
La vie du voyageur d’affaires n’est pas un long fleuve tranquille. Elle n’est pas, en tous cas, à l’abri de quelques frustrations et autres inquiétudes. La dernière étude publiée début octobre par AirPlus en témoigne. Le spécialiste des solutions de dépenses voyages a interrogé 543 voyageurs d’affaires, dans neuf pays européens : Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse et Royaume-Uni. Verdict : l’option « visio » – ou plutôt son caractère obligatoire – a tendance à frustrer les professionnels nomades. Près de trois voyageurs sur dix (28%) estiment que la politique voyages de leur entreprise préconisant le recours aux réunions virtuelles a un impact négatif sur leurs déplacements. Et 22% des sondés se plaignent de réductions budgétaires. La RSE aurait quant à elle un impact sur les déplacements de 17% des professionnels européens.
Le passage au virtuel, boosté par la crise sanitaire, dégrade pour beaucoup la qualité des échanges, selon AirPlus. En effet, l’étude estime que 88 % des personnes interrogées considèrent que le remplacement des voyages d’affaires par des vidéoconférences présente des inconvénients. En premier lieu bien sûr le manque de contact personnel (61 %), ainsi que les opportunités en termes de networking (33 %). Selon les auteurs de l’étude, l’instauration d’un climat de confiance et de bonnes relations est la priorité d’un professionnel en déplacement (51 %), suivie par les possibilités de négociations (40 %) et les discussions portant sur des sujets strictement confidentiels ou sensibles (39 %).
Notons par ailleurs que ces sujets internes liés aux politiques voyages et aux impératifs budgétaires ou environnementaux ne sont pas les seuls éléments perturbateurs, malheureusement. L’étude AirPlus souligne aussi l’impact de facteurs externes. A commencer par les grèves (mentionnées par 19 % des voyageurs), ainsi que les guerres eu autres conflits géopolitiques dans la zone de destination (16 %).
Vers un exode des jeunes voyageurs d’affaires ?
Si la frustration ainsi pointée par AirPlus peut sembler anodine, d’autres chiffres interpelleront plus d’un employeur. D’après cette étude européenne, un voyageur d’affaires européen sur trois (31 %) changerait d’emploi s’il n’avait soudainement plus la possibilité de voyager ou s’il ne pouvait le faire que très rarement. Le chiffre atteint même 40% pour les générations Y et Z.
Les auteurs de l’étude résument : « Les voyages d’affaires ont une influence positive sur la satisfaction et la fidélisation des employés, ainsi que sur l’attractivité de l’employeur ». La majorité des sondés (57%) considéraient ainsi les déplacements professionnels comme un privilège. Selon les profils de voyageurs, l’attrait de cette mobilité reposerait sur des avantages pratiques, – notamment la possibilité de prolonger un déplacement en séjour bleisure – ou simplement symbolique. En effet l’étude estime que les personnes qui participent à des voyages d’affaires « exclusifs » sont considérées comme privilégiées par plus de la moitié des personnes interrogées (51 %). En outre, « un bon tiers (37 %) s’est senti particulièrement important ou supérieur dans son environnement social à cause d’un voyage d’affaires », et « 37 % des personnes interrogées considèrent que les personnes qui se déplacent fréquemment pour affaires sont particulièrement importantes »…

















