Les taxis volants, déjà grands gagnants des JO de Paris

C'est désormais quasiment certain : le taxi volant VoloCity survolera Paris lors des JO 2024, en partenariat avec le groupe ADP. Les routes empruntées ont été dévoilées, tandis que cinq véliports vont être mis en place, notamment à Paris CDG et au Bourget, de même qu'un autre dans Paris intra muros.
VoloCity, le taxi volant de Volocopter, prendra son envol des JO de Paris 2024.
VoloCity, le taxi volant de Volocopter, prendra son envol des JO de Paris 2024.

C’était attendu, c’est maintenant confirmé : des taxis volants VoloCity sillonneront le ciel francilien à l’occasion des Jeux Olympiques de 2024. Un lancement commercial auprès du grand public qui sera, aussi, une première au monde. Volocopter, le groupe allemand derrière le projet VoloCity, l’a annoncé lors du Salon du Bourget en compagnie de ses partenaires, le Groupe ADP, la Région Ile-de-France, mais aussi la Direction Générale de l’Aviation Civile qui a donc donné son aval pour la mise en service de cet l’aéronef électriques à décollage et atterrissage vertical, autrement appelé eVTOL.

« Tous les voyants sont au vert pour que nous soyons au rendez-vous de l’été 2024, a déclaré Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP. Les challenges à relever sont grands, mais ils sont source de fierté pour l’ensemble des acteurs du projet« . De son côté, Dirk Hoke, PDG de Volocopter, a dit compter « les jours qui nous séparent de la concrétisation des taxis aériens électriques« , alors que le constructeur allemand est la seule entreprise d’eVTOL proche d’obtenir la certification de l’Agence européenne de la sécurité aérienne, attendue pour l’an prochain.

Si le grand public devra encore à attendre pour acquérir un billet pour les vols prévus à l’été 2024, les abonnés au fil d’information de Volocopter auront la primeur de l’annonce du lancement de la réservation, dont la date sera dévoilée au cours du second semestre 2023. Que les premiers occupants – un passager par aéronef, en plus du pilote – se rassurent, depuis plus d’un an le VoloCity est testé sur un site pilote, le vertiport de Pontoise, où le groupe ADP et ses partenaires explorent les conditions de l’avènement de cette nouvelle génération d’appareils. Avec, au total, plus d’une vingtaine de vols réalisés à date pour près de 200 km parcourus.

Quelles seront les lignes proposées à l’occasion des JO ? A l’été 2024, plusieurs aéronefs emprunteront trois routes qui seront autant de tests avant un déploiement plus large des taxis volants dans les prochaines années. Tout d’abord une ligne entre les aéroports de Paris-CDG et du Bourget, qui éprouvera l’intégration des eVTOLs dans le ciel de l’aéroport le plus fréquenté d’Europe, mais aussi une route entre un vertiport implanté au quai d’Austerlitz et l’héliport de Paris, testant là l’intégration de ces appareils dans une zone urbaine dense. Enfin, le VoloCity effectuera aussi des liaisons entre l’héliport de Paris et l’aérodrome de Saint-Cyr-l’École, près de Versailles, destinées, elles, à valider le potentiel des eVTOLS pour des missions de services médicaux d’urgence – l’AP-HP – comme leur usage à des fins touristiques.

Côté tourisme, des boucles aller-retour seront aussi proposées au départ de l’héliport de Paris et de l’aéroport Paris-Le Bourget. En attendant, ces cinq véliports commenceront à la fin de l’été 2023 à se préparer à recevoir du public, chacun intégrant un terminal passagers et, selon sa configuration, de une à trois zones de décollage et d’atterrissage.

Le test grandeur nature lors des JO de Paris, qui permettra aux opérateurs de mieux connaître le marché et aux voyageurs de se faire à ce nouveau mode de transport, n’est sans doute qu’un point de bascule avant un déploiement plus large de ces nouvelles mobilités aériennes électriques. Le groupe ADP s’attend à voir ces appareils « progressivement couvrir l’ensemble de la région parisienne au cours de la prochaine décennie« .

Mais, si les taxis volants n’ont jamais été aussi près de voler, les avions se préparent aussi à voler à l’électrique ou à l’hydrogène. Autant de solutions qui pourraient un jour asseoir la transition environnementale du secteur en permettant des vols décarbonés sur les lignes court-courriers régionales. Dans ce cadre, le Groupe ADP s’est allié à six leaders de l’aviation régionale décarbonée pour accélérer l’arrivée, dès avant 2030, d’aéronefs de 2 à 100 places de nouvelle génération sur ses aéroports parisiens.

Pipistrel avec son modèle Velis Electro côté 100% électrique, Beyond Aer, Universal Hydrogen et ZeroAvia tous les trois impliqués des avions à moteur à hydrogène, Daher et VoltAero pour ce qui est de la propulsion hybride, mêlant l’électrique aux carburants durables : tous ces acteurs sont partenaires du gestionnaire des aéroports parisiens. Avec pour objectif d’explorer ensemble la mise en place de conditions adéquates pour intégrer ces appareils dans l’écosystème aéroportuaire, que ce soit à travers la mise à disposition du biocarburant, le déploiement d’un réseau de bornes électriques ou la fourniture d’hydrogène, le tout complété de tests en vol.

« Dans cette alliance, unique au monde, de l’aviation régionale décarbonée en Ile-de-France, le Groupe ADP souhaite jouer tout son rôle d’accélérateur et d’intégrateur de nouveaux appareils sur ses aéroports et pour l’ensemble du secteur« , a présenté Augustin de Romanet, PDG du Groupe ADP. Comme le constate Val Miftakhov, PDG de ZeroAvia, « lorsque le gestionnaire de l’un des plus grands aéroports du monde commence à planifier des vols bas-carbone en utilisant l’hydrogène, c’est un signal clair que le changement est en train de se produire« …