La Haute autorité de santé vient de publier un guide des bonnes pratiques. À quelles fins ?

P. T. – La croissance du nombre d’applis santé est vertigineuse. Or il n’y a pas encore, à l’heure actuelle, de système d’évaluation de leur fiabilité. Ce guide des bonnes pratiques sert à baliser le terrain à la fois pour les développeurs, mais aussi pour les professionnels
de santé et les associations de patients. Le
tout afin de tirer vers le haut l’ensemble du marché. Nous sommes au commencement d’un processus de clarification, qui devrait conduire à la recommandation d’applis
d’ici deux ans.
Quels sont les risques liés à ces applis santé ?
P. T. – J’en vois trois principaux : la cybersécurité, la protection des données et la fiabilité du contenu médical. Pour un utilisateur qui n’a pas de connaissance médicale, cette fiabilité est difficile à analyser. Il est important de filtrer les AppStore et Google Store. Car il y a des zones grises sur la sûreté de certaines solutions. Par exemple, des trackers d’activité peuvent estimer que vous n’avez pas assez couru, alors que c’est faux, engendrant par là un risque de surentraînement. Ou encore des tensiomètres qui évaluent la pression artérielle de façon approximative. Face à cela, le patient est en autonomie complète, isolé de son environnement médical. Je conseille aux utilisateurs de bien lire les conditions générales des applications, de regarder qui finance la solution afin de détecter si elles ont une finalité cachée comme la collecte d’informations sur leur comportement ou l’utilisation de la géolocalisation pour les orienter vers tel ou tel professionnel de santé, voire pour les aiguiller sur un magasin plutôt qu’un autre.
Comment voyez-vous l’avenir ?
P. T. – Nous sommes au début d’une nouvelle ère numérique. On va vers une deuxième génération de solutions, plus précises et plus adaptées, qui devrait apparaître d’ici 2020. Par delà les interrogations actuelles, on peut s’attendre à tirer de vrais bénéfices de la santé connectée, notamment à travers une meilleure observance des traitements et une meilleure prévention. Ce qui veut dire moins de dépenses curatives. En parallèle, ces solutions collectent une foule de données sur les patients qui sont très importantes pour la recherche académique.
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