Interview : Miguel Frasquilho, Chairman de TAP Portugal

TAP Portugal développe son réseau intercontinental, comme l'explique Miguel Frasquilho, Chairman de la compagnie aérienne. Le transporteur portugais mise notamment sur l’Afrique et les Amériques.

Miguel Frasquilho, Chairman de TAP Portugal

Combien d’avions TAP Portugal va-t-elle recevoir dans les prochains mois ?

Miguel Frasquilho – Nous allons recevoir notre premier Airbus A330-neo en septembre prochain. Il fait partie d’une commande de 21 appareils, qui viendront en partie remplacer les appareils de notre flotte long-courrier. On pourrait se demander pourquoi avoir choisi l’A330-neo, plutôt que le tout nouvel Airbus A350. Nous avions au départ l’idée de l’acquérir pour effectivement développer notamment des lignes sur l’Asie, au potentiel idéal pour l’A350. Entre temps, la compagnie a été privatisée et la stratégie a changé. Nous pensons que nous devons nous renforcer sur nos marchés porteurs et l’A330-900 neo est mieux adapté.

Sur quels marchés l’Airbus A330-900 Neo sera-t-il mis effectivement en service ?

M. F. – Essentiellement sur nos lignes Amériques. Non seulement sur nos lignes déjà existantes mais aussi sur des liaisons que nous ne desservons pas jusqu’à présent, faute d’un appareil efficace pour ses coûts. Par exemple, nous allons en priorité ouvrir la côte ouest des Etats-Unis, San Francisco ou Los Angeles et l’A330-900 sera particulièrement efficace sur ce type de ligne très longue. Nous songeons aussi à inaugurer de nouvelles lignes en Amérique du Sud. Buenos Aires est de fait une priorité dans cette partie du monde mais nous songeons également aux dessertes de Mexico et de Bogota. Le nouvel appareil sera également idéal pour nos lignes sur le Brésil, le Mozambique et les Etats-Unis/Canada.

Quels sont les principaux marchés nationaux pour TAP Portugal ?

M. F. – Le Brésil, le Portugal, les Etats-Unis et la France. Sur le Brésil, nous servons près d’une douzaine de villes, faisant de notre compagnie la spécialiste depuis l’Europe. Nous voyons aussi d’énormes potentiels vers les Etats-Unis. Non seulement, nous mettrons en service les nouveaux Airbus A330 mais aussi les Airbus A321Neo, des appareils de petite capacité long courrier, parfait pour des fréquences supplémentaires sur New York depuis Lisbonne ou même depuis Porto.

La saturation de Lisbonne n’est-elle pas un handicap dans votre stratégie d’expansion ?

M. F. – Je dois avouer que nous sommes à la peine car notre principal hub de Lisbonne est totalement saturé. Il y a certes quelques palliatifs. On travaille avec les autorités aéroportuaires pour réduire les intervalles entre décollage et atterrissage, ce qui pourrait permettre d’accueillir 42 mouvements d’avion par heure au lieu de 36. Nous développons aussi nos aéroports en province, notamment Porto et Punta Delgada aux Açores. Porto bénéficie déjà de vols directs vers New York et le Brésil. Mais nous attendons avec impatience l’ouverture d’un nouvel aéroport à Lisbonne à l’horizon 2021. En attendant nous gérons la pénurie !