Saint-Etienne : Chaudron de culture

A travers ses musées, ses galeries ou son stade légendaire, Saint-Etienne passe la balle entre football et art contemporain pour des événements professionnels qui vont droit au but : laisser de beaux souvenirs.
A la brasserie du stade Geoffroy Guichard, une fresque murale représentant Robert Herbin, le mythique entraîneur des Verts. (c) Saint-Etienne Tourisme et congres-Christophe Roy
A la brasserie du stade Geoffroy Guichard, une fresque murale représentant Robert Herbin, le mythique entraîneur des Verts. (c) Saint-Etienne Tourisme et congres-Christophe Roy

L’image de Saint-Etienne est évidemment liée à ses Verts, son « chaudron », la ferveur unique de ses supporters. Et ce, qu’importent les hauts et les bas de leur équipe. Les bas comme la récente descente du club en division 2 ; les hauts comme du temps des Larqué, Rocheteau, Revelli ou Curkovic au milieu des années 70, des Platini, Rep, Lopez ou Janvion quelques années plus tard. Leurs épopées européennes sont encore dans les mémoires, non seulement des Stéphanois, mais de tous les Français ou presque sur plusieurs générations. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’un passage dans la ville, pour les simples touristes comme pour les organisateurs d’événements, ait le stade Geoffroy-Guichard comme lieu de pèlerinage incontournable.

Pour autant, la ville se distingue aussi par sa dimension culturelle. Outre son institution théâtrale La Comédie, son opéra, son zénith dessiné par Norman Foster, Saint-Etienne s’est fait un nom dans l’art contemporain. Avec une foule de galeries et de musées qui offrent aux entreprises des lieux d’inspiration pour agrémenter leurs événements. Parmi ceux-ci, une nouveauté qui vient compléter la panoplie de la métropole, ville créative reconnue par l’Unesco : un immense musée du street art dans une ancienne aciérie revisitée.

Tour d’horizon des possibles pour donner une prolongation artistique ou sportive aux événements.

Musée des Arts Urbains et du Street Art (MAUSA)

Musée des Arts Urbains et du Street Art (MAUSA)

Tout est possible ou presque au MAUSA. A dix minutes de voiture de Saint-Etienne et à une quarantaine de Lyon, ce musée offre un immense terrain de jeu pour des privatisations, des dîners, des grands événements d’affaires assortis d’activités team building autour du street art. En effet, ouvert fin mai à Saint Chamond, ce nouveau lieu s’impose d’emblée comme un des plus grands musées de France par sa superficie. Un espace king size d’une fois et demie la taille de la pelouse du stade Geoffroy-Guichard pour une hauteur de plus de 15 m sous plafond.

Reprenant le fil de l’histoire d’un bâtiment abritant les aciéries de la marine à partir de la fin du XIXe siècle, cette cathédrale industrielle se consacre aujourd’hui au street art. Un lieu de vie culturel accessible à tous avec 2000 m² d’expositions gratuites, comptant notamment deux œuvres de Banksy et un mur laissé chaque mois à l’inventivité d’artistes locaux, en plus d’un espace restauration et d’une boutique.

En parallèle, 8000 m² se destinent à des expositions payantes – mais à prix modéré, une dizaine d’euros – autour d’un thème renouvelé tous les six mois. Pour commencer, l’exposition NoMad rassemble 25 caravanes, chacune revisitée in situ par des street artistes reconnus comme les Britanniques Sickboy et Dotmasters, le Belge Jaune ou le Franco-Colombien Chanoir.

Si Saint-Etienne Métropole a investi près de 10 millions d’euros pour rénover et offrir une nouvelle vie à cette Halle 7, ce projet de musée privé est porté par Stanislas Belhomme, déjà à l’origine d’autres musées dans des lieux patrimoniaux dans l’Est de la France. Le street art y a par exemple investi une ancienne caserne au pied de la Citadelle de Bitche comme les remparts classés à l’Unesco de la forteresse construite par Vauban à Neuf-Brisach. Mais ce MAUSA là voit sans nul doute plus loin, plus grand.

Internet : mausa.fr

Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+)

Musée d'art moderne et contemporain (MAMC+)

De loin, le MAMC+ se distingue par sa silhouette couverte de céramique noire rendant hommage au passé minier de la ville. Un carré long sans murs porteurs à l’intérieur qui, par-delà sa vocation à mettre en valeur l’art moderne, n’est pas sans rappeler l’allure extérieure d’un supermarché. Et pour cause, puisque le bâtiment a été conçu par Didier Guichard, petit-fils du fondateur de Casino et architecte attitré du groupe.

Ouvert en 1987, ce premier musée d’art contemporain créé hors de Paris est venu donner plus de place et de visibilité aux œuvres conservées au musée d’Art et d’Industrie, sous la conduite de Bernard Ceysson, directeur de ce dernier et un temps du Centre Pompidou. Soit l’une des plus grandes collections en France avec plus de 20 000 œuvres présentées en roulement lors d’expositions temporaires, comme aujourd’hui et jusqu’en septembre 2025, celle consacrée aux tableaux « hors format ». Une centaine d’œuvres au total, de Pierre Soulages, de Julian Schnabel ou de Frank Stella notamment, trop grandes ou trop fragiles pour être transportées ailleurs pendant la rénovation du musée.

