Innovation : espace start-up

Un algorithme pour optimiser les déplacements professionnels, du big data pour en réduire le coût, une couche d’intelligence artificielle pour limiter l’impact environnemental : les start-up, françaises en particulier, s’activent pour proposer aux entreprises des solutions innovantes.

Voyager mieux pour moins dépenser…

Les acteurs de l’innovation se mobilisent pour accorder voyages d’affaires et optimisation tarifaire. Depuis quelque temps, une nouvelle tendance se dégage : le “yield management” inversé. Alors que les compagnies aériennes et les hôteliers revoient continuellement leurs tarifs en fonction de l’offre et de la demande, de nouveaux outils tentent de modifier le rapport de force. Le voyageur peut ainsi opter pour une réservation flexible, puis des acteurs comme Yapta, TripBam, FairFly ou FlyR vérifient automatiquement, et jusqu’à la date du départ, qu’une offre plus avantageuse n’est pas apparue selon les critères privilégiés par le voyageur, comme la localisation de l’hôtel ou la classe de voyage. En fonction des opportunités, la facture du déplacement peut baisser et le standing du voyage augmenter, voire les deux.

Dans un autre registre, Winglet se propose de répondre à la même question, récurrente chez les travel managers : “ai-je payé le juste prix pour ce voyage d’affaires ?” Pour ce faire, la start-up analyse entre six et huit milliards de tarifs aériens chaque jour, avec pour objectif de garantir aux acheteurs la transparence dont ils ont besoin pour mieux négocier.

Autre option : remplacer l’intelligence artificielle par… la nature humaine. Sur le modèle des plates-formes américaines comme Rocketrip ou TripActions, le Français Fairjungle pousse les voyageurs à “challenger” les budgets moyens calculés par destination, puis récompense les utilisateurs les moins dépensiers en redistribuant les économies réalisées.

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… ou pour réduire son impact sur l’environnement

Pourquoi partir à la rencontre d’un interlocuteur à New York, si celui-ci vient en France quelques jours plus tard ? Voilà le type de questions que se propose de résoudre un acteur comme Hubtobee. Cette start-up française propose aux voyageurs d’affaires de publier le planning de leurs déplacements sur un calendrier partagé pour identifier les synergies possibles, et éviter les voyages superflus.

Surfant sur la même vague du voyage d’affaires responsable, Ekotrip pousse les salariés à opter pour des formats de voyage limitant l’impact budgétaire et environnemental, reversant une partie des économies réalisées pour la protection de la planète. Depuis le mois de janvier, un autre acteur français s’est attaqué au dossier de la mobilité urbaine. Kilometers se branche aux agendas professionnels des utilisateurs, identifie les besoins de déplacements, avant que l’algorithme ne propose la meilleure solution pour connecter les différentes étapes du parcours. A Paris, l’outil Kilometers va plus loin en permettant de réserver un VTC Marcel. Cette nouvelle plate-forme privilégiant l’intermodalité met aussi l’accent sur le voyage d’affaires responsable en orientant les voyageurs vers la mutualisation de leur navette aéroport par exemple, mais aussi en valorisant le recours aux transports en commun ou en chiffrant le coût carbone de chaque voyage.

Vent de modernité sur les réunions

Les déplacements individuels ne sont pas les seuls à stimuler le potentiel créatif des start-up. Une entreprise comme Klaxoon cible par exemple le secteur des réunions, avec l’ambition de dépoussiérer les formats traditionnels. Cette suite d’applications vise à booster l’efficacité des meetings en favorisant les échanges de manière ludique et visuelle. Depuis sa création en 2015, la start-up rennaise a étoffé son offre avec son MeetingBoard qui centralise les différents outils sur un écran interactif et avec la Klaxoon Box permettant d’inclure dans la réunion des participants extérieurs, et ce même sans connexion Internet.

Autre terrain de jeu pour les start-up : les événements d’entreprise. Un acteur comme MooveTeam s’appuie par exemple sur une application mobile pour moderniser les activités de team building, les conférences, voire les voyages incentive. Dans la même veine, Virtual Room va plus loin en s’appuyant sur des casques de réalité virtuelle pour plonger les salariés dans une ambiance futuriste, tout en intégrant, à la demande, les codes visuels de l’entreprise.

Moins ludique, mais ô combien pratique pour les entreprises, des plates-formes comme Your event manager ou Eliro simplifient l’organisation d’événements professionnels. Leur mission : centraliser la réservation en un seul et même portail des différentes composantes d’une opération team building, d’une réunion ou d’un séminaire.

Santé connectée et bien-être

Le jetlag… C’est l’ennemi du voyageur d’affaires qui doit rester productif, quel que soit le créneau horaire de son rendez-vous. Pour lutter contre ses effets, la solution Dreem s’appuie sur un bandeau de sommeil doté de sept capteurs, et couplé à une application mobile. Le système développé par deux anciens de Polytechnique collecte toutes les données relatives au sommeil (activité cérébrale, fréquence cardiaque, mouvements), puis en améliore la qualité grâce à des propositions d’exercices (méditation, sophrologie, respiration) et des stimulations sonores.


Quant aux voyageurs qui doivent consulter un médecin pendant leur déplacement, la start-up AirDoctor référence les professionnels de santé par spécialité, par ville et selon les langues pratiquées, puis permet de prendre rendez–vous et même d’obtenir une facture électronique, à transférer directement à son assurance.

Autre initiative intéressante, récompensée à l’occasion du CES 2019 : la mBox conçue par la jeune pousse française Meersens. Ce boîtier connecté permet d’analyser l’environnement du voyageur grâce à ses capteurs mSens afin de détecter des menaces potentielles dans l’air, l’eau, la nourriture… Couplée à une application mobile, la mBox effectue des relevés en temps réel concernant la pollution de l’air, les rayons UV, les pesticides ou encore le gluten, et les compare aux standards de l’OMS afin de mieux identifier les risques.

Parking

Le voyage d’affaires a beau évoquer les vols long-courriers et les hôtels lointains, les déplacements en voiture en constituent toujours un maillon essentiel, tout comme la problématique du parking. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, à l’occasion du salon VivaTech, le stand Accor accueillait deux start-up visant à fluidifier les déplacements en ville. La première, Starbolt, offre flexibilité et liberté en multipliant les solutions de mobilité. Par exemple, en disposant d’une place réservée dans le parking d’un hôtel pour accueillir sa flotte de vélos, scooters et voitures électriques, Starbolt entend proposer une alternative au taxi, permettant aux voyageurs de réserver rapidement un scooter ou un vélo pour se rendre à leur rendez-vous. La seconde, baptisée OnePark, se présente comme le “Booking du parking”. Cette plate-forme de réservation dispose en effet de 100 000 places dans 1 500 localisations, notamment dans les hôtels Accor et les parkings Effia. Bien sûr, OnePark est très présent à proximité des aéroports et des gares, mais aussi dans les centres-villes, et compte mettre l’accent sur son internationalisation. Après la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne, OnePark est depuis peu installé au Portugal.

À plus petite échelle – un peu moins de 1 000 parkings en France –, la start-up Parkmatch propose depuis deux ans une application de gestion locative de parking auprès des particuliers. D’ici la fin de l’année 2019, Parkmatch devrait pouvoir proposer une télécommande universelle permettant d’accéder à la place de parking réservée sans avoir à rencontrer le propriétaire, qu’il s’agisse d’une location pour une heure ou pour un mois.