Portugal : le Douro, rive droite, rive gauche

Un fleuve, le Douro ; un pays, le Portugal ; une vallée classée à l’UNESCO et un divin breuvage présent sur les meilleures tables du monde. En prime, une croisière et un périple œno-touristique qui n’excluent ni le culturel, ni le gastronomique.

Reportage Serge Barret. Photos Alain Parinet.

L’après-midi s’achève, et la torpeur qui baigne la vallée du haut Douro, au nord-est du Portugal, s’estompe un tout petit peu. Du coup, sans trop se presser, point trop n’en faut, la vie reprend dans le gros village de Pinhao, assoupi sur la rive droite du fleuve. Y compris pour ce groupe de tourisme d’affaires qui, à l’heure de l’apéritif, participe à une dégustation de vins – pas uniquement de Porto, mais aussi des crus, rouges et blancs, de la région – sous la pergola du Vintage House Hotel dominant les eaux vertes du grand fleuve.

C’est la première, mais il y en aura beaucoup d’autres, de dégustations. Car Pinhao est le point de départ d’innombrables excursions tant terrestres que fluviales, et demain ils embarquent sur le Douro Serenity, un bateau de croisière qui se propose de remonter le fleuve jusqu’à la frontière espagnole. Avec force bouteilles débouchées, animations, gastronomie portugaise, soirée fado et excursions culturelles… Exactement comme ce qui se pratique sur les traditionnelles croisières maritimes. À la différence près que, dans ce cas, depuis le bateau, on peut presque toucher le paysage.

Mais avant cela, le programme a prévu une courte visite de Pinhao pour un premier contact avec l’univers d’un Portugal plus ou moins arrêté dans le temps. Trottoirs pavés, maisons blanches et basses, fenêtres à guillotine et petits carreaux, et surtout, omniprésence d’azulejos, ces carreaux de faïence peints le plus souvent dans une déclinaison de bleus et qui sont l’une des signatures du pays. En l’occurrence, à Pinhao, ce sont eux qui déplacent les foules. Ils sont superbes, tapissent les murs extérieurs de la petite gare jusque sur son quai, et racontent en 24 tableaux les ancestrales tribulations du vin de Porto. Et ce, depuis la culture de la vigne à flanc de coteaux jusqu’à l’arrivée des fûts dans la capitale du nord du Portugal, 200 km plus bas.

Entre collines couvertes de vignes et rochers acérés, les croisières sillonnent le Douro sur un rythme doux.
Entre collines couvertes de vignes et rochers acérés, les croisières sillonnent le Douro sur un rythme doux.

Mignonne, charmante, délicieusement désuète, ce sont les mots qui conviennent pour décrire le minuscule bâtiment qui n’aurait sans doute pas déparé une planche de bande dessinée. Il y a trois tonneaux en décoration, une vieille horloge à balancier et deux ou trois bancs en bois patiné dans un hall d’une blancheur immaculée. Un bijou vintage que dirige, à coups de sifflet, un chef de gare parfaitement décontracté. Cette gare et quelques maisons de vin constituent l’essentiel des richesses patrimoniales de la bourgade.

Pour le reste, c’est l’ambiance légère d’un village portugais qu’il convient d’apprécier : l’ambiance et le paysage ; tous ces coteaux qu’escalade la vigne de l’autre côté du fleuve ; les bateaux de croisière et quelques reproductions très librement réinterprétées de barcos rabelos, barques à fond plat et voiles carrées qui transportaient autrefois le vin jusqu’aux caves de Porto. Aujourd’hui exclusivement destinées à promener les touristes le temps d’une croisière d’une heure ou deux, elles peuvent être privatisées jusqu’à une cinquantaine de personnes.

Tôt le matin, embarquement sur le Douro Serenity, un bâtiment marron glacé de 80 m lancé en 2017. But de la croisière : une remontée du fleuve le temps d’une journée de navigation jusqu’à Barca de Alva, village à cheval sur la frontière portugo-espagnole. à bord, les baies vitrées remplacent avantageusement les flancs du navire, tandis que le sun deck couvrant entièrement le dernier étage accueille – il y a de la place – une piscine et une cafeteria en plus d’une armada de transats. Les trois autres ponts sont, pour leur part, réservés aux salon et bar, au restaurant, à une minuscule salle de fitness et surtout 63 très confortables cabines ouvertes sur l’extérieur. Un hôtel flottant cinq étoiles qui remonte et descend l’une des plus belles vallées du monde, classée de ce fait au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001.

