Groupes hôteliers : entre fermetures, réduction des coûts et générosité

Comme d'autres groupes mondiaux, Accor a mis en place des mesures drastiques pour faire face à la crise, tout en mettant en place un fonds de soutien pour ses salariés, alimenté par une partie des dividendes initialement prévus.

Pullman-Paris-Bercy
Pullman Paris Bercy (c) Fabrice Rambert.

A crise inédite, situation exceptionnelle : les deux tiers des hôtels Accor seront fermés dans les semaines à venir. Déjà, alors qu’une bonne part de l’humanité se trouve confinée, près de la moitié des quelque 5000 établissements que compte le groupe français dans le monde ont portes closes.  La crise actuelle a imposé d’autres mesures pour atténuer son impact sur les finances du groupe, parmi lesquelles la mise en chômage partiel ou technique des trois quarts des salariés des sièges dans le monde, en plus du gel des embauches d’une interdiction de voyager. Le tout pour une réduction des coûts de 60 millions d’euros, tandis que les dépenses seront réduites d’autant pour l’exercice 2020. Et ce, même si Accor explique s’appuyer sur un bilan qui reste fort, avec plus de 2,5 milliards d’euros de liquidités disponibles, et une ligne de crédit revolving non tirée de 1,2 milliard d’euros.

Autre décision phare du conseil d’administration de Accor, le non paiement du dividende prévu au titre de l’exercice 2019, soit 280 millions d’euros. En parallèle, 25% du dividende prévu, soit 70 millions d’euros, sera consacré au lancement du « Fonds ALL Heartist ». Ce fonds est destiné à prendre en charge les frais d’hospitalisation liés au Covid-19 des collaborateurs ne bénéficiant pas d’une couverture sociale, à assister les collaborateurs en grande difficulté financière ainsi qu’aux initiatives solidaires en soutien des personnels soignants et des organisations caritatives en première ligne face à la crise. D’autre part, le PDG du groupe, Sébastien Bazin, renonce à 25% de sa rémunération pendant la durée de la crise, le montant équivalent étant également apporté au fonds.  «Nous avons souhaité par un geste fort exprimer notre solidarité et notre gratitude à l’égard de tous ceux qui dans cette crise font preuve de beaucoup de courage et d’abnégation. Je tiens au nom du Conseil d’Administration à remercier les principaux actionnaires du Groupe sans lesquels la création du « Fonds ALL Heartist » n’aurait pas été possible », a déclaré Sébastien Bazin.

D’autres grands groupes hôteliers se sont engagés dans la même voie. Hyatt, qui voit une bonne part de ses effectifs être temporairement mis à pied jusqu’au 31 mai, a pris des mesures pour financer la couverture des avantages sociaux pour une période allant jusqu’à deux mois. En parallèle, le groupe américain est en train de créer un fonds de soutien baptisé Hyatt Care, qui sera alimenté à titre de contribution initiale par les réductions de salaire de son équipe dirigeante. Le PDG Mark Hoplamazian et le président du conseil d’administration Tom Pritzker renoncent à 100 % de leur salaire, et l’équipe de direction de Hyatt subira une réduction de 50 % de son salaire jusqu’à la fin mai.

Du côté de Hilton, un fonds d’assistance va aider les salariés du groupe ou les membres de leur famille touchés par le virus. Elimination des dépenses non essentielles, suspension des rachats d’actions et du paiement des dividendes  autres que ceux déclarés précédemment, renonciation à son salaire pour le reste de l’année 2020 de la part de son PDG, Christopher Nassetta : l’hôtellerie oscille entre réductions des coûts et élans de générosité.