Saint-Etienne : essentiellement business

Déplacements professionnels, séminaires, congrès : la clientèle d'affaires est largement majoritaire à Saint-Etienne. Avec des lieux correspondant à ses attentes.
L'agrandissement du parc des expositions permet de nouvelles ambitions. (c) Saint-Etienne Tourisme & Congrès
L'agrandissement du parc des expositions permet de nouvelles ambitions. (c) Saint-Etienne Tourisme & Congrès

Bien sûr, il n’y a pas la mer comme à Antibes. Ou les vignobles de champagne et les maisons à pans de bois comme à Troyes. Mais un passé industriel reconverti, un élan contemporain, une chaleur particulière. D’ailleurs Saint-Etienne s’inscrit souvent en compagnie ces deux villes sur le parcours des congrès tournant en France. Alors que les métropoles françaises sont de plus en plus nombreuses à se positionner sur le marché des congrès et grands événements professionnels, la métropole joue sur ses atouts. À commencer par une grande accessibilité en TGV depuis Paris ou des infrastructures taillées pour accueillir jusqu’à 800 personnes. Voire plus, maintenant que le parc des expositions a démontré sa capacité à recevoir des manifestations de près de 2000 participants en salle plénière.

Reconstruction du Hall A, rénovation du Hall B : le parc des expositions, rouvert en 2020, offre plus de 16 000 m² de surface couverte et va permettre à la ville de se positionner sur des dossiers de plus grande envergure, une des ambitions de Saint-Etienne Events. Le lieu fait en effet partie des cinq grands espaces événementiels de la ville aux mains de cette société détenue à 65 % par GL Events et à 35 % par Loire Action, l’association qui gérait le parc des expositions jusqu’à la fin de la dernière décennie.

Quant aux autres – à l’exception de Métrotech, mini centre des congrès niché dans la verdure au cœur d’un parc d’activités, à Saint-Jean Bonnefonds -, ils incarnent tous à leur manière l’histoire de la ville. Le centre de congrès, doté d’un amphithéâtre de 800 sièges et de 15 salles d’ateliers de 15 à 200 place, a pris place dans l’ancien siège de Manufrance. Tout à côté, la Verrière, un de ses anciens bâtiments administratifs, a été transformé en 2020 en lieu réceptif haut de gamme. « Un très bel écrin, de 800 m² plus 200 m² en mezzanine, qui offre un terrain de jeu infini. Que ce soit des soirées de gala en rebond des congrès, des remises de trophée, des conférences ou des séminaires, mais aussi du team building, pourquoi pas de petits salons d’une quarantaine de stands », décrit Mickael Henriot, directeur général de Saint-Étienne Events.

La Verrière, lors d'une soirée de gala. (c) Saint-Etienne Events - GL Events / Ville de Saint-Etienne
La Verrière, lors d’une soirée de gala. (c) Saint-Etienne Events – GL Events / Ville de Saint-Etienne

Le dernier de ces points de rencontres, doté d’un auditorium de près de 300 places et ses trois salles de réunion, fait le lien entre le passé et le futur. Situé dans la Cité du design, ce bâtiment contemporain intégrée dans le bâtiment la Platine participe à la métamorphose d’un autre lieu phare de la puissance industrielle stéphanoise : la Manufacture d’armes. Ce site historique accueille déjà dans ses anciens bâtiments industriels des entreprises innovantes ou les étudiants de campus de l’École supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne. Mais son évolution, amorcée en 2009, prévoit l’apparition de nouveaux lieux attractifs à destination du grand public comme de la clientèle affaires.

Nouveaux horizons

Dans le cadre du projet « Cité du design 2025 », un musée – la Galerie nationale du design – et un espace de rencontres – la Grande Halle Evénementielle – s’ajouteront l’an prochain. En attendant un hôtel de 80 chambres en 2028. « Aujourd’hui, c’est un quartier qui vit essentiellement au travers des étudiants et des entreprises. L’idée est d’en faire un vrai lieu de vie. Le fait d’avoir avec un nouveau musée comme ce lieu où accueillir de grosses manifestations, ça va être génial pour le tourisme d’affaires », prévoit Fleurine Buriane, responsable du Convention Bureau de la ville.

Pour le tourisme tout court d’ailleurs, puisque les voyageurs d’affaires constituent une part ultra majoritaire dans la fréquentation de la ville. « Dans les hôtels, la clientèle affaires représente 80% de l’activité, le reste était essentiellement lié aux matchs de football et aux nombreux événements culturels organisés dans la ville », explique Sébastien Courbon, président du Club Hôtelier Stéphanois et par ailleurs directeur des hôtels Novotel et ibis situés juste en face de la gare TGV de Chateaucreux.

Exposition au centre de congrès (c) Saint-Etienne Events – GL Events / Ville de Saint-Etienne

Même si une des grandes entreprises stéphanoises, Casino, bat de l’aile en ce moment, l’hôtellerie de la ville peut compter sur le tissu économique local avec des réussites dans le textile médical comme Thuasne et Sigvaris, ou dans la robotique industrielle avec Siléane, pour tirer vers le haut l’activité, voyageurs de passage et séminaires compris. « Le taux d’occupation des hôtels tourne autour des 65% à l’année, dénombre Sébastien Courbon. Si je prends les chiffres de ce début d’année, nous avons plus de volume qu’à la même période en 2024 ».

Le club hôtelier stéphanois compte 27 établissements parmi ses membres, représentant à eux tous 90% de la capacité de la ville, allant de la résidence hôtelière aux deux et trois étoiles, jusqu’aux quatre étoiles comme le Novotel Saint-Etienne Châteaucreux ou, plus loin du centre-ville, les Best Western Portes du Forez à Andrézieux Bouthéon ou La Charpinière à Saint-Galmier, deux établissements proposant une belle offre de séminaires. « On a la chance à Saint-Etienne que tout soit à proximité, remarque le président du Club Hôtelier Stéphanois. Je prends l’exemple de Lyon pour y avoir travaillé : un congressiste qui loge dans le quartier de Confluence mettra sans doute plus de temps pour y rentrer depuis la Cité Internationale que pour aller du parc des expositions à Saint-Galmier. »

Terrasse du Novotel Saint-Étienne Centre Gare Châteaucreux (c) Pavlos Efthimiou Photography
Terrasse du Novotel Saint-Étienne Centre Gare Châteaucreux (c) Pavlos Efthimiou Photography

Reste une question : en rajoutant les établissements qui ne font pas partie du club hôtelier, notamment un autre quatre étoiles, l’Hôtel du Golf, la métropole et ses environs totalisent 44 hôtels pour 2100 chambres, auxquelles s’ajoutent 6 200 lits réservables pour de location de courte durée de type Airbnb. Contre, par exemple, presque le double d’hôtels à Clermont Ferrand. Si la taille du parc est sans doute suffisante pour recevoir les professionnels de passage et les séminaires, n’est-ce pas un frein pour l’accueil de manifestations plus importantes comme l’ambitionne Saint-Etienne Events ? « Sans doute pour les gros gros événements, admet Sébastien Courbon. Avoir des établissements en plus nous permettrait de toucher des congrès de taille encore plus importante ».

À côté d’établissements business business, l’hôtellerie lifestyle pourrait-elle aussi avoir toute sa place un jour dans le paysage ? Une chose est sûre, elle serait en ligne avec l’orientation de la ville vers le design et l’art contemporain, vers le street art aussi, avec l’ouverture ces dernier séjours du MAUSA à Saint-Chamond. Des candidats ?