La Renfe menace de fermer ses lignes françaises

La compagnie espagnole se plaint des obstacles mis sur sa route par la SNCF et l’Etat français dans son désir de desservir l’Espagne depuis la gare de Paris-Lyon.
La Renfe désertera-t-elle le rail français, face aux obstacles qui entravent son développement dans l'Hexagone ?
La Renfe désertera-t-elle le rail français, face aux obstacles qui entravent son développement dans l'Hexagone ?

Les difficultés de l’ouverture à la concurrence ferroviaire en France vont-elles faire une nouvelle victime ? Selon la presse espagnole, la Renfe envisagerait de fermer ses lignes françaises face aux obstacles qui sont mis dans son développement dans l’Hexagone par la SNCF et l’Etat français. La discorde provient toujours des difficultés de la compagnie espagnole à obtenir les autorisations pour rouler sur Lyon-Paris alors que ses AVE desservent depuis deux ans les lignes Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid.

Le transporteur espérait déjà obtenir les droits de circulation sur cet axe crucial pour l’été 2024, à l’occasion des Jeux olympiques. Une fois l’évènement sportif passé, le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, avait vertement critiqué la SNCF et la France sur le deux poids, deux mesures, alors que la SNCF est présente depuis 2021 en Espagne avec Ouigo, sa marque low-cost qui dispose désormais de plus de 20% du marché espagnol de la grande vitesse ferroviaire. Oscar Puente avait alors déclaré être « peu optimiste » sur le fait que la Renfe puisse embarquer des passagers depuis la gare de Paris-Lyon « en 2024 ni même en 2025 ». Et il menace de porter le dossier devant la Commission européenne.

Un train de la Renfe en gare de Lyon Perrache
La Renfe pourrait quitter le marché français

Quel avenir pour la desserte Toulouse-Barcelone ?

Alors qu’elle vient de franchir le cap du million de passagers transportés en France, la Renfe remet ainsi un coup de pression médiatique afin de faire bouger les lignes. L’obtention des autorisations lui permettrait d’accroître ses remplissages et trafics en accédant aux juteux marché de la ligne Paris-Lyon sur laquelle Trenitalia monte également régulièrement en puissance. De quoi espérer réduire quelque peu ses pertes financières liées aux coûts de son lancement en France.

Le retrait de la Renfe de l’Hexagone ferait à l’inverse mauvais effet et ternirait un peu plus l’image de la SNCF auprès de clients qui jugent ses tarifs toujours plus élevés et espèrent une vraie ouverture à la concurrence. Cette décision aurait ensuite un impact négatif sur le trafic de villes du Sud de la France actuellement desservies par les AVE : Montpellier mais aussi Narbonne, Perpignan, Béziers, Nîmes ou encore Aix-en-Provence. Et possiblement Carcassonne et Perpignan, les gares de la ligne Toulouse-Barcelone que la Renfe prévoyait d’ouvrir en avril prochain, sur un rythme saisonnier pour commencer.