Le Luxembourg va mettre en place des transports publics gratuits

La gratuité des transports va réduire les besoins d’utilisation d’un véhicule privé au Luxembourg : une aubaine également pour les hommes d’affaires en visite dans la capitale du pays, qui pourront par exemple se rendre à une réunion sans souci d’acheter un billet de transport depuis l’aéroport ou la Gare Centrale de Luxembourg Ville.

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Le Luxembourg devrait devenir en 2019 le premier pays à proposer des transports publics gratuits

Le Luxembourg devrait devenir en 2019 le premier pays au monde à offrir des transports publics gratuits. Selon le gouvernement luxembourgeois, la mesure concernera l’ensemble des trains, bus et tramways en circulation dans le Grand-Duché. Le nouveau gouvernement élu sous la houlette du Premier Ministre Xavier Bettel avait fait cette promesse plus tôt dans l’année, peu avant les élections.

Selon une enquête sur la mobilité effectuée à la fin de l’année dernière dans l’ensemble du Grand-Duché, l’usage des transports publics reste relativement faible, représentant seulement 17% de l’ensemble des déplacements contre 69% pour la voiture individuelle, et ce, malgré le fait que le Luxembourg maintienne les prix de ses tarifs de transport public à un niveau relativement bas : il en coûte ainsi seulement deux euros pour tout trajet dans le pays effectué dans un laps de temps de deux heures. Un billet valable 24 heures sur l’ensemble des transports publics est vendu pour sa part 4 €.

L’objectif d’offrir des transports en commun gratuit est bien sûr de réduire sérieusement la congestion des grands axes dans la capitale et sur les principales voies d’accès du pays. L’incroyable prospérité du Grand-Duché se traduit en effet par une augmentation significative de sa population : selon le Ministère Luxembourgeois du Développement Durable et des Infrastructures, le nombre de résidents a augmenté de 185.000, le nombre d’emplois de 205.000 et le nombre de travailleurs frontaliers de 125.000 entre 1995 et 2017.

Le gouvernement s’est ainsi fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2025 : réduire la congestion aux heures de pointe – un véritable problème aujourd’hui à Luxembourg Ville – tout en transportant 20 % de personnes de plus qu’en 2017. La part des transports publics dans les déplacements domicile-travail devrait ainsi passer à 22% tandis que les trajets à pied ou à vélo devraient générer un quart de tous les déplacements.

Dans le même temps, le gouvernement souhaite rendre les transports publics plus attractifs en augmentant leur fiabilité. A l’horizon 2025, le gouvernement veut réduire le taux de suppression de trains de 1/40 en 2017 à moins de 1/100. Il souhaite également réduire de 25 % la part des trains accusant un retard de 6 minutes ou plus (par rapport à 2017) et faire en sorte que les trajets de circulation des bus express en heure de pointe soient très inférieurs à ceux effectués en voiture individuelle.

Cet ensemble de mesures va coûter plus d’un milliard d’euros par an à l’Etat, qui déjà ne tire que peu de recettes de la vente de billets de transport dans le pays, dont on estime qu’elle ne rapporte que 30 millions d’euros dans les caisses.

Une telle mesure ne pourra qu’apporter une publicité bénéfique au pays, notamment pour les visiteurs qui bénéficieront tous de l’offre gratuite de transports publics. Les voyageurs d’affaires, nombreux à se déplacer dans la capitale luxembourgeoise en raison de ses institutions européennes et de ses activités financières, devraient apprécier la mesure. D’autant que la ville a récemment ouvert sa première ligne de tramway, qui relie depuis quelques mois le cœur de la cité au centre des expositions Lux’Expo. En 2020, le tramway arrivera à la Gare Centrale et à plus long terme à l’aéroport international de Findel.