Interview : Franck Monsauret, Uber for Business, France

Franck Monsauret, Responsable d'Uber for Business en France, précise le calendrier de lancement français des tout nouveaux services Uber Rewards et Uber Eats for Business, lancés ces derniers jours aux Etats-Unis.

Uber
Franck Monsauret, Responsable d'Uber for Business en France

Le programme de fidélité Uber Rewards vient d’être dévoilé aux Etats-Unis : quand pensez-vous pouvoir le lancer en France ?

Franck Monsauret – J’aimerais que ce soit dès demain ! Les Etats-Unis constituent un marché pilote pour le lancement de projets, de nouveaux produits. Nous attendons un déploiement d’Uber Rewards en France en 2019, mais la date n’est pas encore arrêtée. C’est un projet que nous attendons impatiemment, car c’est un produit très apprécié, en particulièrement dans le voyage d’affaires.

Prévoyez-vous une déclinaison Business de ce programme ?

F. M. – Plusieurs aspects du programme intéresseront le segment affaires. Quant à savoir si l’offre sera ajustée pour les clients business, ce point reste à préciser.

Le nouveau système d’abonnement dévoilé récemment par Uber arrivera-t-il lui aussi en France l’an prochain ?

F. M. – Je ne sais pas encore : il s’agit d’un projet pilote, et il va d’abord falloir analyser les premiers résultats pour définir la suite du projet.

Les systèmes d’abonnement ou de fidélisation existent déjà depuis longtemps : pourquoi ces deux nouvelles offres apparaissent-elles aujourd’hui chez Uber ?

Franck Monsauret – Je pense que la nécessité d’un programme de fidélité est apparue avec l’arrivée de notre nouveau CEO, il y a un peu plus d’un an. Effectivement, ces sujets de l’abonnement, des programmes de fidélité, ne sont pas nouveaux en soi : d’autres secteurs l’ont mis en place, d’autres acteurs de la mobilité l’ont intégré. Mais il faut remettre les choses en perspective par rapport à la jeunesse de l’entreprise, qui n’a même pas dix ans.

Uber Rewards
Le programme de fidélité Uber Rewards prévoit quatre statuts : Blue, Gold, Platinum et Diamond

S’agit-il aussi d’un moyen de fidéliser une clientèle qui serait plus volatile, avec un choix toujours plus large d’offres de transports ?

F. M. – Il y a toujours eu des concurrents, et je ne pense pas que la clientèle soit plus volatile aujourd’hui qu’auparavant. Nous avons l’ambition de devenir une plateforme multimodale intégrant différents modes de transports pour aller d’un point A à un point B. Les autres solutions de mobilité sont donc potentiellement concurrentes, mais peuvent aussi constituer des partenaires. D’ailleurs, plusieurs milliers de taxis sont connectés sur la plateforme.

Cette plateforme multimodale se tourne aujourd’hui vers d’autres types de véhicules, comme les trottinettes, les vélos…

F. M. – C’est un projet sur lequel on travaille, effectivement, à l’image des vélos électriques en libre-service proposés via la société Jump. Idem pour les trottinettes électriques : nous avons fait un investissement conséquent dans Lime, 200 millions de dollars, et nous avons aussi lancé nos propres trottinettes sous la marque Jump dans différentes villes des Etats-Unis. Notre objectif est clair : rendre la mobilité plus responsable, en ajoutant des formats propres et adaptés au centre-ville pour décongestionner le trafic. C’est dans la même logique que s’inscrit une offre comme Uber Pool. Les barrières psychologiques ont énormément évolué, et aujourd’hui cela ne paraît plus si étrange de partager un véhicule avec un inconnu, alors que c’était le cas quelques années auparavant. Cela permet de transporter plus d’utilisateurs dans les voitures et de réduire la congestion des centre-villes.

 

Doit-on également attendre un lancement du nouveau service Uber Eats for Business en 2019 ?