Vignes en terrasse, vendanges, transport du vin sur le fleuve, paysages et costumes typiques : la gare de Pinhao est couverte de 24 panneaux d’azulejos qui racontent, à la façon des cartes postales d’antan, le quotidien de la vallée du Douro. Un rude labeur donnant naissance à un vin reconnu dans le monde entier.
Vignes en terrasse, vendanges, transport du vin sur le fleuve, paysages et costumes typiques : la gare de Pinhao est couverte de 24 panneaux d’azulejos qui racontent, à la façon des cartes postales d’antan, le quotidien de la vallée du Douro. Un rude labeur donnant naissance à un vin reconnu dans le monde entier.
Portées par le courant du Douro, les barcos rabelos ont servi pendant des siècles à convoyer les fûts de vin jusqu’à Porto. Dans les années 60, de nouvelles routes et l’utilisation de la force du fleuve pour produire de l’électricité ont fait que ces barques traditionnelles à fond plat se sont progressivement reconverties dans le tourisme.
Portées par le courant du Douro, les barcos rabelos ont servi pendant des siècles à convoyer les fûts de vin jusqu’à Porto. Dans les années 60, de nouvelles routes et l’utilisation de la force du fleuve pour produire de l’électricité ont fait que ces barques traditionnelles à fond plat se sont progressivement reconverties dans le tourisme.

Le calme est royal

Le moteur zonzonne gentiment, le navire glisse sans le moindre roulis sur les eaux vertes du fleuve et les aigles pêcheurs surveillent depuis leurs nids tissés au ras de l’eau des poissons qui, inconsciemment, batifolent et font des ronds. Le calme est royal. La vallée, avec ses terrasses étagées taillées dans le schiste, est tout simplement sublime. On dirait que les hommes, année après année, siècle après siècle, se sont amusés à la strier de courbes de niveau pour mieux en souligner le dénivelé. La vigne est partout, tout juste ponctuée de quintas blanches, nobles maisons abritant les chais où l’on pressera le raisin à la fin de l’été. En attendant, les travaux vont bon train. Jamais vraiment terminés, jamais vraiment parfaits, les tâches succédant aux tâches au fil des saisons. Alors on soigne, on pioche, on taille, on attache et on effeuille jusqu’à la vendange, récompense de tant d’efforts qu’on ne manque pas de fêter en chansons. Comme il se doit.

La vigne et ses cycles font l’objet de conférences à bord. Entre autres, car on ne s’ennuie jamais lors de cette croisière fluviale. D’abord en contemplant un paysage toujours différent, frôlant tantôt des rochers écroulés sur les rives du fleuve, tantôt longeant de larges champs de coquelicots et des plantations d’amandiers, passant ailleurs devant un village endormi. Ensuite, il y a des dégustations… Celles organisées dans les chais des quintas éparpillées dans les collines, mais aussi celles proposées à bord et remarquablement conduites par une œnologue. Puis il y aussi les soirées fado pleines de nostalgie, ainsi que nombre d’excursions culturelles organisées sur des sites pas trop éloignés.

Sur ce dernier plan, on sera largement servi, la région est richissime en matière d’histoire et de patrimoine. Et c’est ce qu’on découvrira en choisissant de poursuivre le voyage vers Porto en bus, par un chemin des écoliers de 200 km environ. Jusqu’à loin dans les terres, les vignes succèdent aux vignes, les collines aux collines, la route en lacets traversant des villages minuscules avant de s’enfoncer, décidée, dans l’histoire du Portugal. Marialva, par exemple. Une trentaine d’habitants, un hôtel atypique de grand luxe, la Casa do Côro, investi façon hippie-chic – très chic même – dans une douzaine d’anciennes maisons dominant les toits gris du vieux village.

