Hainan Airlines, prochaine victime du coronavirus ?

L’effondrement de la demande passagers pour les compagnies aériennes chinoises met en exergue la faiblesse de certains transporteurs. La Chine envisagerait la fusion entre plusieurs compagnies, en particulier Hainan Airlines, au bord de l’asphyxie financière et qui devrait probablement être démantelée.

Hainan-Airlines
Hainan Airlines est fortement touché par la baisse du trafic en Chine.

Chaque jour qui passe fait grossir le nombre de morts d’une contamination au coronavirus en Chine. La prochaine très grande victime pourrait être pourtant… une compagnie aérienne. L’agence Bloomberg a rapporté la semaine dernière que la Chine va monter au créneau pour aider son transport aérien fortement touché par la crise du coronavirus. Le gouvernement devrait exempter les transporteurs aériens de diverses taxes, mais pourrait aussi injecter de l’argent dans ses compagnies aériennes locales. Ces dernières ont perdu plus de 80 % de leur trafic sur les lignes internationales et ont dû parquer leurs avions, retranchant du marché domestique une capacité de transport équivalente à 10,4 millions de passagers.

Mais surtout, des sources internes chinoises confiaient à Bloomberg que le gouvernement travaille aussi à une solution où les trois majeures chinoises – Air China, China Eastern et China Southern – pourraient reprendre et intégrer des transporteurs plus petits. Les discussions au sein du gouvernement se poursuivent et, pour l’instant, ni la Commission d’administration et de supervision des fonds d’Etat, ni les autorités de l’aviation civile CAAC n’ont confirmé ces informations.

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Il semblerait pourtant que le gouvernement chinois se prépare bien à récupérer le capital du groupe HNA, actionnaire de la quatrième compagnie aérienne du pays Hainan Airlines. Hainan est de fait la première compagnie privée chinoise, ayant acheminé l’an dernier plus de 80 millions de passagers. Sa flotte est composée de 233 avions qui relient 110 destinations dans le monde. Le transporteur dessert en Europe une douzaine de villes, dont Paris CDG et Bruxelles en Europe francophone. Au départ de Paris, Hainan assure des vols sur quatre villes –Chongqing, Guiyang, Shenzhen et Xian. De Bruxelles, le transporteur dessert Pékin et Shenzhen.

Si le gouvernement confirme la reprise de HNA, il devrait ensuite démanteler les actifs de la compagnie aérienne en cédant avions et droits de trafic aux trois géants de l’aérien que sont Air China, China Eastern et China Southern. Il pourrait aussi précipiter la mise en liquidation de Hong Kong Airlines, filiale de HNA, elle aussi dans la tourmente. Hong Kong Airlines a réduit son service à bord et au sol, en supprimant prestations de vol, les couvertures ou encore en n’exploitant qu’un seul salon premium à Hong Kong. Elle a aussi licencié 400 employés la semaine dernière. Le début de la fin probablement…