Cure d’austérité chez Lufthansa, qui table sur une crise durable

La direction du groupe Lufthansa s’attend à une baisse durable de l’activité, et dévoile donc un plan de vol axé sur une réduction drastique des coûts et des opérations.
Lufthansa
Une quarantaine d'appareils sont concernés par les mesures dévoilées par le groupe Lufthansa

« Il faudra des mois avant que les restrictions mondiales sur les voyages soient complètement levées et des années avant que la demande mondiale ne revienne aux niveaux d’avant crise ». Ce constat, froid et malheureusement réaliste, est celui du Conseil d’Administration de Deutsche Lufthansa AG, qui a donc dévoilé le 7 avril les premières mesures pour faire face à ce qui s’annonce comme une crise durable et inédite. Une crise qui pourrait être fatale à certaines compagnies déjà fragilisées depuis plusieurs mois, comme l’ont montré les différentes faillites dans le secteur aérien. Le patron de Lufthansa aurait même chiffré à un million d’euros par heure les pertes actuelles du groupe allemand… Dès lors, le groupe va devoir massivement réduire la voilure, évoquant « des mesures de grande envergure pour réduire la capacité des opérations aériennes et de l’administration à long terme ». Concernant le volet humain, la direction suggère « de nouveaux modèles d’emploi », qu’il lui faudra définir dans un avenir proche avec les syndicats. Quant à la flotte, Lufthansa a dévoilé une vaste cure d’austérité qui va pousser à la retraite anticipée six Airbus A380, sept A340-600, et cinq Boeing 747-400. La compagnie va également retirer onze Airbus A320 du réseau court-courriers. Les filiales du groupe ne sont bien sûr pas épargnées, à l’image de Germanwings, qui va sortir des radars. Chez Swiss, le groupe aérien va différer les livraisons de nouveaux appareils qui étaient attendues, et retirer les plus anciens. Chez Brussels Airlines et Austrian Airlines, une réduction de la flotte est aussi prévue. Pour l’heure, pas moins de 42 appareils sont concernés par cette cure d’austérité engagée par Lufthansa. “Les décisions prises aujourd’hui affecteront presque toutes les opérations de vol de Lufthansa Group”, prévient donc la direction, qui s’apprête ainsi à réduire la capacité de ses deux hubs : les aéroports de Francfort et de Munich.