Hyatt Centric : nouveau cœur du tourisme d’affaires à Reims

Le Hyatt Centric Reims s’impose comme un des plus grands hôtels d’affaires de la ville : découverte de ce nouvel établissement au cœur d’une destination en pleine effervescence. Champagne oblige.
Chambre du Hyatt Centric Reims (c) Erwan Fiquet
Chambre du Hyatt Centric Reims (c) Erwan Fiquet

La voie des rois. Pour faire son entrée en France, la marque Hyatt Centric s’est placée dans le sillon de Louis le Pieux à Charles X, en passant par François Ier et Louis XIV : en venant se faire sacrer à Reims. Incarnation d’une hôtellerie contemporaine haut de gamme et décontractée, l’enseigne du groupe américain s’est pour ce faire installée à quelques minutes à pied du centre-ville comme du centre de congrès, dans les murs de ce qui fut longtemps le Mercure Centre Cathédrale. Métamorphosé après un an et demi de travaux, l’établissement a ainsi retrouvé sa place dans l’offre de la métropole champenoise, celle d’un des principaux hôtels d’affaires de la ville.

Avec neuf salles dédiées aux réunions et événements en plus de 155 chambres – lorsque les suites du cinquième étage seront terminées fin avril –, le Hyatt Centric Reims s’impose comme un des points de chute privilégiés pour les rencontres corporate. En effet, seul l’Hôtel de la Paix – un Best Western Premier – peut rivaliser avec lui avec ses 163 clés et un espace séminaires de neuf salles également. Mais, tandis que l’offre de ce dernier repose avant tout sur un amphithéâtre de 200 places, le Hyatt Centric joue sur la modularité avec un espace composé de trois salles de 80 à 90 m² en enfilade qui peuvent fonctionner indépendamment, en couple ou être réunies en une seule pour rassembler 200 personnes.

« C’est la force de cet hôtel et la raison pour laquelle il attire des groupes de taille importante, que ce soit une clientèle parisienne ou des événements d’ampleur internationale générés par les entreprises locales portées sur l’étranger, notamment du secteur agroalimentaire ou dans le champagne », explique Marie Kerkevan, directrice commerciale et marketing de l’hôtel. Présentation en salle plénière le matin, réflexions en aparté l’après-midi : cet espace MICE flexible, accompagné d’un foyer pour les moments de pause, peut s’adapter aux différents besoins dans une même journée. Avec, comme autre atout, celui d’être situé au rez-de-chaussée de l’hôtel, soit un étage en dessous de la réception, offrant une zone d’accueil entièrement dédiée aux événements.

A l’étage, pour compléter, l’hôtel dispose de quatre autres salles pour des sous-commissions, des comités de direction ou des réunions créatives. Récemment, deux salles, combinables, de 45 m² sont venues s’ajouter à l’arrière de la salle de restaurant afin d’accueillir les participants pour des repas dans une ambiance cosy. Tout en pouvant servir de lieux de réunions le cas échéant…

Entièrement repensé par une architecte d’intérieur habituée à l’univers du luxe, Caroline Devoluet, autour de touches évoquant la région – le champagne, les crayères, le raisin… –, ce nouvel hôtel rémois réserve des attentions à ses clients affaires et loisirs avec une kyrielle de bonbons et de sirops pour leur souhaiter la bienvenue, des peignoirs et chaussons dans toutes les chambres ou encore une salle de fitness et un sauna pour maintenir la forme. Quant à la restauration, commune aux résidents comme aux événements, elle met en musique une cuisine traditionnelle française mettant en avant les produits du terroir.

De la VF à la VO

Avec l’arrivée de Hyatt à Reims, se conjuguent les ambitions d’expansion du groupe dans les métropoles secondaires françaises aux désirs d’internationalisation de l’hôtellerie rémoise. Car, les Britanniques comme les Américains étant les clients principaux des maisons de champagne, les marques qui chuchotent à l’oreille de ces voyageurs ont été aimantées par la métropole champenoise. Avec, comme point de départ, l’ouverture en 2019, face à la cathédrale, de la Caserne Chanzy, affilié à l’Autograph Collection de Marriott.

A la suite de cette ancienne caserne de pompiers de style Art déco transformée en hôtel cinq étoiles, d’autres enseignes ont suivi le mouvement comme l’Holiday Inn Express & Suites Reims Rives de Vesle ouvert récemment ou un Four Points by Sheraton à venir au printemps juste en face du Hyatt Centric, fruit de la reconversion en cours d’un ancien Campanile. Parmi ceux-ci également, un « petit cousin » du Hyatt Centric, le Radisson. Non parce qu’il fait partie du même groupe hôtelier, mais parce qu’il appartient au même propriétaire, l’opérateur Alboran.

