Congrès : Vienne reprend la tête d’un classement ICCA chamboulé

Vienne redevient le leader du classement des villes de congrès ICCA, loin devant Paris et Berlin, largement pénalisés par la pandémie. Reléguées au fond du top 10, les capitales française et allemande ont connu une activité congrès nettement inférieure, en 2021, à Lisbonne, Athènes ou Barcelone.
Parmi les atouts de Vienne, première au classement ICCA, Messe Wien, un centre de congrès et d'expositions qui a fêté ses 100 ans en 2021. (c) Martin Stickler
Parmi les atouts de Vienne, première au classement ICCA, Messe Wien, un centre de congrès et d'expositions qui a fêté ses 100 ans en 2021. (c) Martin Stickler

Une année aussi troublée que 2021 ne pouvait aboutir qu’à un classement ICCA chamboulé. L’Association internationale des congrès et des conventions vient de publier son palmarès de référence, montrant de profonds changements parmi les grandes destinations MICE. Dans le trio de tête, plus de Paris, habituée à l’une ou l’autre des deux premières places depuis 2010, ni de Berlin, première en 2015. Seule Vienne a su tenir son rang contre vents et marées, retrouvant ainsi la première place du podium qu’elle a souvent occupée avant que Paris ne se mette à la devancer ces dernières années. « Aussi difficiles que ces dernières années aient été, Vienne reste l’une des principales destinations de réunion au monde. La première place dans le rapport ICCA 2021 le prouve une fois de plus« , s’est réjoui Christian Woronka, responsable du Vienna Convention Bureau.

Si les destinations habituées du top 10 y figurent toujours – Barcelone (4e), Singapour (5e), Madrid (6e), Prague (7e), Bruxelles (10e) -, Paris (8e) et Berlin (9e) ont largement reculé dans ce palmarès. Car, derrière Vienne, Lisbonne et Athènes se sont classées respectivement deuxième et troisième villes au monde pour l’accueil de grands congrès internationaux. Déjà deuxième en 2019, la capitale portugaise semble s’installer durablement parmi les principales destinations mondiales. En 2021, Lisbonne a su tenir son rang grâce à un grand nombre d’événements planifiés et qui n’ont pas été annulés ou reportés, mais aussi par le passage en virtuel ou hybride de certains autres.

Le classement ICCA montre un basculement en hybride ou virtuel

Si l’iCCA n’avait pas publié de classement pour l’année 2020 dont l’activité a été au trois quarts amputée par la pandémie, son nouveau palmarès annuel porte sur l’analyse de 8 000 grands congrès internationaux prévus en 2021, mettant en évidence le basculement en virtuel d’un grand nombre d’événements. Ainsi, à Vienne, 92 congrès ont été organisés sur les 113 congrès prévus, dont 9 sur site, 61 en format virtuel et 22 en mode hybride. Presque au niveau de la capitale autrichienne avec 91 congrès organisés, Lisbonne a vu 7 congrès se dérouler normalement, tandis que 59 ont basculé en virtuel et 25 dans un format hybrides. A titre de comparaison, Paris a accueilli 50 événements en 2021 sur les 84 prévus, dont 7 en présentiel, 31 en virtuel et 12 en hybride.

Après une année 2020 catastrophique pour les destinations congrès, l’analyse de l’ICCA montre que ces moyens technologiques ont permis aux centres de congrès de poursuivre tant bien que mal leur activité. La part de marché des réunions virtuelles et hybrides a ainsi doublé en seulement un an. En parallèle, levée des restrictions et reprise des voyages aidant en deuxième partie d’année, l’annulation des événements a chuté de 61 % en 2020 à 31 % en 2021. C’est au Moyen-Orient que la poursuite des activités s’est révélée la plus élevée (77 %), suivi de l’Amérique latine (72 %), en nette progression par rapport à 2020, et de l’Asie (71 %), contre 68% pour l’Europe et 52 % en Océanie.

Pour autant, alors que l’industrie avait enregistré un revenu global de plus de 10 milliards de dollars en 2019, pour 13 252 congrès, l’ICCA estime les revenus du secteur à un peu plus de 2,3 milliards en 2021, entre événements annulés, reportés et l’impact de la pandémie sur le nombre de visiteurs.

Néanmoins, Senthil Gopinath, le PDG de l’ICCA, se montre optimiste pour l’avenir : « Après une année 2020 tumultueuse, 2021 peut être qualifiée d‘année de consolidation d’une part et de reprise progressive de l’autre. Bien que nous n’ayons pas encore retrouvé les chiffres d’avant la pandémie, nous avons gagné beaucoup de terrain sur la voie d’une reprise complète. » « De plus, nous avons transformé l’industrie des réunions au cours de ce processus« , a-t-il aussi souligné.

Top 25 mondial du Destination Performance Index de l’ICCA

Rang Ville Nombre d’événements Evenements virtuels ou hybrides
1 Vienne 92 83
2 Lisbonne 91 84
3 Athènes 66 56
4 Barcelone 63 54
4 Singapour 75 72
6 Madrid 62 51
7 Prague 61 58
8 Paris 50 43
9 Berlin 53 47
10 Bruxelles 52 36
11 Amsterdam 47 43
12 Budapest 46 36
13 Seoul 64 63
14 Copenhague 45 32
15 Londres 49 47
16 Porto 44 35
16 Rome 40 36
16 Stockholm 40 36
19 Montreal 53 52
20 Taipei 44 43
21 Dubai 40 23
22 Helsinki 50 49
23 Lyon-St. Etienne 30 26
24 Aarhus 30 25
24 Varsovie 29 27

(source : ICCA)

Top 10 France du Destination Performance Index de l’ICCA

Rang Ville Nombre d’événements Evénements virtuels ou hybrides
1 Paris 50 43
2 Lyon-St. Etienne 30 26
3 Marseille-Aix 14 11
4 Nice 14 12
5 Lille 12 11
6 Nantes 10 7
7 Toulouse 11 11
8 Bordeaux 7 7
9 Montpellier 6 5
10 Caen 5 4

(source : ICCA)