F. M. – Oui. La livraison de repas est un énorme marché, sur lequel Uber Eats est leader en France, avec 42 villes couvertes. Les entreprises ayant exprimé un besoin sur ce sujet, nous mettons un produit en place. Uber Eats for Business est en train d’être testé avec des clients américains, et nous espérons pouvoir lancer rapidement en France, dès 2019.

Uber et Uber Eats correspondent à des besoins très différents. Comment s’articulent les deux services ? Serez-vous également en charge de cette offre Eats for Business une fois lancée en France ?

Franck Monsauret – Oui car Uber for Business est un canal de distribution des différents produits Uber à destination des entreprises. Cela concerne bien sûr les solutions de mobilité, qui représentent un enjeu pour les travel managers dans la mesure où les utilisateurs n’attendent généralement pas leur entreprise pour adopter ces solutions, mais aussi la livraison de repas et encore bien d’autres domaines.

Uber Eats
Les voyageurs d’affaires pourront commander leur repas sur Uber Eats sans avoir à avancer des frais.

Doit-on aussi s’attendre à croiser un véhicule autonome Uber à Paris ?

F. M. – Est ce-qu’on la verra à Paris un jour ? La réponse est oui. Quand ? Impossible à dire. Nous investissons énormément sur ce sujet. Il y a tant de choses à tester, à faire avancer… On ne va pas basculer demain vers une généralisation de la voiture autonome : ce sera une évolution naturelle. On a déjà effectué plus de 3 millions de km en voiture autonome aux Etats-Unis, plus de 30 000 personnes ont effectué des trajets à bord de ces véhicules. Après l’incident dramatique qui avait eu lieu aux Etats-Unis, nous avons repris les tests de manière manuelle. C’est un projet à long terme sur lequel nous investissons massivement car nous voulons faire partie de cette révolution. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour s’avancer sur une date de lancement, car cela nécessite encore beaucoup d’évolutions au niveau technologique, puis réglementaire.

D’ici la fin de l’année, nous allons aussi lancer un produit baptisé « Vouchers »

Quelle est votre feuille de route sur le marché français ?

F. M. – La priorité aujourd’hui sur la partie Uber for Business concerne le renforcement de nos effectifs. Nous sommes en train de doubler l’équipe. Il y aussi Uber Eats for Business : nous regardons attentivement ce qu’il se passe aux Etats-Unis, et nous pensons pouvoir travailler assez rapidement sur ce dossier. D’ici la fin de l’année, nous allons aussi lancer un produit baptisé « Vouchers » : des bons Uber qui permettent de répondre à une problématique de l’entreprise, par exemple pour les fêtes de fin d’année. Les entreprises peuvent ainsi s’assurer que leurs employés vont rentrer en sécurité à leur domicile en finançant totalement ou partiellement leur trajet Uber. cela peut aussi fonctionner pour inviter des inviter sur un événement. En parallèle, nous investissons aussi beaucoup de temps dans la mise en place de partenariats. Nous avons déjà des accords avec Concur, Rydoo et Expensya, et nous en avons d’autres dans les cartons. L’objectif est d’être intégré sur l’ensemble des plateformes de notes de frais pour améliorer l’expérience utilisateur et faire gagner un temps considérable aux utilisateurs.

Vous avec noué un accord original à Nice, en lien avec les transports publics. Pourriez-vous récidiver dans d’autres villes françaises ?

Franck Monsauret – Nous aimerions beaucoup. D’une manière générale, nous essayons de construire les meilleures relations possibles avec les municipalités. Nos stratégies sont communes : nous souhaitons rendre la mobilité plus durable et responsable. A Nice, quand les lignes de bus s’arrêtent, nous permettons aux usagers de rentrer chez eux à un prix fixe. Le projet est soutenu par la ville . Aujourd’hui des discussions sont effectivement engagées avec d’autres métropoles, dans cette même logique.