Hydrogène : de nouveaux développements attendus, notamment à Lyon

Airbus, Air Liquide et Vinci Airports viennent d'annoncer un partenariat pour développer l'usage de l'hydrogène dans les aéroports autour d'un hub pilote, celui de Lyon- Saint Exupéry. Un nouvel exemple de l'accélération de cette technologie dans l'aérien et le ferroviaire.
Lyon-Saint Exupéry sera l’aéroport pilote de la collaboration entre Airbus, Air Liquide et Vinci Airports pour le déploiement des infrastructures nécessaires aux avions à hydrogène. (c) Vinci Airports
Lyon-Saint Exupéry sera l’aéroport pilote de la collaboration entre Airbus, Air Liquide et Vinci Airports pour le déploiement des infrastructures nécessaires aux avions à hydrogène. (c) Vinci Airports

Dans la course à la décarbonation du transport aérien, l’hydrogène semble prendre une longueur d’avance sur les autres solutions envisagées, notamment l’avion électrique. La mise en place des conditions industrielles nécessaires au déploiement de ces avions attendus à l’horizon 2035 s’accélère. Airbus, Air Liquide et Vinci Airports viennent d’en donner un nouvel exemple.

Production, stockage, fourniture d’hydrogène : ces acteurs majeurs de l’aviation, de l’hydrogène et de l’industrie aéroportuaire, vont faire du hub de Lyon-Saint Exupéry leur aéroport pilote pour cette nouvelle technologie. Dès 2023, Lyon-Saint Exupéry accueillera les premières installations avec une station de distribution d’hydrogène gazeux, destinée à alimenter les véhicules terrestres circulant sur l’aéroport.

Dans un deuxième temps, entre 2023 et 2030, le principal hub français de Vinci accueillera de nouvelles infrastructures d’hydrogène liquide qui permettront de remplir les réservoirs des futurs aéronefs. Enfin, au-delà de 2030, les installations passeront au stade de la production et de la distribution massive. A cet horizon 2030 également, les trois partenaires étudieront la possibilité d’équiper le réseau aéroportuaire européen de Vinci Airports pour se préparer à l’accueil de ces futurs avions.

C’est aujourd’hui que se préparent les infrastructures de demain. Et cet exemple de l’aéroport de Lyon n’est pas le seul. En prévision de cette évolution, Airbus – déjà -, mais aussi ADP et Air France-KLM s’étaient alliés en début d’année à la région Ile-de-France et son agence de promotion internationale Choose Paris Region pour lancer un appel à manifestation d’intérêt mondial afin de développer la filière hydrogène dans les aéroports.

Les 11 lauréats de ce concours baptisé “H2 Hub Airport” ont été dévoilés en mai dernier. « La réussite de cet appel à manifestation d’intérêt témoigne de l’intérêt grandissant pour les technologies liées à l’hydrogène, avait commenté à cette occasion Augustin de Romanet, PDG du Groupe ADP à cette occasion. Nous posons les bases d’un écosystème rendant possible l’intégration progressive de ce vecteur énergique propre et durable sur les aéroports parisiens, pour les transformer à terme en véritables hubs hydrogène. »

Parmi ces lauréats, on trouve notamment des acteurs spécialisés dans la production, le stockage et la distribution de l’hydrogène tels les Français Air Liquide Advanced Technologies, Ecodrome et Geostock, mais aussi la start-up californienne Universal Hydrogen. Fondée par l’ancien directeur technologique d’Airbus, Paul Eremenko, cette jeune société vient d’annoncer le 20 septembre son installation prochaine dans la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac.

Courant 2022, son centre de développement toulousain, le deuxième dans le monde après celui installé à Los Angeles, commencera à développer des kits de conversion permettant de réaménager des avions régionaux avec une motorisation à pile à combustible à hydrogène, solution qui ne nécessite pas de lourdes infrastructures de production. L’ambition de la start-up californienne : alimenter des avions à hélices, tels les ATR d’Airbus, en hydrogène, et ce dès 2025. Plusieurs compagnies – Icelandair, Ravn Alaska et Air Nostrum – ont déjà signé avec Universal Hydrogen des lettres d’intention en vue de convertir une partie de leurs flottes actuelles et futures à l’hydrogène.

Si l’aérien se prépare activement, l’horizon se rapproche encore plus proche dans le monde ferroviaire. Début septembre, le train Coradia iLint d’Alstom, premier au monde à être alimenté grâce à l’hydrogène, a circulé pour la première fois en France, sur les voies du Centre d’Essais Ferroviaires à Valenciennes. Les douze rames commandées par quatre régions françaises – Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche Comté, Grand Est et Occitanie – devraient entrer en service autour de 2025. Ce train, qu’Alstom a commencé à envisager dès 2013, a aussi été expérimenté avec succès en Autriche, aux Pays-Bas, en Suède et, plus que tout, en Allemagne où son lancement est prévu en 2022.

Première circulation du train Coradia iLint Hydrogène en France. (c) Samuel Dhote.
Première circulation du train Coradia iLint Hydrogène en France. (c) Samuel Dhote.