
La société Heart Aerospace est basée à Göteborg en Suède, l’un des centres européens des industries liées à l’environnement. L’entreprise née en 2019 est une émanation d’un programme de recherche sur de nouvelles solutions de transport durable, financé par le gouvernement suédois via son agence de l’innovation. Heart Aerospace est de fait l’un des membres fondateurs du réseau nordique pour l’aviation électrique. Ce réseau comprend entre autres des compagnies aériennes et des exploitants d’aéroports dans les pays nordiques.
En 2020, Heart a reçu une subvention de 2,5 millions d’euros du Conseil européen de l’investissement dans le cadre du Green Deal européen. Depuis, de nombreux investisseurs privés soutiennent le développement de Heart Aerospace. On trouve notamment deux géants américains du transport aérien, Mesa Air Group Inc et United Airlines Ventures.
Heart Aerospace travaille à transférer dans la réalité l’idée d’un transport aérien électrique, plus écologique que les avions actuellement sur le marché. Un avion qui aiderait à relever les principaux défis de l’industrie aéronautique en matière de développement durable. L’entreprise travaille donc sur un avion, l’ES-30. Un avion régional d’une capacité standard de 30 passagers, propulsé par des moteurs électriques alimentés par une batterie.
L’ES-30 aura un rayon d’action entièrement électrique de 200 kilomètres. Sur un modèle hybride -qui utilisera à la fois une propulsion électrique et carburant, le rayon d’action sera de 400 kilomètres avec 30 passagers. Il pourra également voler jusqu’à 800 kilomètres avec 25 passagers. Avec la perspective qu’en 2040, un avion tout électrique pourrait parcourir une distance de 400 km.
Des performances compatibles avec des objectifs écologiques
Le ES-30 offre aussi l’avantage d’atterrir sur des pistes courtes, d’une longueur minimum de 1 100 mètres. Et d’avoir un temps de rotation au sol de seulement 30 minutes en raison de sa petite taille.
Côté environnement, l’appareil émettra zéro émissions de CO2 dans les aéroports et sur les trajets jusqu’à 200 km, une distance qui grandira avec des batteries à l’autonomie plus grande. Sur les trajets à propulsion hybride, les émissions par siège seront inférieures de plus de 50 % par rapport aux turbopropulseurs de 50 places.
Quant aux riverains des aéroports, Heart Aerospace indique que les moteurs électriques génèrent un bruit moindre au décollage comme à l’atterrissage.
Redonner une alternative aérienne aux villes « secondaires »
Cet avion serait donc idéal pour des courts trajets, notamment sur des lignes au départ de villes dites secondaires. Et de les reconnecter à un réseau national et international via les hubs de grande compagnie. On pense par exemple en France à des radiales depuis Deauville, Limoges ou Tours vers Paris-CDG ou Orly. Ou encore à des vols transversaux sur Nice-Marseille, Bordeaux-Toulouse ou internationaux comme Strasbourg-Zurich.

dont Paris-Orly (DR)
De nouvelles perspectives s’ouvrent pour offrir un réseau aérien qui satisferait à la fois les cercles économiques en régions, les voyageurs et les défenseurs de l’environnement. Un tel appareil serait donc idéal pour relancer l’activité aérienne d’aéroports français en souffrance. Tels que Agen, Caen, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Metz/Nancy ou encore Pau.
L’avion électrique devrait devenir une réalité à partir de 2028. En Amérique du Nord, les compagnies aériennes y croient ferme. Air Canada et United Airlines ont ainsi déjà passé commande de plusieurs dizaines de ES-30.

















