Toronto veut devenir un méga hub

L'aéroport de Toronto nourrit de grandes ambitions, et espère accueillir 80 millions de passagers à l’horizon 2035. La plate-forme pourrait profiter du nouveau protectionnisme américain, à condition de fluidifier le parcours des voyageurs.
Toronto Airport
Toronto s'est déjà affirmé comme le plus gros aéroport international d’Amérique du Nord derrière New York JFK

La croissance de l’aéroport de Toronto International Pearson devrait être confortée à la fois par une stratégie dynamique de ciel ouvert et par une politique d’accueil des étrangers au Canada. Première plate-forme du pays avec un trafic de 44,3 millions de passagers annuels, Toronto International Pearson s’imagine aujourd’hui en “méga hub”, l’équivalent d’un Dubaï pour cette partie du monde. Avec pour objectif, l’accueil à l’horizon 2035 de 80 millions de passagers, l’équivalent de l’aéroport de Chicago O’Hare aujourd’hui. Un récent rapport de l’autorité aéroportuaire du Grand Toronto estime que la plate-forme est la mieux placée pour capitaliser sur l’ouverture du ciel entre le Canada et les États-Unis, mais aussi avec l’Europe et une grande partie de l’Asie. D’autant que Toronto est déjà le plus gros aéroport international d’Amérique du Nord, derrière New York JFK avec 60% des passagers voyageant sur des lignes intercontinentales.

Toronto apparaîtrait alors comme LA porte d’entrée vers l’Amérique du Nord

Cependant, le rapport fait état de nombreux obstacles à l’obtention de ce nouveau statut, en particulier l’accès à l’aéroport, sur lequel les autorités travaillent avec l’amélioration des transports publics et des autoroutes, souvent saturées, reliant la plate-forme à toute la région. Un projet de hub multi-modal est ainsi à l’étude. Autre chantier considéré comme urgent, l’amélioration des parcours au sein des aérogares. Actuellement, la moitié des passagers doivent s’attendre à passer les postes de contrôle de sécurité en plus de 20 minutes alors que 95 % des passagers de Hong Kong ou Londres Heathrow effectuent ces formalités en juste cinq minutes.

Le projet est d’autant plus intéressant que Toronto pourrait bénéficier indirectement de la politique du voisin américain, tenté par le protectionnisme et le verrouillage de ses frontières. Toronto apparaîtrait alors comme LA porte d’entrée vers l’Amérique du Nord.