Ce sont les restes d’un village fortifié dont les premières pierres furent posées aux IVe et Ve siècles, puis réédifiées au temps de la reconquête chrétienne sur le monde arabe, aux XIIe et XIIIe siècles. Le site fait l’objet d’une visite guidée passionnante, récit de vies vécues là. Depuis les grandes foires du Moyen-Âge jusqu’au sinistre pilori du XVIe, de la croix du XVe au tribunal et prison du XIXe, de la citerne antique à l’école du XXe, tout est là, inscrit dans la pierre, pas vraiment intact, mais c’est précisément ce qui en fait le charme. Avec, en toile de fond, une vue à 360° sur la plaine tremblante, ses vignobles, ses oliveraies et ses champs d’amandiers qu’éventuellement, on sillonnera grâce à des véhicules tout-terrain fournis par l’hôtel ; voire à bicyclette pour les plus courageux.

Les murs de Marialva racontent l’histoire du Portugal. Peuplé par les premiers Lusitaniens, ce village médiéval a été conquis par les Romains, puis par les Maures, avant que la Reconquête ne le ramène dans le giron portugais.
Les murs de Marialva racontent l’histoire du Portugal. Peuplé par les premiers Lusitaniens, ce village médiéval a été conquis par les Romains, puis par les Maures, avant que la Reconquête ne le ramène dans le giron portugais.
  • Le pilori de Porto ou pelourinho. Autrefois les criminels y étaient attachés, humiliés et fouettés, quelquefois jusqu’à ce que mort s’en suive
  • Autre trace du Moyen-Âge, le pont gothique d’Ucanha.

30 000 ans en arrière

Pour une remontée plus radicale dans le temps, une immersion aux origines de l’humanité s’impose, autrement dit un retour 30 000 ans en arrière, lorsque les hommes du paléolithique gravaient leurs émotions sur la roche. C’est à quelques kilomètres de là, à Nova de Foz Côa. En elle même, l’histoire du site n’est pas banale puisqu’elle fut à l’origine d’un scandale international, en 1990.

Il était alors fortement question de la construction d’un barrage sur la rivière Côa, un affluent du Douro. Les travaux étaient même largement commencés, lorsque des archéologues découvrirent à l’air libre force gravures rupestres jusque-là ignorées, sauf de quelques bergers et paysans du coin, on s’en doute assez peu concernés par la préhistoire. Les scientifiques crièrent haro sur l’ouvrage d’art en devenir, s’échevelèrent, s’époumonèrent, des manifestations furent organisées. Il fut même à un moment question de déplacer en amont les gravures qui couvraient le site sur 17 km, autrement destinées à l’engloutissement.

La vallée de Coa a su préserver ses gravures rupestres, dont la valeur unique est présentée dans un musée très didactique.
La vallée de Coa a su préserver ses gravures rupestres, dont la valeur unique est présentée dans un musée très didactique.

La polémique fit rage jusqu’en 1996, année où l’on décida purement et simplement de stopper tout projet de construction assassine. Aujourd’hui, le site est inscrit au patrimoine mondial et fait partie des incontournables du nord du Portugal. On le parcourt en 4×4, toujours accompagné d’un guide conférencier qui officie le plus souvent sous une chaleur de plomb, la température dépassant allègrement les 40° l’été. Cette visite se complète par celle d’un musée parfaitement architecturé et situé au sommet d’une colline surplombant la vallée du Douro. On peut même y déjeuner, de plats traditionnels portugais de préférence – à base de morue par exemple –, avant de retraverser le grand fleuve. Car ce soir, on dîne aux chandelles à la table de Monsieur le Comte, dans son village de Provescende.

Et quelle table ! Quelle maison surtout ! Un manoir du XVIIe siècle aux armes de la famille que Manuel Villas-Boas, Monsieur le Comte en question, fait volontiers visiter aux petits groupes ; des pièces en enfilades, des plafonds rouges, jaunes et bleus aux couleurs du blason, des salles de réception et des salons meublés d’époque avec piano, sofa, portraits d’ancêtres et multitude de bibelots. Alors, on dîne. On s’essaie à une cuisine portugaise très légère et surtout, après le porto traditionnel servi en apéritif, on déguste les crus blancs et rouges produits par la maison, les Morgadio da Calçada. Le dîner est très gai, Monsieur le Comte est sans manière et Madame, d’origine brésilienne, met une ambiance folle en racontant avec force gestes et détails sa terreur des fantômes qui vivent là. Les groupes exclusifs pourront même dormir dans les huit chambres ultra épurées, presque monacales – murs blancs et salles de bain en béton ciré – qui occupent l’un des côtés de la maison.

