SAS Scandinavian Airlines se place sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites

Une grève des pilotes de la compagnie SAS Scandinavian Airlines, débutée le 5 juillet, se traduit par plus de 60 % de vols annulés quotidiennement. Elle a précipité la décision du transporteur de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.
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Un A321LR de SAS Scandinavian Airlines (Photo : DR)

Cela fait longtemps que le malaise est perceptible sur le transporteur SAS Scandinavian Airlines. La compagnie, dont les actionnaires sont les Etats du Danemark, Norvège et Suède se trouve en mauvaise posture financière depuis plus d’une décennie. Sa situation a été fragilisée par la crise du Covid, notamment avec la chute du trafic sur l’Asie. Et aussi, l’impact de la fermeture de l’espace aérien russe à ses avions.

Une compagnie majeure depuis plus de 75 ans, SAS Scandinavian Airlines a du mal à trouver aujourd’hui son positionnement dans un ciel européen extrêmement concurrentiel. La compagnie a ainsi lancé un plan de réhabilitation, SAS Forward. Ce plan vise à réduire les coûts d’exploitation de la compagnie de 7,5 milliards de couronnes suédoises par an (soit 695 millions d’euros), d’intégrer de nouveaux appareils et d’ajuster le réseau – notamment avec une plus grande part de destinations loisirs.

La grève des pilotes qui, doit durer du 5 au 10 juillet, fragilise un peu plus SAS sur le plan économique. Plus de 60% des vols étaient annulés ce mardi 5 juillet et les négociations sont dans l’impasse. SAS regrette le mouvement ajoutant que la grève « a un impact négatif sur les liquidités et la situation financière de la société et, si elle se prolonge, cet impact pourrait devenir important. »

Une mise effective sous le chapitre 11

Dans ce contexte, SAS Scandinavian Airlines a donc annoncé le 5 juillet se placer sous le chapitre 11 de la loi américaine sur la protection des faillites. Le chapitre 11 va permettre à la compagnie d’accélérer et simplifier les étapes de son plan global de transformation de l’entreprise SAS Forward.

Grâce à cette procédure, SAS vise à conclure des accords avec les principales parties prenantes, à restructurer les obligations de la société en matière de dette, à reconfigurer sa flotte d’avions et à émerger avec une injection de capital importante. SAS prévoit d’obtenir sa sortie du chapitre 11 par le tribunal aux États-Unis d’ici 9 à 12 mois.

Aucun changement pour le passager

Le transporteur précise que ses opérations et son programme de vols ne sont pas affectés par le dépôt du chapitre 11. SAS continuera à servir ses clients comme d’habitude. L’ensemble des services fonctionne donc -nonobstant l’actuelle grève. Les obligations financières telles que les remboursements de billets à la clientèle ne sont pas concernées.

« Le processus que nous avons entamé permettra à SAS de poursuivre son héritage de plus de 75 ans d’intégration aux infrastructures et aux sociétés scandinaves. Nous sommes convaincus que les mesures que nous prenons renforceront la capacité de SAS à saisir les opportunités importantes qui se présenteront à l’avenir », a déclaré Carsten Dilling, président du conseil d’administration de SAS.

De son côté, Anko van der Werff, PDG de SAS, a indiqué que sous chapitre 11, « SAS allait continuer à rétablir la connectivité du réseau, les produits et le service que nos clients attendent. Nous continuerons à le faire tout au long de ce processus et au-delà. Je suis convaincu que ce processus nous permettra de devenir une compagnie aérienne encore meilleure pour nos clients et un partenaire commercial plus fort ».

Et de préciser encore vouloir « exhorter les syndicats de pilotes de SAS à mettre fin à leur grève et à s’engager de manière constructive dans le cadre de ce processus. »