Rencontre : Dr Philippe Biberson, directeur médical d’International SOS

Le directeur médical d’International SOS donne ses conseils pour conserver une bonne hygiène de vie lors d'un voyage d'affaires.
Philippe-Biberson

Un voyage d’affaires, ça se prépare

Voyages d’affaires et hygiène de vie sont-ils incompatibles ?

P. B. – Non, car il est tout à fait possible de garder une même hygiène de vie lors d’un déplacement professionnel. Elle peut même être augmentée, les voyageurs ayant parfois plus de temps que dans leur vie quotidienne pour faire de l’exercice. Les hôtels offrent de nombreuses possibilités pour faire de la gym, de la natation ou encore dîner léger. Je pense que les entreprises ont compris l’importance pour leurs collaborateurs de garder la forme, par exemple en résidant dans de bons hôtels dotés d’équipements sportifs ou en voyageant en business sur de longs vols.

Comment conserver cette bonne hygiène de vie ?

P. B. – Bien sûr, les cadres nomades ne sont pas des sportifs professionnels,
mais ils doivent se préparer à voyager afin d’arriver reposés et détendus à destination, ce qui leur permet d’être convaincants lors de ses rendez-vous. Le voyageur d’affaires se doit d’être professionnel, même dans cette partie-là. Cela passe d’abord par de la prévention. Après 45 ans, il faut faire une visite annuelle chez son généraliste pour détecter un début d’hypertension, de cholestérol, de diabète et convenir d’une médication qui peut ralentir l’évolution.

Quels conseils donnez-vous pour bien préparer un voyage ?

P. B. – Des choses simples. Prendre avec soi ses ordonnances, emporter suffisamment de médicaments pour ne pas se retrouver à court, prévoir des vêtements confortables pour l’avion, marcher et porter des bas de contention, résister à l’envie de prendre un digestif pour ne pas avoir un sommeil trop lourd. En ce qui concerne les somnifères, si le voyageur y est habitué, pas de problème. Sinon, je les déconseille, car ils peuvent être contre-productifs. Enfin, pour moi, un accueil à l’arrivée est essentiel. Avec la fatigue accumulée, même les voyageurs fréquents peuvent être étourdis, oublier leur carte de crédit dans le taxi par exemple. Des débuts ratés et un stress psychologique qui engendre plus de conséquences qu’on imagine.