À Amarante, un splendide manoir remontant au XVIe siècle – qui fut en son temps un des palais du Comte de Redondo – a été renconverti en hôtel de luxe, la Casa de Calçada.
À Amarante, un splendide manoir remontant au XVIe siècle – qui fut en son temps un des palais du Comte de Redondo – a été renconverti en hôtel de luxe, la Casa de Calçada.

Décor de film

Le lendemain, de bon matin, Manuel Villas-Boas fait découvrir son village historique de Provesende. Peu de monde encore, mais un vrai décor de film, avec tout ce qu’il faut de place centrale présentant tous les immanquables de la vie rurale au Portugal : église et fontaine baroques, café avec patronne ancestrale dure d’oreille, pilori, mais surtout, une boulangerie directement sortie des années 50 avec formica, peinture défraîchie et boulanger à l’action ne rechignant pas à la visite. D’ailleurs, quelques clientes franchissent allègrement la porte d’accès au fournil pour passer directement commande à l’artisan… à 10 heures pile, il y a foule, chacun s’attardant pour échanger quelques nouvelles, sans doute les mêmes qu’hier, mais ça ne fait rien. Dehors, assis sur le banc public, trois papys à casquette ont pris, mains croisées sur la canne, leurs quartiers stratégiques pour la journée.

  • Demeure du XVIIe siècle appartenant au comte Manuel Villas-Boas. Visite des salles de réception et des salons, dégustation des portos de la maison – les Morgadio de Calçada, dîner aux chandelles.
  • Hébergé dans l’ancien évêché, le musée de Lamego expose quatre chapelles sublimement baroques auparavant installées dans le couvent des Chagas de Lamego.
  • Édifié au XVIIIe siècle, le sanctuaire Nossa Senhora dis Remedios, célèbre pour son escalier monumental à double rampe est constitué de 600 marches ponctuées de paliers décorés d’azulejos ou agrémentés de fontaines.

Ces scènes-là, on les trouve un peu partout en reprenant la route de Porto via la vallée du Douro et ses hauteurs, faisant ici une pause culturelle, il y a de quoi faire, et là une pause gastronomique, il y a largement de quoi faire aussi. Premier stop : Lamego, sur la rive gauche du fleuve. Lamego et son escalier monumental, commencé au XVIIIe et terminé en… 1966. En fait, un ouvrage baroque de 618 marches à double rampe, semblable à celui – beaucoup plus touristique – du Bom Jésus, près de Braga, quoiqu’un peu plus modeste dans la surcharge de décoration. Mais peu importe, on escalade le tout dans un simulacre de montée au ciel, d’autant qu’en haut, le Santuario Nossa Senhora dos Remédios, une église à la façade ô combien baroque, attend le pèlerin. Pour leur part, les amateurs ne manqueront pas le musée installé dans l’ancien palais épiscopal qui présente, outre des tapisseries rares, quelques exemples fabuleux de chapelles baroques transportées ici depuis le couvent de Chagas de Lamego avant sa démolition.

Et puis la route traverse le Douro toujours corseté par ses vignes, passe à nouveau sur sa rive droite pour rejoindre Amarante que l’on pourrait résumer à une église, une rivière – la Tâmega avec plage fluviale et pédalos –, un pont de pierre où s’affrontèrent jadis les troupes portugaises et napoléoniennes, un hôtel historique de grand luxe à la table étoilée et quelques ruelles bordées par des maisons du XVIIe à balconnets… Le tout est extrêmement ramassé et se visite en à peine une heure. Mais quel romantisme ont ces murs là ! On rigole aussi, surtout dans les tavernes où coule le vinho verde, ce vin jeune très peu alcoolisé que l’on boit façon bolée de cidre et n’hésite pas à généreusement partager avec l’étranger de passage. Idem dans les salons de thé où l’on sert, entre autres délices et avec beaucoup d’humour, des pâtisseries présentant tous les attributs du sexe masculin. Pourquoi ? Parce que le tombeau de Saint Gonçalo est situé à l’intérieur de l’église du XVIe et que ce saint-là est celui des “vieilles filles” n’ayant pas abdiqué, en quête donc de mariage et surtout d’enfants. Au cas où elles n’auraient pas saisi le comment du pourquoi, le message est malicieusement pédagogique.

