Interview : Lindsey Ueberroth, PDG de Preferred Hotels & Resorts

Alors que Preferred Hotels fête ses cinquante ans cette année, Lindsey Ueberroth, PDG de cette chaîne volontaire, montre l'intérêt croissant des voyageurs pour l'hôtellerie indépendante et dévoile ses ambitions pour l'avenir.

Lindsey Ueberroth, PDG de Preferred Hotels & Resorts
Lindsey Ueberroth, PDG de © Preferred Hotels & Resorts

Preferred Hotels fête ses 50 ans cette année. Qu’est ce qui explique cette longévité ?

Lindsey Ueberroth Nous nous concentrons sur la scène des hôtels indépendants de luxe, à la différence des grandes chaînes. Nous sommes donc devenus experts dans l’identification de ce qu’est un hôtel vraiment exceptionnel, au service souvent familial et très personnalisé. Le voyageur a maintenant accès à une foule d’informations à travers les réseaux sociaux, les forums et recherche plus naturellement ces hôtels, plus “intéressants” dirais-je, plus en prise directe avec la vie locale. Si vous êtes souvent loin de chez vous, vous voulez être traité comme si vous étiez à la maison. Mais, si vous voyagez longtemps loin de votre famille, vous appréciez aussi les bénéfices d’un programme de fidélité. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons lancé le programme iPrefer. Les grands groupes ont des programmes colossaux, dès lors il était important d’avoir un programme de fidélité pour rester compétitif.

Comment voyez-vous la concurrence des grands groupes hôteliers avec leurs marques “lights” ?

L. U. Le fait que les grand groupes s’inscrivent dans ce mouvement valide d’une certaine manière ce que nous faisons depuis 50 ans. Nous sommes dans la tendance de ce que les voyageurs veulent. D’ailleurs, je constate que les propriétaires et gestionnaires d’hôtels sont plus nombreux à vouloir rester indépendant que par le passé. Alors oui, la compétition est plus intense, mais nos collections ont connu une croissance de 10 % ces dernières années, notamment en accueillant des hôtels faisant anciennement partie de grands groupes.

Aujourd’hui, nous avons une “master brand”, Preferred Hotels & Resorts, qui a un très long héritage, et cinq collections qui correspondent à plusieurs approches du luxe ; lifestyle, casual, classique, high tech ou longs séjours.

Votre récent repositionnement porte-t-il ses fruits ?

L. U. Cela a été un succès, les hôteliers sont contents, et tout est plus clair pour les voyageurs. La multiplication des enseignes est source de confusion pour le voyageur. Essayez donc de citer toutes les marques au sein du groupe Marriott… C’est impossible. Aujourd’hui, nous avons une “master brand”, Preferred Hotels & Resorts, qui a un très long héritage, et cinq collections qui correspondent à plusieurs approches du luxe ; lifestyle, casual, classique, high tech ou longs séjours. Le voyageur peut trouver une réponse selon la façon d’envisager son déplacement.

Pouvez-vous donner quelques noms d’hôtels emblématiques de chacune de ces collections ?

L. U. Pour la collection Legend, je citerais le Dominick in New York, le Fullerton Bay Hotel à Singapour, l’Opposite House à Pékin, le Beaumont à Londres. Toujours dans la capitale britannique, le Royal Lancaster est très représentatif de notre collection LVX, tout comme le Regina Louvre à Paris ou le Monument Hotel à Barcelone. De son côté, le Hari, là encore à Londres, fait partie de nos meilleurs établissements Lifestyle avec l’EAST à Hong Kong ou l’Ambassador à Chicago. Dans un style tout aussi actuel, les Mayfair à Londres, Claridge à Madrid, Royal Park Hotel The Shiodome à Tokyo et Shila Stay Gwanghwamun à Seoul sont emblématiques de la collection Connect. Enfin, en ce qui concerne les Preferred Residences, je citerais pour conclure les Montage à Beverly Hills, AKA Marylebone à Londres et MH Apartments à Barcelone.

Quels sont vos objectifs de croissance ?

L. U. Nous avons 650 hôtels aujourd’hui et j’aimerais dire 1000 hôtels dans 100 pays pour donner un chiffre rond. Mais ce n’est pas une affaire de nombre, plutôt une question de trouver le bon hôtel dans le bon marché. Et il y a tellement d’opportunités de développement, notamment dans des villes et pays où nous sommes peu représentés, que ce soit en Afrique, en Asie Pacifique ou encore en Europe. Ceci étant, si je regarde la croissance de notre offre ces dernières années, nous pourrions très bien arriver à ce chiffre de 1000 hôtels dans dix ans.