Car le MAMC+ a été fermé pendant 18 mois pour remettre ses salles à neuf avant de rouvrir ses portes en fin d’année dernière. Pour achever ce programme, le restaurant va faire une pause cet été pour revoir les cuisines, tandis que l’auditorium sera rénové pour refaire ses plafonds et son acoustique. Offrant 164 sièges, il se prête en journée – sauf le mardi, jour de fermeture – à des conférences, des conventions ou des remises de trophée. Le soir, le musée se privatise pour des dîners de 100 convives et des cocktails jusqu’à 250 participants dans son hall d’entrée.  Le tout pouvant être combiné pour une journée complète au cœur de l’art contemporain, avec visite obligatoire du musée. Une condition sine qua non qui permettra aux groupes, jusqu’en septembre prochain, de profiter des rétrospectives consacrées à deux femmes artistes majeures de la deuxième partie du XXe siècle, Pierrette Bloch et Charlotte Moth.

Rue Fernand Léger, Saint-Priest-en-Jarez. Internet : mamc.saint-etienne.fr. E-mail : justine.belot@saint-etienne-metropole.fr . Tél. : 04 27 40 55 83

Galerie Ceysson & Bénétière

Galerie Ceysson & Bénétière

Installée à Tokyo depuis peu, mais aussi à Paris, Lyon, Luxembourg, New-York et Genève, la galerie Ceysson & Bénétière trouve ses origines à Saint-Etienne. Fondée en 2006 par Loïc Bénétière et François Ceysson, auquel s’ajoute au début son père Bernard Ceysson, l’ex-directeur du MAMC+, cette galerie d’art contemporain a essaimé de par le monde, mais reste attachée à son territoire. Changeant tous les deux mois, ses expositions temporaires mettent principalement en avant les artistes du mouvement Supports-Surfaces tels Claude Viallat ou Noël Dolla, détournant supports et outils pour pousser les limites de la création, mais aussi des artistes de la nouvelle génération en ligne avec l’esprit d’abstraction de ce groupe.

Voisine du théâtre de la Comédie et du zénith, mais aussi de nombreuses entreprises installées dans cette zone d’affaires, disposant d’un parking – détail pratique pour accueillir les groupes – , la galerie accueille des événements corporate, allant des cocktails dînatoires de 250 personnes aux conférences, en passant par des événements de plus petite taille dans le showroom et, sans doute bientôt, des ateliers autour de l’art et du vin. Car la galerie dispose en effet d’un bistrot, couru le midi par les professionnels du quartier, qui, en plus d’une carte axée sur les produits locaux, dispose d’une belle sélection de vins.

10 rue des Aciéries. Internet : www.ceyssonbenetiere.com. Tél. : 04 77 33 28 93

Atelier Cail

Atelier Cail

Au départ, ce n’était qu’un atelier d’artiste, celui d’Etienne Cail, revisitant l’orientalisme d’un Delacroix avec ses yeux d’aujourd’hui. Ceux d’un trentenaire qui a progressivement transformé une ancienne usine de mécanique pour en faire son lieu de travail, mais aussi un lieu de travail au sens large. Avec des bureaux et un espace de coworking à côté de son atelier, puis la création d’une grande salle de réunion, puis d’une autre plus petite pour des rencontres de deux à quatre personnes.

En évolution perpétuelle, ce loft business et design héberge aujourd’hui une trentaine de résidents, en plus d’accueillir de nombreux événements professionnels. Autour d’une trentaine de personnes, mais pouvant aller jusqu’à 60, voire 80 participants, ces journées peuvent s’étirer du matin jusqu’au soir, du petit-déjeuner au cocktail dînatoire avec, en fin d’après-midi, un atelier de peinture collaboratif dirigé par l’hôte du lieu ou des dégustations de vin, une autre de ses passions.

Mais, pour aller plus loin, les participants seront progressivement invités à traverser la rue, au bien nommé Bâtiment d’en face. Car, en plus de l’ancienne usine, Etienne Cail a repris un garage pour en faire un espace plus grand, entièrement dédié à l’événementiel. Ce qui permettra en parallèle d’étendre les bureaux et l’offre de coworking dans le lieu originel.

Ce nouvel espace séminaires est amené à s’étendre progressivement sur 900 m², au fur et à mesure de la progression des travaux réalisés en interne, presque en famille. Une première salle de 200 m² a déjà accueilli un événement à la fin mai. Un autre de même taille et un rooftop de 150 m² devraient s’y ajouter à terme. Mais le lieu réserve aussi quelques surprises avec, accessible par une trappe secrète, une cave pouvant rassembler une douzaine de personnes pour des dégustations intimistes. A noter que l’Atelier Cail dispose aussi d’un appartement de 100 m² dans Saint-Etienne, privatisable pour des dîners privés ou des comités de direction.

83A rue des Alliés. Internet : www.lateliercail.fr. E-mail : lateliercail@gmail.com. Tél. : 06 02 04 13 76