Interview : Daniel Beutler, Trainline

En amont du salon IFTM Top Resa, Trainline a officialisé le lancement d'une API internationale, pour intégrer l'offre Trainline for Business au sein des agences de voyages d’affaires et des outils de réservation en ligne. Daniel Beutler, Directeur Général de Trainline International, explique la stratégie de l'entreprise. Propos recueillis par Florian Guillemin.
Daniel Beutler
Daniel Beutler, Directeur général de Trainline

Quel cheminement vous a amené à lancer cette API internationale ?

Daniel Beutler – Nous avions commencé avec une plateforme B to C, sous l’appellation Captain Train à l’époque. Après un certain temps, nous avons réalisé que certains comptes étaient associés à une centaine de sous-comptes, avec des adresses emails dont l’extension était identique. Nous pensions qu’il s’agissait de PME. Nous avons donc lancé Trainline for Business en septembre 2015, pour répondre aux attentes de ces clients. Maintenant nous allons plus loin : nous mettons nos données à disposition de tiers pour faciliter la distribution du secteur ferroviaire auprès de leurs clients.

De quelle manière ?

D. B. – Grâce à notre nouvelle API, les agences de voyages et les OTA [Online Travel Agencies, agences en ligne, ndlr] peuvent afficher notre inventaire de la même manière qu’ils affichent les vols ou les hôtels. Nos données seront intégrées à leur type d’affichage.

Tout est donc déjà opérationnel ?

D. B. – Nous lançons la solution technique : l’API est prête, et nous avons conclu un accord avec deux agences de voyages, en l’occurrence Havas et TravelPlanet. Mais il reste un travail important qui concerne les contrats passés avec les transporteurs. Ceux-ci ont été définis pour faits pour notre propre plateforme. Or nous transmettons désormais la donnée à des tiers, il faut donc réajuster quelques contrats. Mais la majorité des compagnies sont très heureuses de la démarche. Pour quelques transporteurs, il faut encore redéfinir quelques points. Il y a aussi un aspect technique, il faut intégrer l’API, je pense donc que cette solution ne concernera pas directement les petites agences. Nous allons accompagner nos partenaires, d’autant que nous avons une expérience dans ce domaine.

Pourquoi lancer cette API maintenant ?

D. B. – C’est une combinaison de différents facteurs. Il nous faut sans cesse hiérarchiser les priorités, gérer plusieurs dossiers en même temps. En parallèle, nous travaillons aussi sur l’extension du nombre de transporteurs en Europe de l’Est ou du Nord. Notre couverture atteint environ 80% en Europe, ce dossier reste donc prioritaire tant que nous n’atteignons pas 100%. Nous nous adaptons aussi à la demande. Des partenaires comme Havas Voyages et Travel Planet ont manifesté leur intérêt, cela représente des volumes énormes. Nous avons donc décidé que ce potentiel méritait que nous nous investissions dans ce dossier. C’était déjà notre logique quand nous avions lancé Trainline for Business : nous sommes à l’écoute des besoins de nos clients, et nous adaptons notre offre en conséquence.

Avez-vous déjà fixé des objectifs quant aux retombées de cette API ?

D. B. – Notre but est de simplifier la réservation ferroviaire. Au moment de planifier et de réserver leur voyage, beaucoup de gens ne pensent pas au train, ou ne parviennent pas à réserver assez facilement. Ils optent pour l’avion car ils savent exactement comment cela fonctionne, même si l’offre aérienne n’est pas plus rapide ou plus économique. Nous voulons remédier à cela. Quant aux objectifs chiffrés, il nous faudra attendre quelques semaines pour avoir une meilleure visibilité. Mais nous savons que le potentiel est énorme.

Quelle sera la prochaine étape dans le développement de Trainline ?

D. B. – Nous travaillons encore sur l’extension géographique. Nous ne voyons pas de raison de nous limiter à l’Europe. Pourquoi ne pas faire la même chose en Asie ou en Amérique du Nord ? Pour la majorité des voyageurs, il n’y a pas de frontière. Nous discutons avec tous les grands transporteurs au niveau mondial.