Bonnes perspectives pour l’hôtellerie européenne

Le cabinet de consultants PwC prévoit de bons résultats pour l’hôtellerie européenne sur les années 2018 et 2019, après un excellent cru 2017. Paris, Lisbonne et Amsterdam font partie des destinations qui devraient le plus profiter de cette manne, tandis que le Brexit pèse sur les perspectives de l’hôtellerie londonienne.

Kimpton-de-witt-amsterdam
L'hôtellerie à Amsterdam est dynamisée par de grands événements et les incertitudes liées au Brexit. (photo du Kimpton De Witt).

Le cabinet de consultants PwC a récemment publié ses prévisions sur l’activité hôtelière en Europe. Dans un contexte de croissance économique forte en 2018, l’hôtellerie européenne devrait enregistrer de bonnes performances pour l’année en cours. PwC estime en effet que la croissance du PIB par habitant sera de 4% dans le monde et de 2,2% dans l’Eurozone en 2018. Soit quelque 5 000 milliards de dollars de richesse produite supplémentaire qui devraient se traduire par une année plutôt prometteuse pour les établissements européens dans un contexte de croissance du tourisme. Stimulé autant par les voyages d’affaires et de loisirs intra-européens que par une forte demande en provenance des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie, le continent a enregistré 671 millions d’arrivées internationales en 2017, soit une hausse de 8 % par rapport à 2016.

L’hôtellerie en profite, d’autant que la croissance de l’offre hôtelière européenne a été dans le même temps limitée. 2018 s’annonce donc sous les meilleurs auspices. La croissance touristique devrait profiter à toutes les villes d’Europe, ou presque. Parmi les villes qui devraient connaître une performance médiocre en 2018 figurent Francfort, en raison de l’absence de grands salons internationaux cette année, et Zurich, où la compétition hôtelière s’intensifie. La première devrait ainsi enregistrer une baisse du revenu par chambre disponible (RevPAR) de 0,2% et la seconde de -1 ,9%. A Berlin et à Rome, les recettes par chambre devraient croître modestement en 2018, avec une hausse prévue du RevPAR de 1,3% et 1,8% respectivement.

En revanche, d’autres villes devraient se montrer bien plus dynamiques. En tête viennent notamment Porto avec une progression du revenu par chambre disponible de plus de 10%, ainsi que Lisbonne et Prague dont le RevPAR dans l’hôtellerie devrait progresser de 7% en moyenne. Une hausse similaire est attendue à Amsterdam, la demande étant dynamisée par de grands événements comme le congrès mondial du web.

hotellerie-europeenne-pwc
Tableau des performances de l’hôtellerie européenne en 2018 et 2019 selon PwC.

Les incertitudes liées au Brexit commencent à profiter à certaines destinations, tandis qu’à Londres, le revenu par chambre ne devrait croître que de 0,6% en 2018 et 1,9% en 2019. Ainsi la capitale hollandaise commence à profiter de l’affaiblissement de la demande pour la capitale britannique. Amsterdam verra l’Agence Européenne du Médicament s’installer en 2019, cette agence générant un volume de 40 000 nuitées par an. Même effet Brexit attendu à Francfort à partir de 2019. Le déménagement annoncé de plusieurs banques de Londres vers la métropole financière allemande devrait stimuler l’hôtellerie avec un RevPAR en hausse, estimé à +4,3%, ce qui classerait la ville en 2019 dans le top 5. Les hôteliers londoniens peuvent néanmoins être rassurés. La vile devrait conserver l’un des taux d’occupation les plus élevés d’Europe équivalent ou légèrement au dessus de 82% pour cette année et en 2019, le tourisme étant stimulé par la faiblesse persistante de la livre sterling.

De son côté, l’hôtellerie parisienne est sortie l’an dernier du marasme après une période difficile à la suite des attentats de 2015. Si le revenu par chambre disponible avait déjà progressé de 8% en 2017, cette année devrait confirmer cette reprise, avec un taux cependant plus modeste de 3,6%. En revanche, PwC prévoit une envolée de la demande en 2019, la croissance du RevPAR étant estimée à 6,4%. Ces prévisions cependant ne prennent pas en compte l’effet grève de la SNCF et d’Air France, qui déprime déjà la demande, ou les conséquences possibles suite à la récente attaque islamiste à Paris.

Quoiqu’il en soit, Paris reste l’une des villes les plus chères pour l’hôtellerie. En 2017, la capitale française affichait quasiment le prix moyen par chambre le plus élevé en Europe, seulement surpassé par Genève. Le tarif moyen par chambre (ADR) s’élevait à 231,3€ contre 242,9€ à Genève, 169,2€ à Londres et 137,2€ à Milan…PwC ne prévoit aucun changement d’ici 2019, Paris devant rester la seconde ville la plus chère du continent, avec un prix moyen de 241€.