourd’hui ?

Franck Benoit – La Guadeloupe avec le Paris – Pointe-à-Pitre fait la course en tête suivie de la Martinique pour le Paris – Fort-de-France puis de la République dominicaine dans son ensemble. Depuis fin 2022, Air Caraïbes dessert également Cancun au Mexique à raison de 3 à 4 vols par semaine depuis l’aéroport d’Orly. Il ne faut pas oublier Cayenne en Guyane où nous proposons 4 vols par semaine et un quotidien en haute saison. La compagnie y détient 45% de l’offre en sièges face à Air France qui est positionnée au départ de Roissy-CDG. Cette ligne fait l’objet d’un important trafic affaires grâce notamment aux sociétés opérant au centre spatial de Kourou dont les collaborateurs bénéficient de tarifs négociés.

Quelle est la place de French Bee ?

Franck Benoit – French Bee est notre low-cost long courrier. Elle affiche un bon positionnement tarifaire sans être du discount. Aux passagers qui recherchent le meilleur tarif, cette compagnie offre un bon confort à petit prix, avec de 440 sièges en Eco et 40 en Premium Economie. Avec deux liaisons quotidiennes entre Orly et Saint-Denis de la Réunion, nous détenons par exemple plus de 25% de l’offre en sièges sur cet axe, devant Corsair et Air Austral. Sur Papeete, une desserte sur laquelle les prix de l’aérien sont longtemps restés élevés, French Bee a su faire la différence. D’autant que nos 3 liaisons hebdomadaires sont opérées via San Francisco alors que nos concurrents volent via Los Angeles. Ces dernières années, la compagnie a connu un fort développement sur les Etats-Unis, proposant désormais des dessertes d’Orly vers New York, Miami, San Francisco et, en saisonnier, Los Angeles.

Avez-vous des voyageurs d’affaires sur French Bee ?

Franck Benoit – Oui tout à fait. Certaines entreprises, des PME-PMI, mais aussi de grands groupes, des administrations publiques ou des ministères, sont séduits par le bon rapport qualité/prix que nous offrons. Et plus particulièrement en Premium Economie. Ces sociétés ou administrations voient les économies qu’elles peuvent réaliser en volant avec nous vers les USA, la Polynésie, la Réunion…

A quelques jours de la fin 2025 pouvons-nous dresser un bilan de l’année ?

Franck Benoit – 2025 sera un bon cru. Nous avons réalisé un bon été et espérons que l’hiver sera sur une tendance similaire. Les passagers réservent toutefois de plus en plus tard. Lancée en avril 2025, la desserte de Montréal a été un énorme succès. De 5 vols par semaine, le programme est passé en quotidien en juillet-août face à l’engouement. Nous serons à nouveau sur ce rythme à Noël. Nos destinations ont la côte au niveau tourisme auprès de la clientèle loisirs mais aussi des passagers Affaires. A l’exception peut-être des Etats-Unis où nous avons dû stimuler les trafics loisirs cet été avec des tarifs à partir de 200€ l’aller simple sur French Bee. Nous restons toutefois confiants pour 2026 et au-delà avec des évènements comme le Mondial de Football, les 250 ans des USA, les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028…

Avez-vous d’autres projets d’ouverture de lignes ?

Franck Benoit – Air Caraïbes a reçu en décembre 2024 un Airbus A350-1000 bi-classe soit sans classe affaires Madras à l’image des appareils de French Bee. Cet avion vient en renfort de nos différents programmes et nous apporte davantage de capacités. Nous regardons les possibilités avec l’objectif de trouver des lignes à opérer à l’année. Et le désir de dupliquer le succès de French Bee sur Montréal. En attendant, l’heure est à la consolidation en augmentant nos remplissages tout comme nos revenus. Pour faire la différence avec nos concurrents, nous mettons aussi en avant d’autres atouts comme la qualité de notre service à bord avec une touche caribéenne, l’accès au salon à Orly pour notre clientèle voyageant en classe Madras, notre accord Train + Air sur la gare de Massy TGV, une navette assurant la liaison avec l’aéroport d’Orly et la ligne 14 qui place le centre de Paris à 25 mn du terminal 4 de l’aéroport d’Orly. Le prolongement de cette ligne de métro a révolutionné la vie de tous nos passagers.