En milieu de matinée, les cafés de village servent de copieux en-cas agrémenté de vinho verde avec, partout, une infinie gentillesse.
En milieu de matinée, les cafés de village servent de copieux en-cas agrémenté de vinho verde avec, partout, une infinie gentillesse.

Porto, but ultime de ce périple en bateau et bus dans la vallée du Douro n’est plus guère loin, une heure à peine. Pas bien loin certainement, mais distillant de façon radicalement opposée une fébrilité industrieuse qui tranche avec une douceur de vivre généralement de mise au Portugal. Il y a de la gouaille dans le gris du granit des rues de Porto. Et de la couleur aussi, notamment dans les ruelles du quartier historique de la Ribeira – classé à l’UNESCO – qui dégringolent en cascades sous le fameux pont construit par un associé d’Eiffel, Théophile Seyrig, et aujourd’hui symbole de la ville. Elles ne rechignent, ces ruelles, ni au linge pendu aux fenêtres, ni aux fleurs en pot posées à même la chaussée. Après avoir menacé ruine, ce quartier est peu à peu réhabilité. Mais il n’est pas, comme souvent ailleurs, trop investi par la bourgeoisie bohème, du moins pas encore. Il reste donc dans son authenticité populaire, avec des habitants qui n’envisageraient même pas de se déplacer de quelques centaines de mètres.

À Porto, le quartier de la Ribeira, joliment populaire avec ses ruelles tortueuses et colorées dégringolant jusqu’au bord du Douro.
À Porto, le quartier de la Ribeira, joliment populaire avec ses ruelles tortueuses et colorées dégringolant jusqu’au bord du Douro.
Trait d’union entre le centre de Porto et Vila Nova de Gaia, le pont Dom Luis Ier a été dessiné par Théophile Seyrig, un ancien collaborateur de Gustave Eiffel. Il conduit aux nombreux chais des grandes maisons de vin installées sur la rive gauche du Douro, les Graham’s, Taylor’s ou Sandeman, naturellement peu avares en dégustations.

Tawny ou ruby

Porto l’industrieuse fut autrefois richissime, comme en témoignent ses églises croulant sous l’or rapporté du Brésil, ses maisons écussonnées, ses épiceries Art nouveau restées dans leur jus ou bien encore la flamboyance de son ex-bourse qui fit de la ville la capitale financière du Portugal jusqu’en 1996, date à laquelle on la transféra à Lisbonne. Mais elle fut aussi capitale artistique et littéraire. C’est en tout cas ce que racontent ses nombreux cafés comme le Majestic ou le Guarany, mais aussi une invraisemblable librairie Art nouveau, la librairie Lello e Irmao, malheureusement envahie par trop de touristes – il faut même s’affranchir d’un droit d’entrée pour passer la porte –, sans doute l’une des plus belles du monde.

Reste, pour véritablement achever la visite en beauté, un passage dans les chais qui sont les uns contre les autres, les Cruz, Sandeman, Taylor’s alignés le long du quai de la rive gauche du Douro… Sur les 36 au total, c’est celui de Porto Graham’s qu’il faut choisir. À cause de sa situation, sur le haut de la colline, jouissant donc d’une vue exceptionnelle sur le fleuve et la ville en contrebas. D’autant que le lieu est prolongé par un ancien chais totalement réhabilité et transformé en restaurant gastronomique. En apéritif, après une visite édifiante – on apprend, si on ne le sait déjà, ce que sont les ruby ou tawny, millésimés ou vintage, les 10, 20, 40 ans d’âge… – vient, surprise-surprise, une dégustation !

  • À proximité du marché Bolhao, l’épicerie A Perola, fondée en 1917.
  • Fondée il y a plus de quatre siècles, la maison Taylor’s ouvre ses chais pour une découverte ludique et interactive des secrets d’un vin d’exception.
  • La librairie Lello e Irmao, sans nul doute l’une des plus belles au monde.

  • Le palais de la bourse de Porto reçoit des événements de gala, notamment dans son salon mauresque.
  • Le Majestic, un café Art nouveau qui décrit par son décor tout en stucs et boiseries la richesse de Porto.