Radisson Hotel Reims
Radisson Hotel Reims

Ouvert dans le cadre de la réhabilitation urbaine de l’ancienne friche ferroviaire Sernam Boulingrin, le Radisson partage d’ailleurs sa direction avec le Hyatt Centric, Stéphanie Gagnoux étant à la tête des deux établissements comme, d’ailleurs, du Club Hôtelier de Reims et Épernay. « Ces marques internationales vont aider la destination à accroître la partie de la clientèle étrangère. On voit dans les chiffres une augmentation permanente, souligne Stéphanie Gagnoux. La destination profite aujourd’hui d’un parc d’hôtels très récents ou complètement rénovés ».

En ajoutant un hôtel Greet et un futur hôtel Tribe du côté du groupe Accor, près de 500 nouvelles chambres seront venues étoffer l’offre de la ville en quelques années. Un développement qui n’inquiète pas les professionnels, mais au contraire ouvre le champ des possibles, notamment pour le tourisme d’affaires alors que la capacité du centre des congrès est de 800 personnes. « Nous avons aujourd’hui un bureau des congrès qui est extrêmement dynamique et travaille à faire des congrès à Reims, toute la profession étant mobilisée pour héberger les participants, explique Stéphanie Gagnoux. Nous travaillons tous main dans la main pour faire en sorte que les clients choisissent cette belle destination. »

Une ville en mouvement

Par-delà la montée en gamme de l’offre hôtelière, c’est une dynamique d’ensemble qui soutient la montée en puissance touristique de Reims. « Une ville en mouvement », comme la décrivait l’an dernier le maire de Reims, Arnaud Robinet, lors d’une conférence de presse. Au point d’être vue par le dernier classement du Figaro comme la troisième ville de France offrant les meilleures conditions pour créer une entreprise. « Entre le Reims d’il y a vingt ans et celui d’aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même ville », décrit de son côté Arnaud Valary. Le directeur du Domaine des Crayères, une des institutions rémoises avec son restaurant deux étoiles, une brasserie chic et le premier hôtel conçu par Pierre-Yves Rochon, a une explication à cela : « L’arrivée du TGV a tout changé ».

En effet, depuis 2007, Reims n’est plus qu’à 45 minutes de train de Paris, l’aéroport de CDG bénéficiant également d’une connexion directe en encore moins de temps, et cela trois fois par jour. Une proximité qui fait de la destination un point de chute facile d’accès pour les entreprises parisiennes voire internationales, que ce soit pour des séminaires ou des conventions. En parallèle, la ville met tout en œuvre pour convaincre les voyageurs de ne pas faire des allers-retours à la journée depuis Paris et leur donner envie de rester. Dans ce cadre, la montée en gamme de l’hôtellerie n’est qu’une partie de cette stratégie. L’offre culturelle est aussi en plein renouveau.

L’an prochain, Reims s’enrichira d’un nouveau musée, le Musée des Sacres, situé juste à côté de la cathédrale, au sein de l’ancienne résidence des archevêques, le Palais du Tau. De son côté, fermé depuis 2019 et en plein travaux actuellement, le musée des beaux-arts devrait lui aussi rouvrir à cet horizon avec une surface d’exposition triplée, le nombre d’œuvres offertes au regard du public passant de 380 à 1280.

Le Domaine des Crayères.
Le Domaine des Crayères.

A tout seigneur tout honneur, les maisons de champagne, elles qui ont fait la célébrité mondiale de la région, participent aussi à ce mouvement. Lanson, Ruinart, Taittinger, Thiénot : tous ces grands noms ont repensé leurs caves historiques à la sortie de la pandémie avec de nouveaux parcours de visite, en libre accès pour certains, de même que des bars et boutiques ouvertes au public. Quand ce n’est pas un restaurant comme chez Taittinger ou un hôtel haut de gamme de 12 chambre en cours de finition dans le lieu vitrine de la maison Thiénot.

Le tourisme d’affaires à l’unisson

Pistes cyclables, jardins : la ville s’embellit également avec la transformation des abords du canal de l’Aisne à la Marne, situé juste en face de l’hôtel Hyatt Centric. Pour une prolongation du centre de Reims qui offrira au printemps un nouvel espace de vie aux habitants. Le tout complété l’an prochain par une passerelle qui facilitera l’accès au stade Auguste Delaune, sur l’autre rive.

Le tourisme d’affaires ne pouvait, dès lors, rester en retrait de cette évolution. GL Events, gestionnaire des grands lieux événementiels de la métropole depuis 2019 à travers sa filiale Reims Events, a ajouté à son offre en 2022 une nouvelle aréna pouvant accueillir 9000 personnes, voisine de l’hôtel Radisson et proche de la gare. En parallèle, le parc des expositions a aussi été rénové. Et pour orchestrer le tout, Reims Tourisme & Congrès s’est doté début 2024 d’un convention bureau, en charge de conseiller et orienter les organisateurs tout en faisant la promotion de la destination sur le marché MICE. « Avant, le tourisme d’affaires ne pensait pas toujours à Reims, remarque Nathalie Mortier, en charge de ce convention bureau. Maintenant, Reims fait partie du choix de destinations ». Et sans doute plus encore à l’avenir.