OAG ne constate pas de « syndrome Omicron » sur le transport aérien à court terme

D'après le consultant OAG qui analyse chaque semaine les capacités de l'industrie du transport aérien, le variant Omicron ne semble pas pour l'instant avoir eu d'impact significatif sur l'activité des compagnies aériennes. Mais la question pourrait se poser à moyen-terme.
Pas d'effet négatif Omicron sur le transport aérien
Omicron ne semble pas peser sur la demande pour le moment, selon OAG (Aéroport de Gôteborg- Photo: L. Citrinot)

Selon le consultant OAG, la semaine du 13 décembre affiche une légère progression des capacités aériennes. Elle a augmenté de 3,8 % en glissement hebdomadaire pour atteindre 81,4 millions de sièges déclarés. Par rapport à 2019, les capacités exprimées en sièges restent pourtant encore inférieures de 26,2%.

OAG constate ainsi que le variant Omicron ne semble cependant pas avoir endommagé la capacité à court terme des compagnies aériennes. La demande reste forte, notamment dans la perspective des fêtes de fin d’année. En revanche, OAG se pose des questions sur l’impact Omicron sur la demande à moyen terme.

Le premier trimestre d’une année est généralement le point bas de l’activité aérienne. OAG constate pourtant que la capacité prévue dans l’aviation pour le premier trimestre de 2022 est actuellement de 1,149 milliard de sièges. Soit une légère baisse de 8 millions de sièges par rapport au dernier trimestre de 2021. Le consultant constate une grande dichotomie entre la perception de l’industrie du transport aérien et celle des milieux politiques.

Régionalement, l’Amérique du Nord renoue avec la croissance avec une augmentation des capacités domestiques de nombreuses grandes compagnies aériennes. D’une semaine l’autre, les Etats-Unis enregistrent une hausse des capacités sièges de 2,7%, le Canada de près de 11 %. Seul le Mexique fait exception avec une légère baisse de ses capacités de 3,1% comparée à décembre 2019.

L’Europe résiste bien

L’Europe connaît également des niveaux significatifs d’augmentation de capacité semaine après semaine avec le début de la saison de ski. De nombreux marchés ont exprimé leur intention de rester ouverts cette année. Cependant, les capacités en Europe restent encore inférieures de 28% à celles de la semaine du 16 décembre 2019. La France fait mieux que la moyenne européenne avec une baisse de ses capacités de 22,9%. Elle connaît même d’une semaine à l’autre (6 décembre contre 13 décembre) une progression en sièges de 17,6%, taux de croissance le plus élevé de toute l’Europe selon OAG.

La France affiche en tout cas vingt points de mieux que l’Allemagne, dont la capacité en sièges reste encore inférieure de 43,8% à ce qu’elle était en décembre 2019.

Le Royaume-Uni affiche pour sa part une progression de 11% d’une semaine à l’autre. Même si ces capacités en sièges restent encore inférieures de plus d’un tiers par rapport à la fin de l’année 2019.

Capacité en sièges sur lignes régulières pour les 20 premiers marchés nationaux dans le monde (Source : OAG, 13/12/21)

Table2

L’Asie reste généralement en retrait

L’Asie du Sud Est continue de souffrir plus qu’ailleurs avec des capacités aériennes en baisse de 59%. En revanche, le sous-continent indien remonte la pente. Les capacités dans cette partie du monde -soutenues notamment par la demande domestique indienne- s’affichent en recul de 13% par rapport à 2019.

OAG constate également une reprise dans le Pacifique, notamment en Nouvelle-Zélande. Le consultant y constate une augmentation de 72 % de la capacité en semaine. Son voisin australien enregistre une augmentation de capacité de plus de 33 %. Là encore, on parle exclusivement de capacités domestiques.

L’Afrique du Nord a vu la capacité des compagnies aériennes augmenter de 25 % d’une semaine à l’autre, ce qui prouve que les compagnies aériennes et les autorités évaluent mieux que les politiques la demande du passager sur le continent africain.

Force est de constater selon OAG qu’au cours des derniers mois, l’ensemble du secteur de l’aviation a confirmé son redémarrage. Et que plutôt que de s’arrêter ou se laisser submerger par les nouvelles difficultés liées au Covid, les compagnies aériennes semblent travailler sur des solutions pour poursuivre et même amplifier cette reprise. Le consultant estime que les transporteurs aériens font ainsi preuve d’un bel optimisme.

Ce qui permet de penser que 2022 ne sera pas si désespérant que cela. Preuve en est la multiplication des annonces de réouverture de lignes par les grands transporteurs mondiaux.